Transferts culturels et traduction
L'émission d'Emmanuel Laurentin, La Fabrique de l'Histoire, proposait il y a quelques semaines une émission consacrée au sujet de l'internationalisation et de la médiation culturelles aux dix-neuvième et vingtième siècles.
Le sujet a déjà été abordé sur Carnets sur sol :
- un peu précisément avec l'étude de la relecture de Rigoletto dans sa version française ;
- de façon plus générale avec les évocations de Verdi en français et surtout Wagner en français ;
- la série sur Sigurd (qui débutait ici) peut intéresser ce sujet ;
- sur le versant théorique, les réflexions sur les langues à chanter et sur la justification de la langue originale.
Bref, l'émission, abordant l'opéra (traduit ou non), la traduction au dix-neuvième siècle, l'importation du jazz, de la musique brésilienne (de Villa-Lobos à la bossa-nova), entrera en résonance avec des propos qui ont déjà pu être tenus ici.
On peut encore l'écouter en ligne.
Écrit par DavidLeMarrec , dans Vaste monde et gentils
Bonjour David,
Fidèle à tes conseils presque toujours éclairés - je ne sens pas la ligne mélodique de
BaaAAAAAARRbaaaaAAAARHAaaaa
- j'ai écouté l'émission d'Emmanuel Laurentin.
Le texte d'Eça de Queiroz, lu en ouverture, paraît bien enfermé dans une nostalgie d'époque. Pas sûr.
Je retiens le parallèle entre mondialisation économique (néologisme soft pour impérialisme, a rappelé Christophe Charle) et importation de biens culturels (de marchandises, soulignait Blaise Wilfert).
Après un intermède savoureux, la Séguedille en chinois, viennent les questions relatives aux transferts de produits culturels :
- traduction, interprétation, censure, ou bien réappropriation comme l'exemple en est donné pour Boris Vian traducteur ;
- engouement pour l'Espagne ou le Brésil contre l'Allemagne, après 1918 [ce qui évoque la position de Jankélévitch, renonçant, après 1945, à lire les philosophes allemands et leur préférant Baltasar Gracián] ;
- importation de la musique brésilienne via les Etats-Unis, en liaison avec leur position de créancier [un plan Marshall culturel avant l'heure] ;
- le mouvement "universalisation / nationalisation" [correspondant au vieux conflit "différence / mimesis] ;
--- par exemple, l'adaptation à la France de la samba [dont le fleuron, plus tardif, est probablement 'La Samba brésilienne', créée en 1948 par Andrex *].
Nouvelle pause lol (Christophe Charle évoque Claude Allègre).
Simple compte-rendu, dont je ferai brièvement la synthèse pour ma mémoire.
L'universalisable beau est sous le contrôle du pragmatisme économique et politique.
Tout cela est dit sans désespoir. Et, me semble-t-il, justement. En effet, les ondes négatives du commerce sont neutralisées par la richesse des échanges culturels. S'il y a réappropriation des biens culturels importés, c'est un élément de création.
Dans ton article sur
La langue originale
tu prends le parti (non exclusif) de traductions en français pour l'opéra en représentation. Eh bien, moi, tout également, je ne suis plus un puriste ! J'ai longtemps fui les V. F. au cinéma. Cependant, peu de films justifient absolument une V. O. s/t. L'alternance, comme tu le suggères, est une bonne option (les versions multilingues sont pénibles, car les sous-titres encombrent l'image, du fait d'une mauvaise police de caractères, et les traductions sont fantaisistes ou tronquées : j'en ai quelques spécimens pour les récréations).
A bientôt.
[mon courrier a dû te parvenir ? pour récupérer ton adresse, il me fallait changer de machine, de branchements… en somme, ni le facteur ni le posteur ne sont en cause dans un retard de quelques minutes : c'est le centre de tri]
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* Refrain
C'est la samba brésilienne
Qui permet aux Parisiennes
Sans avoir l'air d'y toucher
Chaque nuit, de goûter
Les petits à-côtés
Du péché...
C'est la samba Brésilienne
Née d'une chanson païenne
Qui, sans le moindre faux pas
Dans les bras
D'un beau gars
Vous invite aux ébats
De là-bas
Dansez, dansez, dansez tous la samba
Dansez, dansez, mais n'exagérez pas
C'est la samba brésilienne
Qui permet aux Parisiennes
Sans avoir l'air d'y toucher
Chaque nuit, de goûter
Les petits à-côtés
Du péché...
[Paroles : Raymond Vincy]