Gustav MAHLER, une présentation - I - Caractéristiques générales
Notre rédaction a eu l'occasion de préparer une introduction à l'ensemble de l'oeuvre de M. Mahler. Pas sûr que ce soit très utile aux brillants lecteurs assidus de CSS, mais sait-on jamais, des visiteurs égarés.
Pour plus de lisibilité, on classera par genres. Lied, symphonie, oeuvres de jeunesse ou inachevées.
Description, commentaire, suggestions discographiques pour chaque oeuvre.
Pour faire vite, disons que Mahler est caractérisé par :
1) Son sens de la démesure, notamment avec ses surdéveloppements, son aspect monumental, sa maîtrise totale de l'écriture orchestrale, et un pathos déchirant. Le journal intime d'Alma nous apprend que lors de leur rencontre, en 1901, elle admirait uniquement le chef, qui dirigeait Mozart, Wagner, Offenbach, etc. ; et goûtait peu sa musique (partition pas encore créée de la Quatrième Symphonie). De son vivant, c'est bien le chef qui a fait sa gloire ; et la maîtrise de l'écriture orchestrale n'est pas pour peu dans le mérite de sa musique.
2) Son sens de l'ironie, de la musique à programme grinçante ; contrairement à Bruckner, qui peut apparaître comme très semblable aux néophytes, Mahler ne propose pas une forme orthodoxe et abstraite. Son écriture est très narrative, et juxtapose des éléments au caractère très affirmé, à travers des contrastes saisissants.
Souvent, Mahler semble s'amuser de ses propres disproportions. Par exemple l'Enterrement du Chasseur de la Première Symphonie, une marche funèbre grotesque, inspirée d'une gravure bien connue à l'époque. Ou encore ce Ländler titubant de la Neuvième, ce Lied ohne Worte de la Deuxième en guise de scherzo, avec son détournement de grosse caisse.
Mahler, qui plaçait beaucoup de sa propre existence dans ces symphonies, se trouve ainsi toujours à la frontière du pathétique et du grotesque.
Une version plus récente (tchèque) de l' Enterrement du Chasseur (faute de trouver la gravure sur la Toile).
De ces deux caractéristiques fondamentales découle que Mahler est, incontestablement, le mauvais goût fait musique : ruisselant, excessif, goût pour le patchwork, rires stridents. Et avec, à l'occasion, des finals saint-sulpiciens...
Mais tout de même fascinant pour ceux qui l'aiment.
Écrit par DavidLeMarrec , dans Portraits, Poésie, lied & lieder, Les plus beaux décadents, Découverte du lied, Alma Schindler-Mahler
Hum, ce sont également mes sentiments: démesure et grotesque !
Est-ce que cet homme n'avait pas un égo surdimensionné ?
bonne fin de semaine
D.