Deux ans après la fameuse Querelle des Giocosi sur la nature bouffe de Don Giovanni, une année après nos circonvolutions non plus sur Ottavio, mais sur les coupures et choix de versions dans Don Giovanni, il reste encore de quoi s'occuper.
Cette musique n'est pas à proprement parler libre de droits, aussi CSS ne la propose pas en téléchargement. Mais la radio lettonne, dans son infinie mansuétude, propose à la réécoute l'ensemble de sa programmation, légalement et gratuitement. Et nous avons sélectionné pour vous le concerto pour violon favori de CSS[1].
Si le Concerto pour piano de Schumann est hardiment rebattu, le Concerto pour violoncelle relativement connu, son Concerto pour violon n'est, étrangement, à peu près jamais joué.
NEW ! Avec un bonus Schubert/Bostridge/Drake !
Notes
[1] Nous parlerons de celui de Pelle Gundmundsen-Holmgreen une autre fois. Et vous connaissez déjà Beethoven.
Fin mai, on assistait à la recréation, sauf erreur, pour la première fois depuis plus de deux siècles, d'un opéra intégral de François Francoeur et François Rebel[1]. Contrairement à Destouches, par exemple, on ne publiait même plus de réductions piano des Francoeur & Rebel au début du vingtième siècle.
Or CSS, vous l'aurez noté, entretient une relation très enthousiaste avec la tragédielyrique. Nous avions annoncé, en juillet de l'an dernier, les festivités de cette année. Le Destouches inconnu était Le Carnaval et la Folie, un divertissement joué l'an prochain à Toulouse et à l'Opéra-Comique.
Cette relation privilégiée s'explique sans doute par le rapport étroit au texte, le soin qui est apporté à son écriture, par ce sens de la danse aussi. Et ce goût de la convention, qui fait pleinement sien le caractère intrinsèquement artificiel du genre opéra - sans sacrifier, contrairement au seria italien, l'urgence dramatique.
fin de l'acte II, épisode sur lequel nous reviendrons
Au programme :
1. Contexte.
2. Livret.
3. Sources.
4. L'oeuvre : style et musique.
5. L'interprétation de Daniel Cuiller à Nantes et Angers 2007.
6. Lire
Notes
[1] Fils de Jean-Féry Rebel, dont on a recréé l' Ulysse en juin.
Ajoutons à l'article précédent , puisque CSS s'est déjà fort indiscrètement mêlé de cette histoire par le passé, que Jean Quatremer met diligemment à disposition la version fraîchement traduite du traité simplifié à débattre. Voici la chose . Mieux vaut ne pas la soumettre à référendum, en effet.
De la France à l'Amérique - l'apologie douteuse du zetla - retour en grâce de Wikipédia ? - la politique européenne en exégèse mathématique - Tout Arrive, un ton - Gérard Mortier et l'idéologie - la Commune et Gandhi - retraite en Carnétie supérieure - nouveaux codes du langage ministériel.
De nombreux éléments, musicaux ou non, ont attiré l'attention de CSS ces derniers jours. Le travail a cependant ses droits sur nous.
Juste un mot d'information technique aux lecteurs de CSS. Il y aurait eu des interruptions longues à l'accès ; c'est lié à la présence de CSS sur le serveur maudit de cet hébergeur, le 143. Plusieurs solutions sont à l'étude, mais les choses semblent s'être améliorées. Il existe en tout état de cause une meute…
Concert. Bordeaux, Palais des Sports, jeudi 7 juin 2007, 20h30.
Claude DEBUSSY : Prélude à l’après-midi d’un faune ;
Hector BERLIOZ : Les Nuits d’été ;
César FRANCK : Symphonie en ré mineur.
Orchestre National Bordeaux-Aquitaine ;
Nathalie Stutzmann, contralto ;
Louis Langrée, direction.
Présentation et analyse de la saison par notre comité de rédaction [et ses nombreux lutins].
On y présente notamment des compositeurs, des chanteurs, des oeuvres au programme. Avec de nombreux liens pour expliciter certains points si nécessaire. Un petit carnet de route.
A la poursuite de Nathalie Stutzmann, Sylvie Eusèbe oeuvre sans relâche !
Nantes, Cité des Congrès, mardi 22 mai 2007, 20h30.
S. Barber : Adagio pour cordes
G. Mahler : Kindertotenlieder,
A. Dvorak : Symphonie n° 9 « du Nouveau Monde ».
Orchestre National des Pays de la Loire ;
Isaac Karabtchevsky, direction ; Nathalie Stutzmann, contralto.
[Note de la rédaction : On pourra lire, si nécessaire, une brève introduction à l'oeuvre et une suggestion discographique à propos des Kindertoten sur Carnets sur sol.
Et surtout, comparer à l'antique compte-rendu des Kindertotenlieder de Nat' avec l'ONBA à Bordeaux - toujours par Sylvie Eusèbe.]
En appoint de la notule sur Max Reger, voici quelques-uns des rares disques à céder une place significative à ces lieder. Dans des interprétations de qualité, peu chères et disponibles, si possible...
Un petit tour aussi auprès d'oeuvres vocales rares.
Diffusion hier soir sur France Musique[s] de l'oeuvre, avec la distribution suivante :
Sally Matthews : la Péri
Malin Christensson : soprani
Ingeborg Danz : l'ange
Christoph Prégardien : narrateur
Andrew Staples : ténor
Christopher Maltman : baryton
Choeur de la Radio Suédoise
Orchestre Symphonique de la Radio suédoise
On en profite pour évoquer un détail de l'oeuvre qui nous amuse.
(Et on évoquera incidemment certains pans du Mendelssohn dramatique sacré.)
J'apprends incidemment qu'un film récemment sorti est présenté comme particulièrement novateur sur la forme, car utilisant des chansons. Mais pas n'importe comment, des chansons qui ne sont pas des pièces de caractère, mais le moyen de dire l'émotion indicible. En somme, renforcer l'expression des affects par le…
Plus de précisions par le riche compte-rendu de Sylvie Eusèbe et les discussions subséquentes. Joanne Lunn, Blandine Staskiewicz , Judith Gauthier, Claire Delgado Boge (Dessus) ; Philippe Jaroussky, Nathalie Stutzmann (Alti) ; Emiliano Gonzalez Toro, Markus Brutscher (Ténors) ; João Fernandes, Alan Ewing (Basses). En…
Notre rédaction a eu l'occasion de préparer une introduction à l'ensemble de l'oeuvre de M. Mahler. Pas sûr que ce soit très utile aux brillants lecteurs assidus de CSS, mais sait-on jamais, des visiteurs égarés.
Pour plus de lisibilité, on classera par genres. Lied, symphonie, oeuvres de jeunesse ou inachevées.
Description, commentaire, suggestions discographiques pour chaque oeuvre.
Issues d'un calme romantisme tardif, ces deux symphonies présentent un déploiement sous forme de long serpentement, autour de motifs sans cesse réutilisés, comme chez Felix Weingartner, mais avec sans doute plus de subtilité.
Je n'y avais pas fait attention, mais Radio-Classique doit voter à droite (sans blague, me direz-vous).
Parce que programmer Le Triomphe de la République à une semaine des élections, alors même qu'on n'y passe plus que des oeuvres très célèbres, ce ne peut être innocent !
C'est une idée franchement rigolote, qui met très bien en regard la propagande électorale avec le texte totalement emphatique et creux du divertissement. (Ah, finalement, ce n'est peut-être pas si favorable à la droite que ça.)
Oui, j'en viens à la musique, un peu de patience, on clique ci-dessous et tout ira bien.
Outre la Santissima Annunziata d'Alessandro Scarlatti diffusée hier soir sur France Musique[s], quelques rendez-vous parfois cachés qui s'annoncent très intéressants cette semaine.
Le Triomphe de la République de Gossec, une oeuvre importante dans le tournant politique que prend l'opéra comique si naïf à la Révolution - Richard Coeur de Lion de Grétry devenant pour longtemps le symbole de ralliement des légitimistes et Le roi et le fermier de Monsigny apparaissant comme la relique d'un temps révolu.
Dans le même temps, des oeuvres flattant le pouvoir se développent, avec spécialisation politique des théâtres qui se partagent ainsi des publics bien différents, jusqu'à la censure provisoire (puis définitive par le décret de 1794). Le Théâtre Feydeau, l'ancien Théâtre de Monsieur (dirigé par Viotti et secondé par Cherubini), regroupe les royalistes, tandis que la salle Favart programme des oeuvres favorables à la Révolution dès 1790.
On trouve ainsi Les Rigueurs du cloître d'Henri-Montan Berton (sur la pièce de Joseph Fiévée), où une jeune religieuse est sauvée de ses voeux par son amant à la tête de la Garde Républicaine, avec final obligé façon hymne à la liberté.
Quelques titres amusants :
[1] A ce qu'on en dit, je n'ai pas pu le vérifier sur pièce. Mais il s'agit en tout cas de la plus haute réalisée, si on passe quelques exceptions historiques (un ton plus haut, dit-on).
La parole a ceci de fabuleux qu'elle crée le réel. C'est pourquoi la découverte du pouvoir du mensonge par les enfants est toujours une grande expérience : ce qui n'est pas vrai peut être tout aussi convaincant que le vrai, et pas seulement dans le domaine de la narration fictionnelle[1].
Or, les capacités cognitives limitées de l'être humain lui demandent, afin d'être informé de la marche du monde, de recourir à une médiation, que ce soit via le bouche à oreille ou les médias. Ces médiateurs, même en les supposant à la fois fiables et de bonne foi - ce qui n'est pas nécessairement évident -, créent de la vérité à partir de leur seule parole : si on leur accorde crédit, ils créent ce qu'ils énoncent, démiurges nouveaux.
On l'avait déjà relevé lors d'une réalisation particulièrement audacieuse de ce nouveau paradoxe du menteur, dont les implications sont tout à fait maîtrisées par le personnel politique : ce que je dis est vrai du fait même que je l'énonce, même si c'est faux.
Plus récemment, nous revenions aussi sur plusieurs de ces usages, notamment autour du changement et de la fiction institutionnelle.
A présent, un petit exercice très simple sur l'actualité.
Mise à jour de la brève monographie sur Elzbieta Szmytka , autour de l'écoute de son Lucio Cinna. Confirmation de la dichotomie impressionnante de ses talents selon les langues pratiquées. [Edit : Justement, conversation chez Bra aujourd'hui autour de Lucio Silla par Murray/Cambreling...]
Il n'est pas dans notre cahier des charges de sélectionner des interprétations d'oeuvres célèbres, chacun se fraie un chemin à son goût dans ces contrées incontournables.
Toutefois, petite entorse en guise de disque du jour, tant l'entreprise force l'admiration à tout point de vue.
Faute de temps, voici une traduction sur coin de table, proposée en guise de dépannage ce soir il y a quelques minutes (apparemment pas de traduction française sur la Toile). Je fournis la partition de la mélodie de Schubert correspondante, en téléchargement libre.
Puisque nous serons assurément tous affairés à écouter Mimi ce samedi dans la Louise de Gustave Charpentier, voici un petit peu plus tôt l’opéra de la semaine.
Après Marschner et Mendelssohn, nous poursuivons notre série du premier romantisme allemand un peu négligé sur les scènes avec Euryanthe, tout de même joué tous les ans ici ou là en Europe.
Voilà longtemps que nous n'avions proposé par ici une petite Revue de Toile.
La dernière fois, souvenez-vous, c'était début mars, et nous nous penchions sur la figure obligée du changement et son triple paradoxe : être un homme nouveau mais montrer ses états de service, avoir des projets mais surtout régressifs, faire des propositions qui ne doivent surtout pas être appliquées.
Nous ne devions en théorie pas parler politique en ces moments agités, où le clivage semble anesthésier l'esprit critique des meilleures têtes. De plus, il n'est nullement dans l'intention de CSS d'exercer sa puissante influence sur qui que ce soit.
Toutefois, nous cédons. Pour deux raisons principales.
- D'abord à cause de l'abondance tentante de matière première, qui conduirait à une dangereuse saturation de nos archives. (Et nous souhaitons sans trop de hâte être expulsés par notre prestataire de services.)
- Ensuite et surtout, parce qu'il ne nous sera pas nécessairement loisible de publier ces remarques plus tardivement.
A toutes fins utiles, vu la période, et pour m'éviter les colleurs d'affiches (et de procès d'intention) plus ou moins virtuels, je précise tout de même qu'il sera très difficile de déduire les bulletins déposés ou refusés de ces considérations. Parce que personne ne représente les idées de CSS (qui songe sérieusement à un groupe parlementaire unitaire, avis aux lecteurs réguliers), et surtout parce que la rédaction de CSS ne se détermine pas en fonction des discours tenus, ni même des idéologies.[1] Notre boulot est de les regarder, pas de les prendre au sérieux, voyons.
Notes
[1] [Oui, CSS se la joue centriste, mais ça ne durera pas longtemps comme vous le verrez.]
CSS vous fournit cette semaine le traditionnel opéra du samedi.
[version cadres pressés]
Une vraie rareté, indisponible depuis quelques lustres - si elle a jamais été publiée officiellement - à savoir la Loreley de Mendelssohn, ébauche d'un opéra sur un livret d'Emanuel Geibel.
Il en avait été question dans les longues discussions consécutives au compte-rendu de Sylvie Eusèbe sur la Messe en si par Minkowski. Aussi, si ce peut être utile à des lecteurs de passage, en voici le récapitulatif, légèrement étoffé. Côté chant, on parle de voix naturelle pour une voix : a) Qui n'est pas travaillée…
L'adresse figure depuis longtemps en lien, mais je m'aperçois que tout le monde ne la connaît pas. Essais, correspondance, livrets, et plusieurs articles sur lui. Le tout en anglais. Une excellente ressource facile à consulter. Parce qu'en toute franchise, vous ruiner pour lire du Wagner, CSS ne vous le conseillerait…
C'est officiel, CSS lit dans le marc de café. Il y a cinquante jours, nous disions . La figure imposée que tous les journalistes ont en vain cherché : le changement . Il y a six mois, nous disions . Décompte de l'Apocalypse. Il y a un an, nous disions . Limbes temporels. Tarifs préférentiels pour les lecteurs assidus.
On lit régulièrement des commentaires défiants face à la prononciation à la française, partiellement ou intégralement, des oeuvres religieuses du domaine français.
On peut, par goût, défendre l'un ou l'autre, mais voici (très succinctement !) quelques éléments pour répondre aux questionnements les plus courants.
Chers candidats, la droite et la gauche, ce n'est pas tout à fait la même chose ; revenez à vos fondamentaux idéologiques, sinon vous risquez y perdre votre âme. Olivier Pastré , économiste, ce matin sur France Culture. Je ne pensais pas qu'il était encore possible de dire ça. Parce que ça ne me semble guère…
Dietrich Fischer-Dieskau avait publiquement regretté qu'on ne fasse guère appel à lui, une fois mis un terme à sa carrière lyrique, comme chef d'orchestre, activité dont il espérait occuper sa retraite.
On pouvait entendre quelques secondes d'une Rhénane de Schumann pas spécialement originale ou convaincante dans un documentaire qui lui était consacré.
On se souvient aussi des propos peu amènes d'Otto Klemperer, qui l'avait jadis dirigé chez Bach.
Aussi, lorsque l'occasion de l'entendre intégralement s'est présentée, nous avons accouru.
N.B. : Le commentaire de la dernière intégrale (Brahms) figure ici.
Un essai d'étude rationnelle du phénomène des
intégrales à prix plancher. Les raisons ; les enjeux,
avantages et inconvénients ; le moyen de se décider ; les
alternatives.
Commentaire également du contenu précis du coffret
Beethoven.
J'apprends aujourd'hui qu'un site maudit [l'histoire sera pour une
autre fois] a dévoilé la prochaine intégrale
Brilliant, à savoir une intégrale Beethoven. [J'ai
l'honneur de vous annoncer que, devant témoins, interrogé
sur le contenu possible d'une intégrale en cent disques, j'avais
avancé le nom du sourd grincheux de Bonn. Un emploi de directeur
de la communication m'attend à Brilliant.]
Comment cela fonctionne-t-il ?
Faut-il acquérir ces intégrales ?
Avec en bonus les recommandations si l'on choisit de se passer
d'intégrale.
Nous vous présentons le petit dernier (latest plutôt que last, si possible) des
comptes-rendus de Sylvie Eusèbe.
Paris, Salle Pleyel, vendredi 06 avril
2007, 20h.
Georg Friedrich Haendel :
Marc Minkowski : direction ; Les Musiciens du Louvre-Grenoble.
La Beauté (Beltà) : Olga Pasichnyk (soprano)
Le Plaisir (Piacere) : Anna Bonitatibus (mezzo-soprano)
La Désillusion (Disinganno) : Nathalie Stutzmann (alto)
Le Temps (Tempo) : Stefano Ferrari (ténor)
Le quatrième et dernier mouvement du Cinquième Quatuor.
J'aurai l'occasion de revenir sur Langgaard (prononcez "Lèngôr"), c'est pourquoi je me contente de commencer par le rappel de ce que j'avais pu écrire en guise d'introduction, il y a bien longtemps :
Puisque je fus perfidement accusé de conserver jalousement Bajazet pour moi seul, alors même qu'il figure explicitement dans mon carnet mondain (voir colonne de gauche), étalons notre effroyable compromission au grand jour. Séduit par son parcours fortement évocateur autour de l'alouette, je le prolonge ici brièvement.