Carnets sur sol

jeudi 22 février 2007

Castor & Castor (II)

Histoire de faux jumeaux

II - Quelles versions retenues au disque ?


1.5. Distribution des deux versions 1737 et 1754 au disque

Afin que chacun se repère aisément avec ses disques, on expédie immédiatement la discographie.

  • 1960 - Alberto Erede
    • Version en un Prologue et quatre actes. Version très condensée de la version de 1737 en italien (Castor e Polluce), dirigée par l'un des chefs les plus prosaïques du répertoire romantique italien. Tristes apprêts.
    • Choeur et orchestre de la RAI de Naples. De quelle horreur encor viens-tu frapper mon âme ?
    • Avec notamment Ingrid Bjoner, une Impératrice et une Färberin. Une voix assez aigre doit le vibrato met en péril la justesse, pas vraiment le format requis pour Télaïre. Nous venons partager vos mortelles alarmes.
    • Jamais réédité en CD, hélas.


  • 1972 - Nikolaus Harnoncourt
    • Version de 1737.
    • Télaïre : Jeannette Scovotti
    • Phébé : Norma Lerer
    • Castor : Zeger Vandersteene
    • Pollux : Gérard Souzay
    • Choeur de Chambre de Stockholm (direction Eric Ericson)
    • Concentus Musicus de Vienne
    • studio Teldec


  • 1982 - Charles Farncombe
    • Version de 1754.
    • Télaïre : Jennifer Smith
    • Phébé : Cynthia Buchan
    • Castor : Peter Jeffes
    • Pollux : Philippe Huttenlocher
    • English Bach Festival Singers
    • English Bach Festival Baroque Orchestra
    • studio Erato


  • 1992 - William Christie
    • Version de 1737.
    • Télaïre : Agnès Mellon
    • Phébé : Véronique Gens
    • Castor : Howard Crook
    • Pollux : Jérôme Corréas
    • Choeur et orchestre des Arts Florissants
    • studio Harmonia Mundi
    • La version qui me semble dominer de très loin toutes les autres, aussi bien pour le choix de la version que pour son interprétation. On a rarement entendu des rôles à ce point totalement incarnés et musicalement maîtrisés, un orchestre aussi actif. Il serait fastidieux d'en énoncer tous les mérites, mais chacun, dans le quatuor, y porte son rôle jusqu'à un point d'idéal insoupçonné. Un disque indispensable de toute façon.


  • 1998 - Jean-Christophe Frisch
    • Version de 1754, mais dans son arrangement pour ensemble de chambre, afin d'en permettre les exécutions privées.
    • Télaire : Cyrille Gerstenhaber
    • Phébé : Brigitte Vinson
    • Castor : Christophe Einhorn
    • Pollux : Jérôme Corréas
    • Choeur Musique des Lumières
    • Ensemble Instrumental XVIII
    • studio Astrée (chez Audivis)


  • 2003 - Kevin Mallon
    • Version de 1754.
    • Télaïre : Monica Whicher
    • Phébé : Meredith Hall
    • Castor : Colin Ainsworth
    • Pollux : Joshua Hopkins
    • Choeur de l'Opéra en Concert [nom d'ensemble américain (Canada anglophone)...]
    • Aradia Ensemble
    • studio Naxos


  • 2007 - John-Eliot Gardiner
    • Version de 1754.
    • Télaïre : Sophie Daneman (remplaçant Sandrine Piau retenue par le très rare Ariodante...)
    • Phébé : Jennifer Smith
    • Castor : Anders Dahlin
    • Pollux : Laurent Naouri
    • Seulement diffusé sur la radio française (France Musique[s]) à ce jour. Mais au vu de la grande attente et du grand succès, on peut espérer une captation commerciale prochainement.
    • Orchestre somptueux, danses extrêmement réussies. Quelques petites baisses de tension ici ou là. Plateau tout à fait correct malgré Daneman très légère, Naouri un peu maniéré et Jennifer Smith au crépuscule, dominé d'assez loin par le port vaillant d'Anders Dahlin.


On peut à présent, ces choses clarifiées, se pencher plus avant sur les différences entre les deux versions.

** ''Version qui a terriblement vieilli, assez hors style aujourd'hui.''

7 roulades

Inactuel — 23 février 2007

merci d'évoquer cette oeuvre de Rameau. La version d'Harnoncourt (1972) avec Souzay existe (existait (C)1996) sous forme d'extraits regroupés sur un CD dans la collection "Opéra Collection" chez Teldec.
D.

DavidLeMarrec — 23 février 2007

Bonsoir Inactuel !

C'est aussi le cas pour Christie (2003), un disque d'extraits est paru chez HM.

Philippe[s] — 25 février 2007

J'ai assisté aux représentations de Castor et Pollux en 1991 à Aix (même protagonistes que l'enregistrement de 1992, sauf Correas remplaçant François Le Roux), j'en garde d'abord le souvenir d'une Véronique Gens absolument magnifique.
Deux sites sur Rameau (si tu ne les connais pas déjà) :
http://jp.rameau.free.fr/index.htm
http://perso.orange.fr/jean-claude.brenac/RAMEAU.htm

DavidLeMarrec — 25 février 2007

J'ai assisté aux représentations de Castor et Pollux en 1991 à Aix (même protagonistes que l'enregistrement de 1992, sauf Correas remplaçant François Le Roux), j'en garde d'abord le souvenir d'une Véronique Gens absolument magnifique.

Et que donnait François Le Roux ? C'était sa grande époque, ce devait être étonnant au niveau de la couleur.

Oui, un des tout meilleurs rôles de Véronique Gens, incontestablement. Et même à mon goût sa composition la plus aboutie vocalement et théâtralement. Le récitatif qui clôt le III est un chef-d'oeuvre.

Mais Howard Crook et Agnès Mellon sont loin de démériter. Agnès Mellon joue très bien l'ambiguïté de son personnage au dernier acte, le côté coquette jalouse qui est souvent gommé pour conserver la noblesse du personnage.

Pourtant, malgré ce qu'on peut lire sur l'abandon de la veine comique dans la tragédie lyrique après Cadmus et Alceste (avec l'existence de personnages comiques autonomes), on en trouve régulièrement des restes : dans Atys bien sûr (le dépit amoureux de Celaenus, puis d'Atys et Sangaride), dans Isis (le duo Iris/Mercure)...

Ce duo de l'acte V de Castor s'inscrit parfaitement dans cette filiation.


Deux sites sur Rameau (si tu ne les connais pas déjà) :
http://jp.rameau.free.fr/index.htm

Oui, très bon site, c'est celui auquel j'ai renvoyé dans le premier volet pour la lecture du livret de 1754.

http://perso.orange.fr/jean-claude.brenac/RAMEAU.htm

Bien sûr ! Ce site est une somme factuelle incontournable, qui aurait peine à tenir dans un livre...

Inactuel — 26 février 2007

...une somme factuelle qui rend caduque le "Rameau de A à Z" de Philippe Beaussant ?
D.

Philippe[s] — 27 février 2007

David> Je dois bien avouer que je ne me souviens pas en détail de François Le Roux, si ce n'est qu'il était au diapason de la remarquable distribution. En revanche, je n'ai pas d'images marquantes de la mise en scène (de PL Pizzi) contrairement à celle des Indes Galantes de l'année précédente (Alfredo Arias), ébouriffante et intelligente.

DavidLeMarrec — 1 mars 2007

@ Inactuel :

Je pense que ce sont là deux sommes de nature différentes. Concernant le site de Jean-Claude Brenac, il s'agit avant tout d'une réunion de données vraiment factuelles, pas d'exégèse, mais de façon absolument exhaustive les paramètres sur les différentes oeuvres, les créations, la discographie de tout l'opéra baroque.

Evidemment pas comparable avec une monographie Rameau, ça n'a pas la même fonction.


@ Philippe[s] : François Le Roux a somme toute laissé peu de témoignages dans des rôles importants de tragédie lyrique. N'était son Tancrède avec Malgoire, mais c'est épuisé depuis des lustres et pas forcément très recommandable.

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