Enregistrements, domaine public - XIII - Gustav MAHLER, Das Lied von der Erde (Thorborg, Öhman, Schuricht, Concergebouw)
Tandis que nous préparons activement d'autres commentaires, voici, pour illustrer les notes suivantes :
=> Mahler, présentation de ''Das Lied von der Erde'' ;
=> Mahler, caractéristiques générales ;
=> Ecriture liederistique de Mahler,
voici donc un enregistrement du domaine public de l'oeuvre.
Le 5 octobre 1939, Carl Schuricht dirigeait le Concertgebouw, avec Kerstin Thorborg (partie d'alto) et Karl-Martin Öhman (partie de ténor)[1]. Voici ce que cela donne. Une affiche favorable aux meilleurs rêves... A décompresser avec un archiveur traitant les *.rar (trouvable gratuitement par les moteurs de recherche). En cas de besoin, poser la question dans les commentaires.
L'oeuvre prend là une dimension plutôt lyrique et dramatique, d'une intensité dévastatrice, plutôt que structurelle et liederistique - le pendant nécessaire de Klemperer, donc. Orchestre tendu comme un arc, abyssal, et idéalement secondé par ses solistes : Öhman rayonne comme un chanteur italien, et Thorborg dispense une intensité quasiment insoutenable dans le dernier lied. Aux antipodes de l'empathie un peu floue de Ferrier, par exemple.
A noter, les célèbres versions Walter (Ferrier/Patzak notamment) sont également dans le domaine public.
Merci à Kia d'avoir porté notre attention sur cet archive légale.
A titre d'information, les Lieder eines Fahrenden Gesellen de Merriman/Concertgebouw/van Beinum ont été enregistrés du 3 au 12 décembre 1956, il n'ont donc été porté à la connaissance du public que l'année suivante, et nous attendrons donc au minimum le premier janvier prochain pour les diffuser. Pour le Chant de la Terre par les mêmes (et Ernst Haefliger), les séances ont eu lieu en suivant, au début de 1957, nous pourrons donc publier le tout ensemble.
Il en va de même pour le cycle de Rosbaud (1957) avec Helmut Melchert et surtout la formidable Brangäne, très beau tissu, intensité du personnage, qu'était Grace Hoffman.
Enfin, nous disposions d'une version anglaise de 1943 avec Jennie Tourel, mais le traducteur étant probablement mort après Mahler, les droits sur l'oeuvre risquent de courir encore. Si après renseignement nous pouvons infirmer, on le fournira avec plaisir.
Notes
[1] On trouve aussi l'orthographe Öhmann.
Écrit par DavidLeMarrec , dans Musique, domaine public
il est à noter que dans cet enregistrement se trouve l'incident fameux créé par une femme du public qui s'est levée en plein milieu du passage calme du dernier mouvement pour crier "Deutschland über alles, Herr Schuricht !" Carl Schuricht remplaçait en fait Willem Mengelberg malade, et l'atmosphere dans la salle, en ces débuts de guerre, devait être électrique.