La note prévue hier ayant été reportée pour cause de grande enquête sur un sujet connexe, revenons à notre propos - même si l'introduction en est, du coup, un brin caduque - ou du moins contradictoire avec la précédente notule.
Nous devions, après quelques années d'attention, fournir un point d'étape, en quelque sorte, sur le surgissement et le galvaudage d'expressions dans le langage courant, ou du moins journalistique.
Reprenons :
Il semblerait que les stigmates se soient fortement évaporés depuis que le chaste foulard des jeunes filles pudiques ou le sain émoi des jeunes gens excentrés contraints à l'inactivité ne constituent plus le premier sujet d'intérêt.
Il y a quelque temps déjà, CSS avait proposé une succincte introduction à l’œuvre de Mahler – différant de la sorte le plat de résistance si intimidant, les vrais chef-d’œuvre du corpus (entendez les lieder de Madame) –, qui se répartissait en plusieurs entrées :
Afin de pouvoir, parallèlement à ces propos, procurer une petite vision d’ensemble, et comme, à coups d’un enregistrement par semaine, nous n’écoulerons jamais notre camelote, voici donc le plus large panorama libre de droits de la musique de Mahler que nous ayons pu rassembler.
Nous avons fait le choix de ne pas doublonner les enregistrements, afin de proposer une sélection d’enregistrements intéressants, plutôt qu’une avalanche indécidable de témoignages qui incitent plus à la comparaison sans fin qu’à l’écoute des bandes pour elles-mêmes.
Mais, si besoin, nous disposons entre crochets les autres références dont nous disposons, si d’aventure il se trouve des souhaits précis…
Comme ces propos généraux sur un pilier du répertoire n'avaient sans doute pas été fort utile aux fidèles lecteurs de CSS, qu'ils y gagnent à tout le moins quelques perles. Et pour les autres, bonne découverte !
Puisque, devant l'abondance audiovisuelle la semaine passée, égayée par nos petits bricolages autour de Landi ou nos recommandations ramistes, nous avions renoncé à ajouter une couche de domaine public, voici le petit amusement pour la semaine prochaine.
Pour l'instant, on s'efforce d'éviter les doublons, afin de proposer un petit fonds d'oeuvres dans des versions choisies, à un assez haut degré d'exceptionnel.
La notice sur les partitions du domaine public a été doublement mise à jour. D'abord suite à l'annonce de la disparition de l'International Music Scores Library Project, comme précisé en commentaire , puis en l'honneur d'un site longtemps indisponible pour des raisons de droits également, et que nous avions omis de…
Hervé Niquet et Le Concert Spirituel, dont on a mainte fois chanté les louanges sur CSS, pour leur fondu instrumental magnifique, leur continuo invraisemblable (les théorbes en particulier), l'urgence dramatique qui s'exhale de chacune de leurs interventions, la finition intellectuelle et technique du résultat, proposaient deux motets célèbres de Jean-Philippe Rameau, In convertendo et Quam dilecta, avec notamment le tissu doux de Stéphanie Révidat et l'élégance discrète de Mathias Vidal (très mal captés ici, entendus seulement via la réverbération arrière, panne de micro semble-t-il).
La volupté sonore qui séduit à l'opéra nous convainc toujours moins que les raffinements de Christie pour ce répertoire de musique sacrée française qui y perd peut-être en solennité, en ferveur, en incisivité. Mais on aurait tort de bouder son plaisir devant tant de largesses - surtout que les moments tendres sont très touchants.
Ces pièces de Rameau, antérieures à ses opéras, sont interprétées, outre les forces du Concert Spirituel, orchestre et choeurs, par les dessus Stéphanie Révidat et Hanna Bayodi, la haute-contre Mathias Vidal, la taille Marc Mauillon - dont la voix légère, quasiment naturelle, blanchit un peu vite - et la basse-taille Stephan MacLeod.
Si vous ne retrouvez pas un article via le moteur de la colonne de droite à cause d’une affaire d’accent (l'article sur Jérôme Corréas , en particulier, est mal référencé), ou si vous souhaitez mettre la main sur un commentaire (ils ne sont pas traités par la recherche interne à CSS) : => sur un moteur de recherche,…
Nous pensions bien ne jamais parler d'un tel sujet, tellement dans le vent, de surcroît le jour même de sa commémoration organisée, et qui pour tout dire a tendance à nous indifférer - un symbole, ni plus ni moins qu'un autre.
Mais la remarquable émission menée par l'homme qui croyait que la forme symbolique des champignons indiquait leur comestibilité nous a à la fois passionnés et beaucoup amusés.
Astuce en exclusivité, rien de moins, sur CSS : ceux qui n'ont pas eu le loisir de visionner l'opéra en fin de semaine peuvent encore le faire grâce à notre vigilance. [Soit dit en toute modestie.]
Vous le savez, le choix de CSS est d'éviter autant que possible la facilité discographique - on se perd bien rapidement dans des arguties préférentielles qui n'ont pas grand sens, tant elles sont attachées aux attentes de chacun (qui la voix, qui le théâtre, qui la musicalité, qui la chatoyance, etc.). On préfère inciter à la découverte d'oeuvres, à tout prendre, et s'y balader tout à loisir en compagnie des lecteurs de CSS.
Néanmoins, ici, devant l'immensité de la tâche que représente l'abord de ces Gezeichneten - dont le titre français a pour nous tant de charmes -, on biaise un peu. Et pour une raison bien simple : parce que les versions sont piégeuses, beaucoup sont coupées et la critique ne les signale pas. De plus, l'oeuvre est difficile à distribuer et une petite description avant achat peut s'avérer utile.
Toutefois, cette entrée était prévue pour intégrer l'article présentatif de Schreker, et n'a pas le caractère que nous aimons dans les discographies : à savoir la description des caractéristiques et non l'énonciation de jugements. Ici, du fait de leur caractère initialement informel (c'est-à-dire pas prévues pour être publiées de façon autonome), les notices ne sont pas expurgées de sentences parfois laconiques, ce que nous regrettons avec vous. On espère tout de même que le contenu en sera suffisamment informatif pour vous guider, notamment relativement aux coupures.
Et, pour se faire pardonner :
une astuce pour déceler les coupures avant écoute ;
quelques réflexions sur l'économie dramatique de l'oeuvre et sa mise en péril majeure par les coupures ;
une petite écoute comparative illustrative des versions inédites. (Les Lutins ont bien travaillé.)
Concevez-le donc bien comme une annexe discographique à l'article original.
Un petit jeu qui n'apprendra rien aux francophones, mais juste manière de prendre conscience du fastidieux bazar dans lequel nous plonge quotidiennement cette bizarrerie raffinée que représente l'usage du vouvoiement en français - amusons-nous un peu entre deux tranches d'esprit serio. (Prochaine station : le martyre de saint Alexis, profitez-en.)
A partir de minuit et jusqu'à demain minuit, visionnage à la carte de ce long opéra du XVIIe italien, une vision encore archaïque du recitar cantando , dans une lecture scénique reconstituée. Avec notamment Philippe Jaroussky, Alain Buet que nous avions tant aimé en Corésus , ou encore Xavier Sabata et Max Cencic,…
A la demande judicieuse de Vartan, quelques repères numériques dans les éditions du Faust de Goethe (notre série ne se limite pas aux héritiers de Goethe, mais chaque chose vient en son temps).
Nous revenons d’un concert donné par l’ensemble amateur Donna Voce (direction Maryse Ghibaudo) et Stéphane Trébuchet à l’orgue, dans un programme comprenant notamment des œuvres vocales de Ropartz [ 1 ] , Kodály [ 2 ] et Mendelssohn, avec un bon niveau (justesse imparfaite et voix pas tout à fait « achevées », mais à…
Via Bra , CSS découvre que les épreuves sont consultables intégralement (moyennant inscription avec adresse de courriel valide) sur le site Micmacmusic . Les œuvres jouées semblent appétissantes, mais chez les lutins, le son plante après la première minute, hélas. Si vous pouvez en profiter, régalez-vous donc, ce sera…
Vu l'étendue du sujet, on se dispense de commencer par le début, quitte à synthétiser l'ensemble dans une note à cet effet.
Nous débutons par une variation relativement légère, sur un élément pittoresque plus que dramatique - nous rencontrerons abondamment les deux. Il nous permettra de fréquenter, outre Berlioz et Gounod, des compositeurs peu connus pour leur dimension faustéenne [1] comme Beethoven et Wagner, voire peu connus tout court, comme Anton Radziwiłł.
Soyez les bienvenus.
Notes
[1] On emploie en principe et assez logiquement faustien, mais c'est tellement vilain, vous en conviendrez - et nous avions tant besoin d'un petit adjectif utile... sans doute l'attraction avec l'adjectif prométhéen, légitime, lui, nous le dicte-t-elle...
Les plus anciens lecteurs de CSS se souviennent sans doute de nos pitreries autour de l' Expiation , en écho à Faust. Il y avait eu aussi une évocation du rare cycle des _Faust-Lieder_ de Schubert . Nous souhaitions à présent procéder à une balade à travers les différents épisodes du mythe et ses mises en musique ;…
Tiré du concert du 29 novembre 1953 avec la NBC, voici un témoignage du meilleur Toscanini, toujours avec cette sècheresse, mais terriblement claquante, qui électrise totalement Berlioz.
C'est la sélection du domaine public de cette semaine sur CSS.
Il semblerait que quelques années de pratiques atonales diverses l'avaient un peu rouillé pour la composition tonale... Si vous avez d'autres hypothèses, on est preneur. Merci à Rue89 pour le tuyau . Dans le même genre , mais plus réussi et vraiment drôle...
Atenaide
Dramma per musica in tre atti
Livret d'Apostolo Zeno
Création : Teatro della Pergola, Florence (1728)
Edition critique de l'Institut Italien (Alessandro Borin)
Orchestre : Modo Antiquo
Chef : Federico Maria SARDELLI
*
Une présentation de nouveauté discographique, comme ce n'est à peu près jamais le cas sur CSS, due à la vigilance de Sylvie Eusèbe, à qui les lutins cèdent immédiatement la parole :
Petit éclat de rire ce soir à l'écoute de l'émission Du grain à moudre , où Brice Couturier, en charge de la présentation, énonçait : Le premier estime, avec Illitch, qu’au-delà [ 1 ] d’un certain tipping point, seuil critique, les institutions, les technologies, créées pour soulager la peine des hommes et leur prêter…
Pour les râleurs (il s'en trouve toujours beaucoup dans ces cas-là), il est théoriquement possible d'obtenir copie PDF des livrets sur demande au site d'EMI. Or la version Klemperer éditée par EMI contient une version française du livret.
Nous avions oublié (ou est-il apparu tardivement ?) de citer un récital de premier intérêt.
Nous semblons également avoir omis Béatrice Uria-Monzon, le 21 octobre, mais la nature de cette voix et de cette diction nous font, d’expérience, recommander l’abstinence aux indécis. Œuvres peu originales, et beaucoup de transcriptions d’opéra au piano sont à craindre si elle renouvelle le format que nous connaissions.
Sandrine Piau propose le 24 mai prochain un programme thématique titré Evocation : « Mystère de femme, rêve de femme, fleur de femme » , aux résonances un peu naïves, mais pour un choix de pièces à la fois peu fréquentes et fascinantes.
Il y a quelque temps, CSS a mené une joute fort sympathique sur ce sujet, et en profite pour proposer un petit résumé par ici, puisqu'il s'agit d'un petit exercice sur le rapport texte/musique. Nous soutenions que le travail prosodique de Strauss n'était absolument pas fin sur ces quatre derniers lieder, contrairement à ce qui nous était assuré.
Le terrain, malgré notre suggestion de Beim Schlafengehen, sur lequel nous avions déjà fourbi nos armes autrefois, fut déloyalement choisi sur Frühling.
Objet de la démonstration, notre énoncé qui faisait débat :
En réalité, Strauss demeure assez loin du texte, n'en traite que globalement les atmosphères (et les transfigure).
Voici les vivres de la semaine, le légendaire enregistrement de Werther par Georges Thill et Ninon Vallin. Sous la direction d'Elie Cohen, à la Tête de l'Orchestre du Théâtre Nation de l'Opéra-Comique (choeurs d'enfants de la Cantoria), enregistré en mars 1931. (Le son en est tout à fait bon.)
On y entendra des réflexes interprétatifs qui diffèrent des standards actuels, et toujours cet étrange décalage entre la diction parfaite et une certaine réserve interprétative (on ne considérait pas l'opéra sous l'angle intellectuel qui prévaut aujourd'hui). [1]
Une version en tout état de cause assez fascinante.
Tandis que nous préparons activement d'autres festivités, voici de quoi s'amuser auditivement pour cette semaine.
Trois disques réaslisés pour le label RCA Victor, à la fin de la carrière de Rosa Ponselle, dont les Bellini et Verdi nous sont sans doute les mieux connus. On peut penser notamment à sa Leonora de la Forza del destino, d'une intensité émotionnelle sans pareille.
Ici, un récital avec certaines raretés, trois disques enregistrés en 1939 et 1954. On peut citer notamment des mélodies françaises (Fontenailles, Persico, Delibes, Saint-Saëns et même Paladilhe[1]), italiennes (Wolf-Ferrari) et espagnoles (Granados notamment) peu pratiquées, des extraits d'opéras qui ne sont plus donnés (comme la Molinara de Paisiello, sans doute plus connue pour ses variations sur clavier par Beethoven). Du lied (plutôt célèbre, mais avec des exceptions), des songs, des pièces plus populaires... un éventail impressionnant de son art.
Dans un son tout à fait bon.
Notes
[1] Auteur tardif de Grands Opéras à la française qu'on ne joue plus du tout, comme l'imposant Patrie, jamais enregistré, qui a pourtant pour lui des charmes au moins égaux aux meilleurs Halévy, avec une construction d'un rythme plus élevé. Et un peu plus d'humour.
Vous vous souvenez peut-être de l'arrivée en ces lieux d'un visiteur qui avait soumis à un moteur de recherche la requête "Hochzeit DavidLeMarrec", ce qui (bien que vraisemblablement à la recherche d'informations sur le premier opéra inachevé de Richard Wagner) nous avait ému aux larmes. Hélas, nous ne reçûmes par la…
CSS poursuit sa patiente constitution d'une bibliothèque choisie du domaine public. Après vous avoir abreuvés de (splendides) raretés biscornues, un enregistrement tout aussi remarquable, mais fort connu.
Il s'agit de l'un des plus beaux Tristan jamais donnés, un an après la réouverture de Bayreuth.
Il nous fallait aborder cette longue scène essentielle de la « torture » de l’enfant (III, 4), mais nous le ferons de façon plus informelle aujourd'hui, à travers une balade essentiellement musicale (avec les extraits correspondants) et bêtement thématique. Pour un petit émerveillement.
Nous avions déjà proposé un récital de Lotte Lehmann pour l'illustrer (et quelques autres bricoles), suite à l'hésitation sur la liberté des droits de l'enregistrement Schwarzkopf/Furtwängler 1953 (en tout état de cause un peu maniéré, malgré sa belle adéquation stylistique).
Aujourd'hui, CSS vous propose les deux tiers de la très vaste anthologie de la Hugo Wolf Society, enregistrée par des chanteurs devenus légendaires entre 1931 et 1938 (et aujourd'hui toujours au catalogue d'EMI pour un prix modique).
Pour beaucoup d'entre eux, ces interprètes sont restés à la postérité comme des chanteurs wagnériens. Mais l'émission plus franche et nasale de l'époque leur permettait d'assurer également des récitals de lieder - avec certes moins de recherche expressive qu'aujourd'hui, mais avec néanmoins une véritable adéquation vocale.
Il faut rappeler ici que nous avions mis à disposition l'incroyable Erlkönig (ainsi que son très beau Meine Rose) de Frida Leider (entendre ici), Brünnhilde incontournable de son temps. Comme la voix sonne fraîche et proportionnée, presque étroite ! Et quelle diction, quel feu... aux antipodes de ce qu'a produit le répertoire wagnerien depuis le Neues Bayreuth.
Nous commentons bien entendu rapidement les enregistrements (en italique).
Je m'aperçois, en utilisant ma propre contribution, de ce que j'ai commis une confusion en notant une adresse (une des plus riches) : il s'agit bien sûr du site américain Opera Today et non du site de critiques Classics Today . Erreur désormais rectifiée sur les deux supports : la page de CSS ; la page web autonome .…
Voilà quelques jours que nous songions à parler de cette interprète, chérie depuis longtemps par les équipes de CSS.
A la faveur de la réécoute de sa Mélisande, commentée ici même, puis de sa Shéhérazade, sans parler de ses récitals Dvořák/Janáček/Martinů et Ravel/Britten/Chostakovitch/Respighi/Schulhoff/, chez DGG ou en concert, on désirait en dire un peu plus long peut-être.
Mais, quoi qu'il en soit, le prétexte nous est fourni par cette entrevue, filmée pour Virgin avec des moyens rudimentaires, mais très intéressante quant à notre réception des choix interprétatifs de cette artiste :
Nous avions assez longuement décrit l'oeuvre de Wolfgang Rihm ; si vous désirez désormais entendre la pièce originale, France Culture la diffuse dimanche prochain à vingt heures (également écoutable via le Web et en rediffusion). [Cela dit, ces expériences radiophoniques sont souvent décevantes, et masquent…
Petite question incidente : qu'est-ce qui peut empêcher le public du Met d'applaudir pendant la fin d'une oeuvre ?
Ah, bien sûr, vous nous direz certainement les deux dernières minutes du Götterdämmerung[1], où au terme de quinze heures de pérégrinations, l'univers ancien s'effondre pour, peut-être, laisser place au nouveau ; cette récapitulation grandiose mais pas moins sublime où s'entrelacent les leitmotivs qui courent sur plusieurs générations ; principe originel du rhin, walhalla en flammes, rédemption par l'amour s'énoncent simultanément tandis que le bûcher des époux flambe et que l'humanité bégayante contemple, stupide, sans comprendre ce qui se joue.
Et le monumental orchestre qui après avoir tant fanfaronné pendant cinq heures, s'éteint à la wagnérienne, dans la seule survivance de la résonance des bois.
[2] Kubelik le 8 mars 1974, avec Birgit Nilsson dont on reconnaît le legato admirable, la grâce infinie et surtout la diction merveilleuse. Si vous entendez les bois piano, seuls à conclure, vous pouvez vous dispenser d'un test d'audition chez un spécialiste, tout va pour le mieux chez vous. A propos, malgré la lourdeur de ces dernières mesures, l'ensemble de la soirée par Kubelik était incroyablement électrisante, d'une présence physique surprenante.
C'était là notre surprise, mais en vérifiant, la date de cet enregistrement insolite, certes jamais reporté en CD, il s'avère que nous avons affaire à une communication au public (voire à un enregistrement) en 1965.
Pour vous consoler et vous laisser imaginer, un extrait. Du coup, notre commentaire sera un peu pauvre, puisque nous avions essentiellement prévu une introduction à la mise à disposition de l'enregistrement, ce qui n'est pas tout à fait la même chose qu'un compte-rendu un peu complet...
Voix évidemment grasse, très homogène. Mais pas d'exagérations et/ou de placidité comme on aurait pu le craindre. Les tempi, globalement lents, sont parfois déroutants, comme cette marche dans la neige (Gute Nacht) qui se presse (sans doute les Russes savent-ils mieux ce que c'est que d'être ainsi incommodé...), ou cette girouette (Die Wetterfahne) figée.
Chose amusante, la différence dans la conception vocale de l'objet. Là où la tradition vocale est d'habitude faite de registres hétérogènes, dont l'opposition conditionne l'expressivité (en plus des nuances dynamiques), Boris Gmyria (basse) nous propose une voix comme assise sur un tronc unique d'où émergent des notes timbrées identiquement (et avec un ambitus dynamique relativement restreint). C'est particulièrement sensible dans le sillabando[1] de Rückblick, pris très lent, et où la voix reste totalement en place, sans jamais s'approcher d'une émission un peu plus allégée, plus mixte ou plus parlée.
Notes
[1] Autrement dit le débit rapide, "à la syllabe".
Dans l'attente d'une surprise pour les lecteurs de CSS, préparons le terrain. Voici une version intégrale du Winterreise de Schubert. Par Hans Hotter et Michael Raucheisen, enregistrés à la fin de l'année 1943 (septembre ou novembre, selon les sources).
Cette version, tout aussi célèbre que celle de 1955 chez Emi réunissant Hotter et Gerald Moore, est aussi plus intéressante.
Hotter y joue toujours, indéfectiblement, sur la séduction de son timbre, sur son attitude lassée, plus que sur le texte - pour cela, mieux vaut fréquenter Fischer-Dieskau dans son studio de 1962, ou sur le vif à Prades en 1955, également avec Moore. Mais dans cette version que nous proposons ici, la voix est dans ses meilleures années, sans le côté rond, élimé, presque grommelant qui s'installe peu à peu chez lui. Le piano de Raucheisen, moins homogène, dispose de plus de relief que Moore.
Surtout, cette lecture, un peu plus proche du texte, frappe par son ton halluciné. Certes, la diversité n'est guère au rendez-vous, mais cet homme hagard fascine réellement. On s'attache volontiers à ses pas, en tout cas, avec moins de lassitude que devant l'uniformité plus grise de 1955 (ici, la voix est presque irisée de reflets rosés !).
CSS s'est rendu mercredi à l'exposition André Lhote au musée des Beaux-Arts de Bordeaux. Evidemment, il s'agissait par cet événement[1] de promouvoir l'oeuvre d'un enfant du pays, surtout connu pour avoir fréquenté la fine fleur des arts, visuels ou littéraires, du temps ; mais, par bonheur, Lhote vaut mieux que cela. Non pas qu'il ait inventé quoi que ce soit en cette époque (1885-1962) d'innovations radicales ; au contraire, Lhote construit son oeuvre comme un creuset kaléidoscopique, qui réunit ou juxtapose, d'un tableau à l'autre, de nombreux courants, avec une fraîcheur et une maîtrise vraiment délectables.
Comme la construction d'une note complète serait sans doute longue et malcommode, avec l'accumulation de vignettes et de commentaires, on se propose d'égrener plutôt notre visite à coup de notulettes.
On peut répartir la production de Lhote, de 1910 à 1960, en plusieurs courants, schématiquement. Par exemple :
... dans l'interface. Vu la lourdeur qu'il y a à tenir l'index thématique à jour (il est toujours plus intéressant de proposer de nouvelles entrées), tentative d'utiliser la barre de droite (sous les archives) pour proposer des liens vers quelques sujets. A voir. La barre de gauche servant surtout à signaler des…
On reproche souvent à la tragédie lyrique d’être stéréotypée, plutôt creuse musicalement, un répertoire où chaque pièce est la copie conforme de l’autre.
Il me semble que cette impression est souvent due à une méconnaissance du cahier des charges, des lois du genre qui n’obéissent pas à notre logique d’innovation et de personnalité, mais plutôt à la recherche de variations subtiles sur une esthétique commune à tous.
C’est pourquoi j’ai proposé ceci comme introduction à la tragédie lyrique (à partir de la vidéo d' Atys mis en scène par Villégier). C’est là une vulgate sommaire, mais doit être à peu près présente la nature de l’approche qui me semble la plus féconde pour faire aborder la tragédie lyrique aux sceptiques.[1]
Version brève et version longue - il y en a pour tous les goûts.
L'équipe de CSS vient de réécouter la captation de ce Pelléas... et gît à nouveau au sol. Si vous êtes lutin infirmier, appuyez ici pour nous remettre en ordre de marche.