Carnets sur sol

dimanche 6 juin 2010

Notule Le disque du jour - XXXV - Franz SCHUBERT - Die Schöne Müllerin ('La Belle Meunière') - Jorma Hynninen, Ralf Gothóni (Ondine)




On avait déjà évoqué la beauté étonnante de la version de Jorma Hynninen et Ralf Gothóni pour le Winterreise.
Toutefois c'était une question de sensibilité personnelle, il faut aimer ce désert ascétique, ces textes très articulés mais sans le moindre histrionisme expressif, cet accent bizarre.

Pour la Belle Meunière, en revanche, il me semble qu'on peut considérer leur lecture comme fondamentale - bien qu'ensuite, évidemment, le goût de chacun parlera en leur faveur ou défaveur.

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1. Un enregistrement

Tout d'abord Jorman Hynninen, la voix voilée, usé, dispense de superbes intentions sans se soucier de sa voix. Il conte son histoire, sans prêter garde au timbre un peu fêlé, avec beaucoup de sentiment et de simplicité. C'est bien ce que l'on attend ici.

Mais surtout, le piano de Ralf Gothóni est incroyablement incisif, et pour tout dire parfaitement fulgurant. Les notes sont d'une incisivité incroyable. On se situe dans le goût de ce que fait Helmut Deutsch avec Jonas Haufmann en concert (Bruxelles 2004, par exemple), avec beaucoup d'insolence joyeuse, un grand rebond de la danse. Gothóni parvient à un tranchant supérieur, avec une netteté incroyable des attaques et des contrechants. Il fait ainsi apparaître des bourdonnements hallucinants et même des chants d'oiseaux survitaminés dans Mein !, avec des changements de texture en un instant, du piano comme les lutins n'en avaient jamais entendu ni même rêvé.


Mein !, fortement compressé, avec donc un relief largement émoussé par rapport au disque original.


Le cas est d'autant plus impressionnant que l'accompagnement de ce cycle ne paraît pas si extraordinaire sur le papier à musique : inspiré, mais il ne pourrait pas exister seul comme celui du Winterreise - sans les figuralismes hallucinés du Schwanengesang aussi. La fascination est telle qu'on n'a plus guère besoin d'écouter le chanteur que pour les mots, toute l'expression passe déjà par le piano - du Wagner, quoi.

Tout cela est aussi dû à l'incroyable captation Ondine : rarement entendu un piano aussi bien servi par les ingénieurs.

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2. ... dans une discographie
mercredi 2 juin 2010

Notule Intégrale des Sonates de Schumann et demi-intégrale Hindemith par Franck Peter Zimmermann


Superbe concert de Franck Peter Zimmermann et Enrico Pace au Théâtre de la Ville. Le programme était déjà exceptionnel : les trois Sonates pour violon et piano de Robert Schumann (Op.105, Op.121, et Op. posth. WoO 27), et les deux dernières des quatres Sonates de Paul Hindemith (mi majeur de 1935 et ut majeur de 1939).

Franck Peter Zimmermann y met de côté tous les attributs du concertiste (volume sonore, vibrato large, phrasés virtuoses) pour se muer en parfait chambriste, humble, tranchant et juste. Son timbre incisif se dépouille de toute ostension et dans la beauté plastique, et dans la légère acidité conservée.

Il étonne particulièrement dans la Deuxième Sonate dont il exalte toutes les ruptures et bizarreries (il y en a encore plus que dans la merveilleuse Troisième, qui en comprend aussi, et où il les avait moins soulignées). Le troisième mouvement se transforme ainsi, depuis les pizz de guitare désaccordée mangés par le piano jusqu'aux phrasés sans vibrato, avec mainte maladresse délibérée, en parodie de sérénade italienne, et le tout sans altérer en rien la cohérence structurelle - déjà préparée par un premier mouvement énigmatique et un scherzo rieur.

Comme on pouvait s'y attendre, même la belle Sonate en ut, tout en miniatures, souffre de la comparaison avec le corpus schumannien, à la fois évident et tellement traversé de ruptures bizarres et de fulgurances admirables... dans un esprit très proche du Concerto pour violon, en réalité. Et contrairement à beaucoup d'interprètes, les deux compères n'esquivent pas ces singularités, et les exaltent au contraire avec beaucoup d'esprit et de goût.

mercredi 2 juin 2010

Notule Les 24 Violons du Roy de Patrick Cohën-Akenine au TCE - Le pari perdu de l'authenticité ?


Les 24 Violons du Roy en concert au Théâtre des Champs-Elysées, mercredi 26 mai 2010.

Patrick Cohën-Akenine, immense violoniste devant l'Eternel, est depuis longtemps chef d'ensemble, et à la Tête des Folies Françoises, il a quelque temps fait merveille, comme par exemple dans ce récital baroque français de Patricia Petibon.

Or, il s'est mis en tête de réaliser une courageuse résurrection des 24 Violons du Roy, l'ensemble qui jouait pour Louis XIV, en utilisant des recréations des instruments manquants de la famille du violon qui étaient alors utilisés.

On en a déjà parlé par trois fois sur CSS :


Entre le dessus de violon toujours pratiqué et la basse de violon parfois réemployée dans les ensembles baroques, on a ainsi réintroduit la haute-contre de violon (assez comparable à l'alto), la taille et la quinte de violon. Cela produit visuellement un dégradé assez pittoresque, avec de gros violons qui pendent à de petits cous, touche en bas, comme ceci : (oui, leur enthousiasme semble limité).

Patrick Cohën-Akenine dispose ainsi d'un ensemble constitué de la façon suivante :

  • violons : 4 dessus, 2 hautes-contre, 2 tailles, 2 quintes, 2 basses ;
    • bien qu'appartenant à la famille des violons (contrairement à la contrebasse qui appartient à la famille de la viole, d'où leur son plaintif), les basses de violon disposent de frettes - c'est-à-dire de ces barres, comme sur les guitares, qui bloquent la corde à hauteur fixe en créant des "cases", de façon à assurer la justesse ; d'autant plus étrange que si les violes de gambe en disposent, les violoncelles baroques n'en disposent pas et les contrebasses n'en disposent plus (mais il faut là interroger les facteurs d'antan et non pas les malheureux instrumentistes exhumant...) ;
  • bois : 2 flûtes, 2 hautbois (le premier hautbois tenant les parties de flûte basse dans les trios), 1 basson français (au son si nasillard qu'il rappelle ici le cromorne !) ;
  • continuo : viole de gambe, violoncelle, clavecin, archiluth.


Cela se justifie très bien sur le papier. Lully était violoniste, il écrivait des dispositions qui n'étaient pas pensées pour le clavier comme le fera Rameau ou comme le faisaient déjà les Italiens (c'est-à-dire avec une basse isolée et les autres parties isolées dans l'aigu). Il utilisait une répartition beaucoup plus équilibrée au niveau des médiums, qui donne un certain fondu - et rend d'autant moins confortables à exécuter, quelquefois, les réductions pour piano du début du vingtième siècle (elles sont en réalité redéployées pour être 'claviérisables', y compris quand les parties intermédiaires originales subsistent).
Et cela se faisait avec l'instrumentarium restitué par le projet de Patrick Cohën-Akenine. Le but avoué était de retrouver la diversité des instruments, donc des couleurs originales, de la musique de Lully.

L'ensemble a beaucoup progressé depuis ses débuts, et déjà en 2009, il jouait tout à fait juste. Il est capable désormais de jouer certaines sections avec un beau tranchant. On a même pu observer, au cours de ce concert, quelques partis pris interprétatifs sensibles, même si l'on demeure très loin de ce qui pouvait être réalisé avec les Folies Françoises.
Néanmoins, le résultat immédiat de cette restitution est au contraire une plus grande homogénéité des timbres et une certaine mollesse d'articulation.

Et ce n'est pas si paradoxal : au lieu d'instruments divers, on décline les intermédiaires d'une même famille. Voilà pour l'homogénéité. Et pour l'articulation ? Il suffit d'observer la dimension des tailles et quintes de violon : les instruments sont retenus par des lanières discrètes, mais comme vu leur masse il ne doit pas être possible de les bloquer avec le cou, ils reposent en partie sur la main. Aussi, l'agilité en paraît fortement diminuée - n'imaginez même pas du vibrato, et encore moins un démanché, tout s'effondrerait ! Par ailleurs, pour qui a déjà joué un violon et un alto, la différence d'exigence physique en étant déjà assez considérable, on imagine la force nécessaire pour maintenir efficacement une corde de quinte de violon.

Bref, au final, on gagne en fondu, mais on perd une part déterminante de ce que le mouvement baroqueux a apporté : clarté et autonomie des strates, individualisation des timbres, incisivité des attaques, palette expressive nouvelle. Le projet est généreux, mais il me semble qu'il se heurte aux difficultés structurelles qui ont fait que l'on a abandonné ce type d'orchestre au profit de la disposition italienne : c'est intrinsèquement un ensemble moins virtuose et moins brillant.

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Et le concert ?

dimanche 30 mai 2010

Notule Le Winterreise pour les débutants


1. Présentation

Pas d'ample présentation, on trouvera une description des modes d'écriture les plus fréquents de Schubert dans le lied dans notre série d'introduction au lied. Voir aussi et notamment, sur Winterreise :


Rappelons simplement qu'il s'agit d'un cycle en deux parties de douze lieder chacune sur des poèmes d'un recueil de Müller, réorganisé par Schubert.

C'est un véritable cycle, puisqu'il ménage une progression et que la fin nous ramène au début.

Le Wanderer (celui qui voyage au hasard, qui erre) dont l'amour a été repoussé ou ignoré marche à la mort ; sans la trouver, il en voit partout l'image, mêlée aux souvenirs de la bien-aimée.
Dans le premier lied, il quitte la ville ; dans le dernier, il croise un joueur de vielle aux doigts engourdis par le froid, susceptible de chanter son histoire, ou bien de le mener sur l'Autre rive.

On le considère généralement comme le sommet du lied, et ce n'est pas tout à fait à tort, tant la qualité mélodique, l'intensité émotive des modulations, la bonne tenue des textes en font un parcours extrêmement prégnant, pour ne pas dire bouleversant. Et cela dans une grande simplicité de ton.

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2. Méthode de sélection et conseils

Le Winterreise est un moyen commode d'exercice pour les pianistes débutants, qui donne assez facilement des résultats agréables. Si peu que l'on aime le lied, c'est très vite stimulant à pratiquer, bien plus que la plupart des autres cycles de Schubert ou d'autres compositeurs (assez accessible et assez mélodique àt complet la foise). Les plus faciles à accompagner peuvent même, parfois, être pratiqués sans difficulté supplémentaire par le chanteur en même temps que le chant.

Les lutins ont donc magiquement opéré un petit classement par facilité décroissante des différentes pièces. Au sein de chaque groupe, ils ont essayé d'aller du plus intéressant par rapport à l'effort fourni au moins intéressant ou plus difficile.

Il faut aussi préciser que dans le cadre d'une pratique strictement pianistique nous recommandons la tonalité d'origine : elle sonne toujours plus limpide, et c'est plus confortable digitalement. En tonalité originale, tous les lieder tombent assez agréablement sous les doigts. Les trois cycles se trouvent en ligne sous cette forme (Indiana Variations Scores Project ou IMSLP.org), ou regroupés à petit prix dans une gravure musicale agréable et un format large chez l'éditeur Dover.
Le seul inconvénient est qu'il existe moins de possibilités de trouver de chanteurs pouvant assumer cette tessiture. Si l'on veut travailler avec des mezzos ou des barytons, il faut alors adopter le volume paru chez Peters de l'édition dite "Fischer-Dieskau", avec les hauteurs assez bien pensées - et des enchaînements harmoniques de lied à lied pas trop rudes. Elle est assez bien pensée aussi pour le jeu du pianiste. Pour les altos et les basses, on trouve des versions plus graves chez Bärenreiter, ou encore les CD-Roms de CDSheetMusic.com qui proposent beaucoup de lieder en transpositions diverses (en PDF).

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3. Sur les tessitures

Schubert écrivait généralement pour sa propre voix, qui était celle d'un ténor apparemment assez léger, et dans le Winterreise, ce sont les versions hautes qui sont originales. Il n'a écrit qu'une version alternative, un ton plus bas, pour "Der Leiermann".

La version d'origine est donc celle qui débute avec "Gute Nacht" en ré, "Wetterfahne" en la, etc. Les versions "Mittlere Stimme" / "Medium voice" / "Voix moyennes" sont des transpositions.

C'est celle qui sonne le mieux au piano et qui tombe le mieux sous les doigts, mais si vous avez le projet ensuite d'accompagner un chanteur, vous en trouverez peu qui les chantent à ces hauteurs - les mezzos et barytons sont très majoritaires dans cette oeuvre. Voir les conseils ci-dessus.

D'une manière générale, le cycle n'est pas facile pour un débutant à cause des tessitures parfois un peu longues, mais pour un chanteur moyen, le tout est tout à fait accessible pour la plupart si on choisit la bonne hauteur pour sa voix, quitte à choisir ses tonalités entre plusieurs recueils, au début. Sinon, si l'on veut du chant facile, on recommande plutôt Schumann, on y trouvera des choses vraiment très accessibles dans les cycles. Et cela va souvent de pair avec un accompagnement récurrent assez simple, du moins si l'on élit un pianiste séparé du chanteur.
Quelques lieder cependant sont très accessibles dans ce cycle, mais cela variera selon que l'on est plus à son aise avec le sillabando, le récitatif, la cantilène...

Et signalons à nouveau, à toutes fins utiles, que nous recommandons absolument, afin de chanter correctement, de maîtriser une langue à l'oral avant que de la chanter... ou d'user dans un premier temps de traductions, même artisanales et moches.

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4. La liste

Très facile :

dimanche 30 mai 2010

Notule Italienisches Liederbuch de Wolf aux Abbesses (Vondung / Güra / Berner)


1. Un corpus

J'ai toujours considéré le Spanisches Liederbuch comme plus consistant musicalement que cet Italieniches si typique de Wolf, avec sa simplicité tarabiscotée, ce dépouillement farci de détails rythmiques retors et de micromodulations recherchées.

J'ai déjà exposé la tendresse mêlée de perplexité qui m'envahit à l'écoute de la plupart du corpus de Wolf. Ce n'est pas faute d'être familier du lied, pourtant - même le plus reculé et le plus bizarre.

Ce Livre de chansons italiennes est en réalité une compilation de poèmes et chansons populaires italiens, traduits en allemand par Paul Heyse. Ces miniatures évoquent des situations assez typiques, des sérénades, des jalousies, quelques fâcheries... autour de l'amour bien sûr ! Elles peuvent être attribuées à deux voix de sexe différent, et le sont traditionnellement, puisqu'on a clairement les deux faces de la pièce amoureuse qui s'expriment.

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2. Un concert

Il est excessivement rare de les entendre en concert, du moins hors des pays germaniques, et plus encore dans leur entier. Il faut dire que c'est un concert un peu austère, nécessairement. Ici, seuls les titres sont fournis dans le livret, et le surtitrage n'indique que la traduction du premier vers... On imagine le grand moment de solitude de celui qui n'a pas l'habitude du lied et ne maîtrise pas les textes.

Aussi, je m'y étais précipité, en prenant soin d'apporter les textes. Précaution doublement inutile. Tout d'abord, l'articulation des deux chanteurs était parfaite, on entendait intégralement le moindre mot prononcé. Ensuite, ils avaient fait le choix intéressant de redistribuer l'ordre des numéros, afin de faire de ces fragments d'historiettes une narration un peu plus suivie, même si elle a bien sûr ses creux et ses redites. Cela rendait donc, vu la durée brève de chaque lied, la consultation du texte un peu malaisée dans le silence de la salle de concert...

La chose la plus frappante que j'aie retirée de cette soirée est le caractère potentiellement parodique de tout cet ensemble, que les interprètes osent aborder, mais par la marge, dans les cas les plus frappants - et un peu dans leur jeu scénique.
Car Wolf traite avec sa distance habituelle les textes, établissant un flux constant un peu morose dont seule l'étude attentive peut retirer les intentions expressives. Et le ton tout de même très pittoresque des textes, plus quelques indices dans l'accompagnement ou les lignes vocales, permettent de penser que le compositeur s'amuse beaucoup et ne peut prendre pour mode privilégié de l'expression d'un spleen ce support-là !

Je précise que je tâche là de décrire cet écriture et ces effets, mais ce que ne sont pas vraiment des réserves - je suis sorti du concert avec l'envie furieuse de jouer / chanter ça...

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3. Interprètes
dimanche 30 mai 2010
dimanche 30 mai 2010
dimanche 23 mai 2010

Notule Pudeur

Cette conversation de larmes devint à la fin conversation de baisers ; je passe légèrement cet endroit.

Ou encore :

Cette suivante qui était de l'intelligence, dit à Psyché : Nous avons ici des cygnes que les Amours ont dressés à nous servir de gondoles ; j'en prendrai un : nous traverserons la rivière par ce moyen. Il faut que je vous tienne compagnie pour une raison que je vais vous dire ; c'est que ces moutons sont gardés par deux jeunes enfants sylvains qui commencent déjà à courir après les bergères et après les nymphes. Je passerai la première, et amuserai les deux jeunes faunes, qui ne manqueront pas de me poursuivre sans autre dessein que de folâtrer ; car ils me connaissent et savent que j'appartiens à Vénus : au pis aller j'en serai quitte pour deux baisers ; vous passerez cependant. Jusque-là voilà qui va bien, repartit Psyché ; mais comment approcherai-je des moutons ? me connaissent-ils aussi ? savent-ils que j'appartiens à Vénus ? - Vous prendrez de leur laine parmi les ronces, répliqua cette suivante ; ils y en laissent quand elle est mûre et qu'elle commence à tomber : tout ce canton-là en est plein. Comme la chose avait été concertée elle réussit. Seulement, au lieu des deux baisers que l'on avait dit, il en coûta quatre.

[...]

Pour achever le chagrin de cette Déesse, Psyché arriva avec un paquet de laine aussi pesant qu'elle. Les choses s'étaient passées de ce côté-là avec beaucoup de succès. Le cygne avait merveilleusement bien fait son devoir, et les deux sylvains le leur : de voir, de courir, et rien davantage ; hormis qu'ils dansèrent quelques chansons avec la suivante, lui dérobèrent quelques baisers, lui donnèrent quelques brins de thym et de marjolaine, et peut-être la cotte verte, le tout avec la plus grande honnêteté du monde.

samedi 22 mai 2010

Notule Quel giorno più non vi leggemmo avante - [Vedernikov à Pleyel dans Francesca da Rimini de Rachmaninov]


Concert exceptionnel hier à la Salle Pleyel, avec le Philharmonique de Radio-France. Tout d'abord, il s'agit peut-être du plus bel orchestre sur instruments modernes que j'aie entendu cette saison : les cordes soyeuses et homogènes, vraiment un ensemble magnifique ; les bois très incisifs, aux timbres légèrement voilés (beaucoup de précision et de grâce).


Alexander Vedernikov.


Ensuite, un programme tout russe assez original. Et vraiment intéressant.

samedi 22 mai 2010

Notule Une autre Madeleine

Gilles, lecteur fidèle de ces carnets, a laissé un autre écho de Magdalena de Villa-Lobos au Châtelet. On peut le lire ici .

samedi 22 mai 2010

Notule Bière et poésie

Chacun a son emploi parmi les travailleurs ;
L'un sépare le grain que l'autre emporte ailleurs.
Le monceau disparaît ainsi que par machine.
Quatre tas différents réparent sa ruine ;
De blé, riche présent qu'à l'homme ont fait les cieux ;
De mil, pour les pigeons manger délicieux ;
De seigle, au goût aigret ; d'orge rafraîchissante,
Qui donne aux gens du nord la cervoise engraissante.

jeudi 20 mai 2010

Notule Heitor Villa-Lobos - MAGDALENA - Rouland (Châtelet 2010)


Voilà un spectacle qui m'a laissé perplexe, et à vrai dire plus intéressé que touché. Comme les critiques et comptes-rendus publiés en ligne m'ont paru assez peu informatifs une fois vu le spectacle (y compris la vidéo proposée par Concertclassic, que j'introduis ci-dessous), j'en touche un mot, d'autant qu'il y a plusieurs choses dignes d'être remarquées.

Il n'est pas si fréquent de sortir d'un spectacle en ne pouvant porter un jugement à la fois sur son plaisir et sur l'oeuvre. J'ai été en quelque sorte séduit de façon purement intellectuelle par un spectacle dont la visée est au contraire de toucher très directement, avec des moyens simples, d'où cette confusion des sentiments, sans doute.

Le titre lui-même constitue déjà une forme de paradoxe. Magdalena n'est pas un personnage de Magdalena, mais le nom du fleuve qui traverse l'endroit où se déroule l'action (fleuve qui n'a absolument pas de rôle majeur, à part que le général Carabaña y débarque pour rentrer au pays). De ce fait, on ne désigne pas de personnage principal, et il serait difficultueux d'en nommer un en particulier.

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1. Contenus

L'oeuvre, chantée en anglais, est présentée comme une 'aventure musicale en deux actes' par le compositeur, et on nous parle dans les notices d'un métissage entre opéra et comédie musicale. Il est vrai que le Prélude orchestral (repris comme prélude également à l'acte II) est de la meilleure farine, avec ses figures mélodiques simultanées tirant vers la polytonalité (ces différentes "couches" font furieusement au début des Gezeichneten de Schreker, et même quelque peu aux Gurrelieder de Schoenberg). [Ce tuilage singulier est vraisemblablement censé évoquer le bruissement de la forêt équatoriale.] On est émerveillé et plein d'espoir, heureux du privilège d'assister à une oeuvre aussi rare et aussi dense (qui, d'après la vidéo extraite de la générale, avait l'audace, quoique tout à fait tonale, de ne pas s'achever sur un accord parfait).
Ce n'est pas étonnant de la part de Villa-Lobos, qui maîtrise aussi bien la couleur locale façon sucre d'orge que l'écriture complexe et raffinée, quoique toujours très colorée et un peu sucrée, qui s'exprime par exemple dans sa Dixième Symphonie.

mercredi 19 mai 2010

Notule Le disque du jour - XXXIV - Ibsen / Grieg : Peer Gynt en français


1. Une musique de scène pour Une pièce

Lorsqu'Ibsen écrit sa pièce, il pense produire quelque chose de valeur, mais de spécifiquement norvégien. Dans le tout récent bokmål, cette pièce est conçue comme une évocation du rapport à ce pays, à sa mythologie, à ses spécificités. Sous un jour volontiers effrayant, mais pas du tout avec l'idée d'emprisonnement fatal dans la nuit et le froid qui prévaut dans la plupart des pièces d'Ibsen (et qui trouve son expression la plus oppressante avec le village du Nord enclavé dans le fjeld où agonise le fils de Brand).
Bien sûr, comme il se doit, le personnage principal se trouve écrasé par la révélation de son être profond, mais c'est ici sous une forme plus ludique qu'à l'acoutumée, sous les traits d'un mauvais garçon dont on suit la destinée ambitieuse et sans cesse déçue au bord de l'accomplissement. Malheureusement pour lui, les femmes sont trop intelligentes.

Ce qui est conçu comme un lesedrama, une pièce destinée à la seule lecture, est bien sûr peu souvent monté avec ses changements de lieux innombrables, ses personnages pléthoriques et sa durée de cinq heures environ, mais a cependant connu un succès international qui a désarçonné Henrik Ibsen lui-même. C'est, on pourrait dire, à la fois de loin la pièce la plus célèbre de son auteur, et paradoxalement loin d'être celle dont le contenu est le mieux connu.


Ibsen sollicite lui-même Edvard Grieg pour écrire la musique de scène pour la mise en représentations de l'oeuvre, et se révèle très intéressé et ouvert, autour des enjeux et des nécessités d'aménagements de la mise en musique. Celui-ci accepte, honoré, mais en dépit de la réputation qu'il a ensuite eue, de son vivant même (Hjalmar Borgstrøm, qui avait étudié en Allemagne, se positionnait précisément contre la tendance figuraliste et folklorique qui prévalait dans son pays à la suite de Grieg), comme chantre folkloriste des climats norvégiens, il ne semble pas très inspiré, dans sa correspondance, par ces danses de trolls.

Néanmoins, le résultat connaît un grand succès, et se joue encore très fréquemment, en concert et au disque, sous la forme des deux suites que le compositeur a tiré de sa musique de scène. L'introduction de Peer dans le palais du Roi des Trolls est même sans doute la pièce la plus célèbre de tout Grieg.

Et depuis la disparition de la musique de scène dans les théâtres, les deux oeuvres continuent ainsi leurs chemins séparés, l'une lue par les amateurs de théâtre interlope, l'autre écoutée par les mélomanes aux goûts 'grand public' pour ses atmosphères lyriques charmantes.

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2. Le retour de la communion théâtre / musique

Alors que la musique a très longtemps triomphé dans l'opéra en le détournant de sa mission initiale d'exaltation presque rituelle d'un texte théâtral (en réalité, dès la fin du XVIIe, en Italie, la fascination pour les possibilités pyrotechniques des voix monopolisent l'attention au détriment du propos), on assiste depuis quelques décennies à un mouvement inverse, certes doux et prudent, mais très réel.
Dans les années 50, on commence à retourner à la langue originale pour assurer une plus grande proximité aux voeux du compositeur, en conservant le lien étroit entre les inflexions musicales et le texte. A partir des années 70, les mises en scène incluent la direction d'acteurs fine, la distanciation, la transposition, voire la contradiction vis-à-vis du texte littéral, comme au théâtre : pour révéler des choses dans le texte.

Peer Gynt finit par profiter, ces dernières années de ce mouvement (de pair avec la recherche de l'authenticité illustrée notamment par les mouvements 'baroqueux' depuis la fin des années 60).

Et un certain nombre de versions intégrales de cette musique de scène fleurissent, dont certaines disposent d'une large part de texte pour les remettre dans leur élément d'origine et leur redonner leur charge dramatique et émotive. Cela peut se faire avec des parcelles du texte original d'Ibsen, comme chez Ole Kristian Ruud (disque BIS avec le Philharmonique de Bergen, le plus bel orchestre du monde) et Bjarte Engeset (pour Naxos, avec le Symphonique de Malmö), deux très belles versions (la première est vraiment extraordinaire musicalement). Le bokmål, qui n'a pas beaucoup d'équivalents pour sa beauté chantée, est cependant assez bizarrement exubérant au théâtre pour des oreilles non averties (de même que l'allemand théâtral n'a pas la même grâce que celui du lied ou de la poésie bien dite, et qu'il faut entendre l'anglais déclamé pour prendre la mesure de ce que le chant occulte dans cette langue). Et surtout, la majorité des auditeurs risquent d'être éconduits - c'est plus difficile qu'à lire (où au contraire un lecteur d'allemand et d'anglais peut sans grand effort apprécier un texte).

Aussi, toujours dans cette perspective de donner une place théâtrale plus authentique et plus complète, le label Aeon (plus célèbre pour sa politique en faveur de la musique contemporaine, et notamment...) a franchi le pas salutaire : à partir d'une version enregistrée à Genève en 2000, trois bandes-son différentes ont été ajoutées, chacune dans une langue différente (allemand, anglais et français). Les pochettes allemande et anglaise sont identiques, mais la française comporte le portrait du rôle-titre, Lambert Wilson. Le résultat est remarquable de naturel, et la distance de quatre ans (!) qui sépare les deux époques de production n'est absolument pas sensible, tant la parole, même sur la musique, se fond idéalement dans l'orchestre, légèrement devant, mais pas du tout déconnectée et suramplifiée comme c'est trop souvent le cas, jusqu'à ruiner l'écoute.

De surcroît, tout cela est fort bien dit et très caractérisé.

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3. Conséquences

On peut donc goûter le texte en français, qui n'est certes plus versifié, mais qui permet d'avoir un accès direct aux différentes étapes affectives que sert la musique, à l'origine. L'arrangement d'Alain Perroux à travers plusieurs traductions, bien que trop chiche en texte à mon goût (mais étant prévu pour le concert, la durée en était forcément limitée), est très opérationnel : tantôt un narrateur effectue des résumés, tantôt de vrais dialogues s'instaurent. Les pièces restent chantées en norvégien bokmål pour ne pas altérer la couleur et sont donc lorsque nécessaire précédées de quelques paroles des comédiens qui, l'air de rien, en donnent le ton et le contenu.

La séquence du lever du matin, avec son gentil ton pastoral très célèbre, située après la mort d'Ã…se est quelque chose d'exceptionnellement bouleversant en contexte. Rien ne traduit l'angoisse funèbre de la culpabilité dans cette musique, comme le matin indifférent qui darde ses rayons optimistes sur une âme dévastée. Mais le texte nous a inoculé tout cela.
Quel dommage de commencer une suite orchestrale avec ça pour en faire un joli biblelot bucolique. Et étrangement, cette musique si consonante se pare de couleurs extrêmement mélancoliques dans le contexte dramatique.

Vraiment, une fois de plus et comme pour tant d'autres oeuvres (L'Oiseau de feu par exemple), écouter les suites seules, quelle hérésie - ou plutôt quel dommage.

De même, la chanson de Solveig qui s'échappe de la cabane lors du retour du vieillard, c'est autre chose que la jolie mélodie mélancolique que nous avons tous en tête. Vraiment une expérience très particulière.

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4. Le disque
mercredi 12 mai 2010

Notule Un tonnel, des tonals

Dans la lignée de notre petit guide d'usage , signalons quelques bizarreries dans le domaine du vocabulaire musical. Manière de dicter, comme à notre habitude, le bon ton. Tout d'abord, le mot de départ : tonalité La tonalité désigne ce qui appartient au domaine des gammes traditionnelles et de leur utilisation…

mercredi 12 mai 2010

Notule Clair-obscur

Le procureur du roi se donna le malin plaisir de faire subir à la pauvre Lydia une espèce d'interrogatoire qui ne se termina que lorsqu'il lui eut fait perdre toute connaissance.

mercredi 12 mai 2010

Notule Coïncidences nominales et merveilleux onomastique

Madame de Strahlenheim avait une belle-sœur nommée Wilhelmine, fiancée à un jeune homme de Westphalie, Julius de Katzenellenbogen, volontaire dans la division du général Kleist. Je suis bien fâché d'avoir à répéter tant de noms barbares mais les histoires merveilleuses n'arrivent jamais qu'à des personnes dont les noms sont difficiles à prononcer.

samedi 8 mai 2010

Notule Sans boussole

Un bon point [ 1 ] à celui qui trouve la date de naissance, à dix ans près, du compositeur de cet extrait. (Oui, c'est un piège et une démonstration tout à la fois.) Notes [ 1 ] Convertible en enregistrement libre de droits du fonds de CSS.

samedi 8 mai 2010

Notule Schubert - Der König in Thule (Le roi de Thulé) en version française


L'atelier principal des lutins de CSS à Qeqertarsuaq a donc mis ses forces au service de l'annexe de Qaanaaq. Voici une traduction chantable en français de l'oeuvre, et très proche du texte allemand.

Il resterait l'étape supplémentaire de l'écrire en vers sans trop s'éloigner, un jour prochain peut-être.

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Voici le fichier PDF (avec l'original en annexe ; l'usage en est totalement libre avec la seule courtoisie d'en citer la source). J'ai conservé par commodité la hauteur originale, mais il en existe des versions sensiblement plus basses sur lesquelles on peut tout à fait greffer la traduction - évidemment.

L'exercice avait déjà été tenté pour Der Atlas (un Heine dans le cycle d'éditeur Der Schwanengesang de Schubert), Waldesgespräch (Liederkreis Op.39 de Schumann sur Eichendorff) et Ich grolle nicht (Dichterliebe Op.48 de Schumann sur Heine).
C'est à mon sens un outil intéressant à plusieurs titres : tout d'abord parce qu'il permet à ceux qui ne maîtrisent pas la langue de chanter correctement ces oeuvres, au moins en guise d'entraînement (voir par exemple le chanteur débutant et la langue étrangère) ; ensuite parce qu'il procure un confort, une proximité qui permettent d'expliquer une oeuvre à un public non germanophone. Jouer la traduction pour le sens puis l'original pour les sonorités produit vraiment un bel effet.

Je suis tout disposé à discuter mes choix avec les lecteurs de CSS, parce que l'équilibre entre sens, accentuation musicale et beauté du son est toujours source de graves méditations - dont on peut partager ou non les conclusions.

En images :

samedi 1 mai 2010
samedi 1 mai 2010

Notule La place du législateur

Un moment de bonne humeur : « De toute façon, le Conseil d'État n'a trouvé aucun motif qui permette, selon lui, l'interdiction totale. Donc nous ne sommes pas étendus sur les fondements », résume un des auteurs du projet de loi. Que les honnêtes citoyens dorment en paix : les parlementaires ne perdent pas de temps à…

samedi 1 mai 2010
vendredi 30 avril 2010
jeudi 29 avril 2010

Notule [soyons amis] Difficulté comparative des instruments


Les lutins ont préparé sur un autre support, il y a quelques jours, un petit tour d'horizon qui ne tait aucun point polémique dans ce sujet. Déconseillé aux amateurs de premier degré et aux susceptibles.

Au programme :
A. Difficulté de production ou difficulté d'organisation ?
B. Difficulté de jeu (intrinsèque)
C. Difficulté de répertoire (extrinsèque)

jeudi 29 avril 2010
mercredi 28 avril 2010
mercredi 28 avril 2010
dimanche 25 avril 2010
dimanche 25 avril 2010
mercredi 21 avril 2010

Notule Sémélé de Marin Marais par les Goûts Réunis (représentations en cours)


Les Goûts Réunis proposent une formule originale : réunir un choeur amateur à un orchestre formé de musiciens en fin d'apprentissage et encadrés par quelques professionnels, afin de fournir à tous une expérience formatrice.
Avec une oeuvre par an, une fois sur deux assez originale, l'ensemble a l'occasion de fournir un vrai travail de qualité.

Ce spectacle sera redonné (sans la chorégraphie) le samedi 8 mai à 20h, Eglise de Pentemont dans le VIIe arrondissement de Paris (106, rue de Grenelle). (Tarif 15€¬, 10€¬ si réduction. Sans réservation.)

Pour 4€¬ (livret fourni), on pouvait ainsi assister samedi à la Maison de la Musique de Nanterre, dans une salle de quatre cents place tout à fait pleine, à un spectacle complet : une mise en espace entrecoupée de danses (pendant un divertissement sur deux) assurées par les Fêtes Galantes (une compagnie que dirige Béatrice Massin, chargée de recréer la chorégraphie de l'Atys de Villégier la saison prochaine).

J'ai été agréablement surpris de constater que les couleurs harmoniques de Marais me paraissaient décidément moins sinistre dans Sémélé que dans l'ensemble de ses autres oeuvres, même si l'on a perdu la dimension en principe souriante de cette oeuvre au fil de quelques coupures...

Evidemment, on ne pouvait pas exiger dans ces circonstances une réalisation musicale de qualité tout à fait professionnelle, et cependant le résultat était assez remarquable.

Quelques points faibles :

mercredi 21 avril 2010
mercredi 21 avril 2010
mardi 20 avril 2010

Notule [avant-première] Opéra de Bordeaux, saison 2010-2011


Voici plus d'une semaine que nous disposons du programme de la saison à venir, grâce à l'indiscrétion d'une de nos taupes d'un de nos fidèles lutins dans la place.

Pour les curieux qui souhaitent lire tout de suite ce qui sera dévoilé dans quelque temps, voici, par ordre chronologique (et avec nos présentations) :

mardi 20 avril 2010

Notule Jeudi

... parution du studio d 'Andromaque de Grétry (par Hervé Niquet), dont les lutins ont osé garantir qu'il s'agissait du seul opéra comparable à Don Giovanni en termes de modernité, en ce second dix-huitième. Certaines harmonies, bien plus que Gluck, annoncent même Berlioz. Sans parler des trouvailles étonnantes…

lundi 19 avril 2010
samedi 17 avril 2010

Notule Economie souterraine

Au sortir du bain, on la revêtit d'habits nuptiaux : je laisse à penser quels ils pouvaient être, et si l'on y avait épagné les diamants et les pierreries ; il est vrai que c'était ouvrage de Fée, lequel d'ordinaire ne coûte rien.

mercredi 14 avril 2010
mercredi 7 avril 2010
samedi 3 avril 2010

Notule Bouddhisme ordinaire


En entendant Angelin Preljocaj et Alain-Gérard Slama dialoguer sur France Culture autour du bouddhisme, je suis une fois de plus saisi par la vision extrêmement convenue qu'on nourrit en France de ce mouvement religieux.

Ils conviennent tous les deux du lieu commun habituel : le bouddhisme est en réalité une philosophie plutôt qu'une religion. Pour une raison simple : il y a une ligne de vie, et pas de dieu.

Ces deux dernières affirmations sont incontestables. Néanmoins, il y a longtemps que je suis convaincu du contraire, et plus en lisant le théâtre sacré bouddhique ou en fréquentant la pensée singulière de Nagarjurna qu'en lisant les romans de Hesse - ce qui ne veut pas dire qu'ils ne l'aient pas fait, bien évidemment, mais leur perception reflète certains réflexes très occidentalisés.

samedi 3 avril 2010

Notule Le retour de Clara

Orianne Moretti reprendra son spectacle entièrement consacré à Clara Wieck-Schumann les 4 et 5 mai prochains à l'Archipel (Boulevard de Strasbourg à Paris). On en avait déjà parlé l'an passé, lors des précédentes sessions. Et on peut aussi se balader dans la catégorie consacrée à Clara ici même.

jeudi 1 avril 2010

Notule Les Choéphores de Milhaud et le Gloria de Poulenc (Casadesus / ON Lille)

Le programme proposé par les forces lilloises était de premier intérêt, et jusque dans sa réalisation représente l'un des grands moments de la saison. Avec un couplage fascinant d' esthétique un peu néo- , mais au sommet de ce qui a été écrit dans cette perspective. Pour la petite histoire : en m'asseyant, je…

mercredi 31 mars 2010

Notule Internet rétro


En contemplant les publicités vantant les millions gagnés sur un clic, les bonnes affaires de chair fraîche qui attendent désespérément un mot de notre clavier, les dents blanchies en deux jours et les tours de taille diminués de moitié en deux semaines, je me faisais la réflexion d'une plongée dans le passé grâce à Internet.

mercredi 31 mars 2010
mercredi 31 mars 2010
mercredi 31 mars 2010

Notule Andromaque de Grétry par Niquet, parution discographique

On nous signale la parution d 'Andromaque de Grétry par Niquet. On espère le livre-disque, mais le programme de salle regroupait cela dit, pour une somme très modique, une somme passionnante d'articles universitaires accessibles, sur le modèle des livrets de Glossa. Peut-être en feront-il tout de même un plus…

lundi 29 mars 2010

Notule Achèvement

La précédente notule est désormais achevée : le cycle et l'oeuvre sont présentés, et vous pouvez même profiter d'une version sonore bienheureusement libre de droits, et d'une recommandation discographique que j'oserai sans pudeur qualifier d'excellente. Ne reste plus qu'à ajouter les citations, je m'efforce de le…

dimanche 28 mars 2010
mercredi 24 mars 2010

Notule Futur simple

بر سÙ†گ زدÙ… دÙˆش سبÙˆÛŒ کاشÛŒ
سرÙ…ست بدÙ… کÙ‡ کردÙ… این اÙˆباشÛŒ
با من بÙ‡ زباÙ† حاÙ„ Ù…ÛŒ گفت سبÙˆÛŒ
من چون تÙˆ بدÙ… تÙˆ Ù†ÛŒز چون من باشÛŒ

Cette nuit j’ai mis en pièces
. . . . . . . . ma cruche à vin vernissée.
J’étais bien sûr dans l’ivresse
. . . . . . . . quand j’eus ce geste insensé.

Mais l’humble pichet me dit
. . . . . . . . dans son langage de terre :
J’étais comme toi naguère,
. . . . . . . . tu seras ce que je suis.

lundi 22 mars 2010
samedi 20 mars 2010

Notule Les états de la partition du Don Carlos de Verdi


A l'heure où la version originale redevient à la mode et où la version en quatre actes, parfois agrémentée de suppléments pourtant disparus des révisions italiennes, est toujours employée, il convient peut-être, comme pour Boris jadis (et autre notule), d'effectuer un petit récapitulatif sur les différentes versions : leur histoire, leurs états, leurs différences et enfin leurs caractères.
Avec le détail des variantes.

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1. Deux, ou trois versions françaises ?



samedi 20 mars 2010

Notule Wagner, Das Rheingold (Ph. Jordan / Krämer) à l'Opéra Bastille


Les lutins s'y trouvaient hier (debout, mauvaise idée pour la seule oeuvre du répertoire qui fasse 2h40 sans aucune interruption), grâce à la générosité d'un mécène qui fit la queue pour eux tandis qu'ils oeuvraient de leur côté au Salut de la Nation.

Compte-rendu très informel (pour passer à plus utile qu'une 237892067438e critique du Ring parisien).