Longueurs
Ce soir, diffusion du récital Prina/Dantone/Vivaldi. Sonia Prina toujours avec cet aplomb formidable, cette présence véritablement magnétique, avec cette voix enflée qui donne en scène une idée du type de sensations que pouvait fournir une voix comme Callas.[1]
Et une très belle réalisation, avec cette vocalisation effleurée, toujours sur le fil.
Mais nous avions surtout la participation en guest star du d'Olivier Bernager. Qui nous a proposé un complément judicieux :
Notes
[1] On signale tout de suite que cette comparaison porte sur l'hypothèse d'un ordre d'idée de l'impact physique de la voix, et n'est en rien une comparaison du type de voix, des moyens, du volume...
: le premier acte de Tito Manlio du même Vivaldi, dirigé par le même Dantone. Mais, durée oblige, il a fallu ne pas tout conserver. Et le producteur de nous annoncer que ce n'est pas bien grave, car il y a là quelques longueurs.
Pourquoi pas, vu que le temps presse ; un opera seria de ce type, sur la durée, a forcément cet aspect ronronnant, avec cette alternance systématique, ces longues expositions de voix seules, cette harmonie rudimentaire. On avait déjà réfléchi au problème de la méthodologie de l'écoute.
Le problème tient en réalité à la définition des longueurs par Olivier Bernager. Nous, on appelle ça des récitatifs.
Car c'est bien de cela qu'il s'agit : les récitatifs ont purement et simplement été retirés !
Il est vrai que ceux de la Verità in Cimento et, dans une moindre mesure, de Farnace sont d'une assez grande platitude, et d'une grande vacuité musicale. Mais ceux de Tito Manlio sont bien plutôt à rapprocher de Motezuma, sans en atteindre nécessairement les sommets. Vivants, mobiles, efficaces.
A quoi sert-il donc de disposer d'interprètes, d'une prise de son aussi attentifs à l'intelligibilité ?
Vraiment, l'équivalence récitatifs/longueurs nous a fait sourire en même temps qu'elle nous surprenait - on croyait ce poncif disparu, et surtout difficile à soutenir avec un continuo du type Curtis ou Dantone.
Écrit par DavidLeMarrec , dans Vaste monde et gentils, Opéra seria
Quel crétin ce Bernager! Il a le plus formidable disque de l'édition Naïve par les meilleurs interpretes de cette musique qui savent animer un récitatif et il trouve ça long! Alors que dans Tito Manlio ce sont plutot les airs que l'on pourrait trouver long (ce n'est pas mon cas, mais je le conçois) car ils sont souvent concertants et versent parfois dans la litanie extasiée qui ralentit le drame.
Mais tant que Dantone ne jouira pas de la célébrité de Spinosi, je crains que nos amis journalistes ne seront pas prêt à reconnaitre ses qualités d'homme de théatre en même temps que celles de chef.
Pour le cas Curtis, je précise juste en passant que son Motezuma est une (remarquable!!) exception, et ce ne sont pas ses disques de Handel qui me contrediront :-/
NB: je m'aperçois que c'est la première fois que je poste ici, la Sonia a donc aussi la vertu de ne me faire quitter mes indecrottables habitudes contractées lors que je ne connaissais personne sur le net et jouais les timides! :o) Coucou David!