Bien sûr, on a parfois des positions d'autorité virtuelle effrayantes, comme cette troisième place pour la requête Die Schöne Müllerin . (Mais c'est Sylvie Eusèbe qui en porte la responsabilité, on la laisse se débrouiller en cas de réclamation.) Mais bien plus amusant, ceci . Qui pointe sur ce billet . C'est…
Chacun en a parlé, le festival de Verbier propose les vidéos de ses concerts de la saison. Au cas où vous auriez manqué l'information, des DVDs sont prévus, et l'ensemble des concerts devrait être disponible en ligne jusqu'à fin août. CSS s'est notamment attardé sur les mélodies de compositeurs suédois rares par von…
CSS a donc découvert cette production dont on avait fait tant de bruit. Jadis, nous avions été très séduits par le Rheingold de Baden-Baden (repris au Royal Albert Hall) où Simon Rattle dirigeait l'Orchestre de l'Age des Lumières. Un résultat sonore saisissant, d'une limpidité inouïe, d'où émergeaient l'éloquence lumineuse de Kate Royal (en Woglinde !) et la sobriété profonde de Willard White en Wotan.
Ici, le Philharmonique de Berlin est à l'oeuvre, et nous avons malheureusement manqué, l'an passé, le premier volet qui voyait Mireille Delunsch en Freia.
On évoque bien sûr l'interprétation musicale, mais d'abord les recettes théâtrales de Stéphane Braunschweig, qui ont plus que tout attiré notre attention - et expliqué notre présence devant un téléviseur.
Au programme, présentation de la forme lied (à une exception près), et introduction à l'écoute de quelques oeuvres. Certaines sont bien connues des lecteurs de CSS.
En attendant des choses consistantes, ceci peut toujours nourrir la conversation, puisque CSS a un peu préparé la question sur ces oeuvres (article ou pas).
On débutera par un hors-sujet un peu plus joyeux que le reste du programme :
Nous
passons sur les traductions en allemand de Dvořák et sur les
lieder en
norvégien de Grieg, parfois traduits en allemand eux aussi, sans
quoi
nous y passerions plus que notre jeunesse.
3.12.
Hugo Wolf
3.12.1.
Présentation
Hugo Wolf est, avec Schubert et Schumann, le troisième
principal pilier des récitals de lied. A peu près aussi
fréquent, on trouve aussi Mahler, mais qu'on pratique assez
modérément en versions réduites pour piano et
chant, et qui se trouve donc essentiellement comme complément de
concerts symphoniques dans la répartition traditionnelle
ouverture-concerto(iciavecvoix)-symphonie.
Wolf, qui, si l'on excepte son opéra Der Corregidor et son quatuor
à cordes, a essentiellement écrit du lied, dispose avant
toute chose d'une solide implantation dans le récitals
germaniques.
On a longtemps patienté avant d'aborder ce compositeur, car il
est à notre sens l'un des plus difficiles à
caractériser. A cause de la variété des
traitements musicaux, à cause de son langage musical retors,
à cause de la responsabilité qu'il y a à
présenter une pierre angulaire du genre.
3.12.2.
Caractéristiques
En règle générale, on peut
caractériser le langage de Wolf par une sorte de stylisation, voire d'abstraction.
Le langage musical affiche une fausse simplicité, dans des
nuances de gris toujours un peu attristées, mais avec de
nombreux accidents - ici un rythme légèrement
modifié, là une harmonie qui n'avance pas, ici encore de
discrètes syncopes... Alors que sa constitution semble simple
à l'oreille, l'étude des partitions révèle
un travail très précis sur la musique pure. Ce langage
musical est ainsi doublement retors, parce qu'il affiche cette fausse
simplicité en la reconnaissant comme telle, parfois aux
confins de l'affectation. Un jeu très troublant.
Le traitement de la prosodie participe
lui aussi de ce trouble, puisque Wolf demeure toujours sur le seuil,
à la fois proche de la langue parlée, sans
"musicalisation" du propos prosodique (contrairement à Reger ou,
dans une certaine mesure, à Alma Schindler-Mahler), et dans des
lignes mélodiques qui sont absolument dépourvues
d'évidence, comme recréant un possible de la parole -
mais un possible improbable.
[Oui, très joli génitif hébraïque, pas ostentatoire du tout, merci.]
Sur le très sympathique carnet d'une médiathèque française, où je vais lire de temps à autre, j'ai trouvé aujourd'hui quelques imprécisions parfois récurrentes sur la tragédie en musique.
Je me suis donc attaché à les rectifier gentiment en commentaire, et je me dis, après tout, qu'elles peuvent être utiles, sait-on jamais, à certains visiteurs de passage sur CSS.
Je ne citerai pas à cette occasion le carnet en question, le but n'est surtout pas de lui causer du tort, mais d'essayer de fournir les informations les moins erronées possible. D'autant plus que la synthèse sur le genre était une excellente idée, et bien structurée. Le propos portait essentiellement sur le modèle Lully/Quinault, mais au vu des petites confusions, je me permets de préciser au delà.
A nouveau dans notre série "aide aux jeunes chanteurs désemparés" (mise en action il y a quelque temps pour ce morceau aussi...), voici toujours, à tout hasard, cette traduction d'une ariette de Bellini sur un texte de Métastase.
1. Texte et contexte
Texte franchement fade, dira-t-on, mais destiné à être inclus dans un drame, une des fameuses arie en deux strophes et huit vers.
En réalité, et on ne le souligne sans doute pas assez, comme on l'a vu dans nos précédentes considérations sur les sources des Métastase de Schubert, toujours fécondes à considérer pour le sens de l'ensemble et la démarche du compositeur, il s'agit ici d'un extrait de la tragédie Ipermestra - deux fois mises en musique par Pasquale Cafaro pour le San Carlo Naples, en 1751 et 1761 (chaque fois en décembre, d'ailleurs).
Il s'agit ici, bien sûr, de l'Hypermnestre fille de Danaos, et non celle fille de Thestios. L'aînée des Danaïdes, qui sauve son promis Lyncée, qui avait renoncé à consommer le mariage, du massacre. Déclarée innocente par la Cour convoquée par son père, elle règne finalement sur Argos avec Lyncée lorsque celui-ci a rempli sa vengeance ; mais ce ne sera pas la version retenue par Metastasio, lieto fine oblige.
En tout état de cause, le supplice du Tartare qui fait leur célébrité n'apparaît que dans les versions tardives du mythe.
Parmi les auteurs qui ont traité le sujet (Eschyle dans le Suppliantes, Hygin, Nonnos de Panopolis, Ovide dans les Héroïdes, Strabon...), Métastase se réfère explicitement à la très commode Bibliothèque Apollodore, en la citant dans son bref argument précédant le drame.
Voici ce qu'en dit le deuxième livre de la Bibliothèque (1,5) :
Découverte il y a quelques mois du site de Nicolas Sceaux, largement consacré à la tragédie lyrique et l'opéra seria . On y trouve, réalisées par ses soins, des copies manuelles des partitions intégrales d' Armide et Psyché de Lully, de Giulio Cesare de Haendel...
L'occasion de faire un point sur les sites proposant des partitions gratuites (et sur les meilleurs revendeurs payants). Car on se trouve bien souvent face à des doses homéopathiques de partitions, redondantes, célébrissimes, ou face à des annuaires d'annuaires. Le fruit de plusieurs années de guet sur la Toile...
Il va de soi que toutes les adresses proposées sont respectueuses de la propriété intellectuelle, c'est ce qui fait tout leur intérêt.
... à ceux qui parcourent cette section Musique, domaine public (bis). On a publié dans la section astuces un billet qui reprend les principaux sites de partitions en libre accès.
Ces piécettes italiennes ( canzoni , romanze ...) sont semble-t-il régulièrement données aux jeunes chanteurs. Aussi, puisque la demande en a été faite, CSS a bricolé sur un coin de table une traduction française de ce texte aussi. Vaga luna, che inargenti / Belle lune, qui inargentes [ 1 ] queste rive e questi fiori…
La Toile constitue un formidable vecteur de
diffusion de musique libre de droits - donc largement « classique
» - mais il convient de s'y retrouver. [1]
C'est pourquoi Carnets sur sol
a aujourd'hui choisi de partager son escarcelle, en offrant des liens
sélectionnés (un minimum de fichiers par site) et
classés.
On ne propose bien sûr ici que des sites légaux, soit que
les ayants droit aient souhaité en tolérer la diffusion
(cas des sites personnels ; ou des archives radio qui
rémunèrent les artistes), soit que les enregistrements
(compositeur, auteur, interprètes) soient tombés dans le
domaine public.
La liste peut être amenée à s'élargir,
évidemment.
[1] Si vous saviez
le nombre de requêtes que certains sites musicaux - pas trop CSS
- reçoivent sur : "free music mp3 gratuit musique gratuite gratis
télécharger download"...
... à ceux qui parcourent cette section Musique, domaine public . Une vaste liste classée de sites autour de ce thème a été publiée dans la section astuces .
Ce jour à quinze heures, France Musique[s] diffuse un concert donné dans le cadre de Pro Quartet, avec le quatuor Quiroga, deuxième prix du Concours de Bordeaux et prix de la presse - celui qui nous avait le plus séduit ici.
Etant donné qu'ils ne disposent pas encore d'un site, il s'agit là d'une belle occasion d'entendre leur talent, surtout que le programme est original et ambitieux. [Ce goût de la musique contemporaine (rendue limpide) et des chemins peu balisés n'est pas pour rien dans la sympathie qu'on peut leur porter, en comparaison du 'grand répertoire' certes magnifié par les Atrium, premier prix.]
La nature même du support carnet - un sujet qui nous occupe depuis longtemps, sans que nous l'ayons jamais abordé frontalement - implique, en plus de ses avantages, plusieurs biais. Parmi ceux-ci, l'illusion d'optique sur les sujets abordés, ou encore la fermeture des thématiques (on ne peut échanger que s'il existe…
A présent, CSS vous y propose , outre son ancien tutoriel, une sélection de radios particulièrement intéressantes, avec les liens directs vers le flux musical.
Quatuor éliminé au premier tour du Concours de Bordeaux, mais qui nous avait fort impressionné par ses progrès phénoménaux depuis sa précédente présence en 2003.
On trouve précisément en ligne (et librement) le quatuor Op.12 de Mendelssohn qu'ils ont joué cette année. Couplé avec le quatuor de Verdi.
Vous pourrez ainsi juger de la beauté magnétique du son, à la fois doux et ferme, et du raffinement extrême des phrasés. Une des plus belles choses qu'on ait entendues dans le répertoire du quatuor, et particulièrement impressionnant pour une oeuvre (contrairement à l'opus 80) qui demande toute de même à être servie avec beaucoup de présence pour rendre sa juste mesure. Elégance et émotion semblent versées d'un même trait.
Un nouveau compte-rendu diligemment fourni par Sylvie Eusèbe.
Genève, Cour de l’Hôtel de Ville, jeudi 26 juillet 2007, 20h30.
Récital, Franz Schubert : Die Schöne Müllerin D.795 (La Belle Meunière)
Nathalie Stutzmann : contralto ; Inger Södergren : piano
Une découverte tellurique. CSS ne peut pas vous proposer la prise sur le vif, non publiée, du Met, qui n’est pas libre de droits (années soixante-dix, et le Met est particulièrement jaloux de son patrimoine). Le Trouvère verdien s’y trouve à un degré de feu même pas approché ailleurs. Zubin Mehta, dans ses jeunes années, se jette à corps perdu, avec des tempi vif, dans le drame secondé par des chanteur tous aux sommets de leurs moyens et de leur engagement. Martina Arroyo loin de sa sagesse habituelle, dont tous les moyens sont tendus, électrique ; Shirlet Verrett brûlante et troublante en mère juvénile, envoûtante ; Richard Tucker, toujours prêt à donner de sa personne, malgré un timbre très personnel ; enfin Mario Sereni, immuablement souverain dans le mordant et la noblesse du propos.
Mais nous avons mis la main sur un témoignage encore plus original et au moins aussi palpitant. Car ici, outre un plateau déchaîné (et un rien moins arrogant vocalement, il est vrai), nous disposons d'un orchestre de premier ordre, qui transfigure totalement la partition. De quoi mettre les couleurs inédites de Muti en 2001, particulièrement fascinantes dans D'amor sull'ali rosee, au rang de sympathiques finitions.
Et, comme l'indique le titre, nous aurons quelques gâteries supplémentaires. Voilà qui pourrait convaincre des réfractaires à Verdi, tant tout cela sonne différent.
Car ce Verdi-là est joué avec la subtilité des articulations qu'on placerait dans Dálibor...
Beaucoup plus phonogénique qu'en salle, c'est véritablement à écouter. On retrouve les phrasés un peu systématiques, les acidités nombreuses, les prises de risques parfois mal récompensées, mais aussi le désir de fournir une vision totalement personnelle. Sorti de la comparaison du concours, et bien qu'on n'adhère pas…
C'est par ces raisons que j'ai réduit les vingt-quatre livres de l'Iliade en douze, qui sont même de beaucoup plus courts que ceux d'Homére. On croiroit d' abord que ce ne peut être qu'aux dépens de bien des choses importantes que j'ai fait cette réduction ; mais si l'on considere que les répétitions, à bien compter, emportent plus de la sixiéme partie de l'Iliade, que le détail anatomique des blessures, & les longues harangues des combattans, en emportent encore bien davantage, on jugera bien qu'il m'a été facile d'abréger, sans qu'il en coûtât rien à l'action principale. Je me flatte de l'avoir fait, & je crois même avoir rapproché les parties essentielles de l'action, de maniere qu'elles forment dans mon abrégé, un tout plus régulier et plus sensible que dans Homére.
D'abord l'objet de notre émerveillement, puis le commentaire.
Clementi inspirant la Flûte, l'Ouverture de Bastien et Bastienne si semblable (sans doute par coïncidence) au début de l' Héroïque, la reprise volontaire de l' Orphée de Gluck chez Offenbach ou, de même, de l'Ouverture de Guillaume Tell dans la Quinzième de Chostakovitch (parmi d'autres, notamment l'Annonce de la Mort de Walküre)... De grands classiques, mais qui donnent l'occasion aux auditeurs curieux de procéder aisément à la vérification.
On pourrait aller chercher des choses plus subtiles et moins rebattues, mais une fois encore, le principe de France Vivace nous séduit.
Comme CSS semble demeurer habité par cette immersion quartettistique, poursuivons notre tour des anciens participants mémorables au concours de Bordeaux.
Les Faust avaient reçu, à bon droit, le prix du meilleur Mozart en 2003 - une formation que nous avions trouvé bien plus jubilatoire que les très rugueux vainqueurs (deuxième prix ex-aequo : Ebène et Aviv).
De même que pour leur Mozart remarquablement limpide et élégant, nous avons été séduit à l'extrême par leur Beethoven - dont voici des extraits très significatifs du quatuor en fa majeur opus 59 n°1, le premier des Razoumovsky.
Après un grave problème logistique - la rédaction à l'aveugle étant peu pratique, nous avons préféré attendre un nouvel écran pour reprendre nos travaux -, CSS reprend le cours de ses activités. Nous avons donc quelques bricoles à publier à la date d'hier, tout à fait logiquement.
Ce soir, CSS écoutait avec intérêt le concert retransmis par France Musique[s], consacré à Carl Orff.
Etrange chose, que le Festival de Montpellier, si prodigue en redécouvertes fascinantes, propose un tel tube. Manifestement, l'originalité de la chose résidait dans la présentation scénique - contrairement au concert habituel.
La plupart des mélomanes sérieux semblent abhorrer cette oeuvre ; CSS, qui n'apprécie guère le terme de « mélomane », y voit un peu opportunément l'occasion d'en déduire qu'il n'en est pas.
Car les Carmina Burana présentés ce soir ne sont pas une oeuvre méprisable ; il y a là une véritable personnalité sonore. Bien sûr, l'orchestration est lourde, de mauvais goût, l'harmonie pauvre, les traits vulgaires, mais n'est-ce pas précisément le principe même de cette oeuvre que de se mesurer à l'orgie ?
Et CSS, bien que ne fréquentant guère cette emphase un rien monumentale et naïve (jamais serait plus proche de la réalité), brûlait depuis longtemps de découvrir Orff en véritable compositeur.
Manière de poursuivre dans l'esprit, une pensée pour le Quatuor Carducci, ayant participé à l'épreuve finale de 2005. Probablement la formation qui avait le plus plu à CSS cette année-là, parmi une débauche de beautés, ici encore. Tout particulièrement son Beethoven inventif et poétique, et son Kurtág rêveur et incisif, d'une justesse de ton parfaite.
Ce soir, diffusion du récital Prina/Dantone/Vivaldi. Sonia Prina toujours avec cet aplomb formidable, cette présence véritablement magnétique, avec cette voix enflée qui donne en scène une idée du type de sensations que pouvait fournir une voix comme Callas.[1]
Et une très belle réalisation, avec cette vocalisation effleurée, toujours sur le fil.
Mais nous avions surtout la participation en guest star du d'Olivier Bernager. Qui nous a proposé un complément judicieux :
Notes
[1] On signale tout de suite que cette comparaison porte sur l'hypothèse d'un ordre d'idée de l'impact physique de la voix, et n'est en rien une comparaison du type de voix, des moyens, du volume...
Au terme d'une journée encore une fois au-delà des superlatifs, le choix du jury (tout à fait conforme à la nature de ce qu'on a entendu aujourd'hui) :
CSS a suivi intégralement cette journée et ses six heures et demie de concerts. Le temps manque un peu pour en faire un compte-rendu minimum et achever celui d'hier, mais une présentation minimum est prévue. Journée où se sont pressés des ensembles plus que professionnels, tout à fait du niveau des concerts…
Après avoir trouvé porte close (ce qui s'expliquait par le démontage du décor de Carsen pour les Noces de Mozart), nous nous sommes donc rendus aux épreuves de l'après-midi.
14h30-19h30 (dont deux fois un quart d'heure de pause...)
Dans le cadre de ces premières épreuves marquées par Mendelssohn, comme l'année bénie des Psophos (2001), voici un concert archivé par la radio néerlandaise Avro, et fourni gracieusement sur leurs serveurs.
L'équipe de CSS étant sortie de sa grotte, et ayant rattrapé ses lutins[1], s'est remise au travail, vous l'avez vu.
Nous serons cependant ralentis car nous assisterons tous au Festival International de Quatuor à Cordes de Bordeaux (ex-Evian). Nous produirons peut-être de petites synthèses quotidiennes sur les épreuves.
Un programme Mozart-Schubert-Mendelssohn-Lalo-Bacri, plus des romantiques (1830-1890).
Notes
[1] Pour info, le Père Noël est en vacances jusqu'en septembre.