Carnets sur sol

vendredi 12 mars 2010

[vidéo] L'avenir des instruments de musique


Dans la série : Jacques Attali prédit l'avenir. Une vidéo assez amusante sur le sujet, truffée d'approximations, mais sympathique.


On ne va pas jouer à relever toutes les distorsions (le violon instrument du XIXe, la viole de gambe et le clavecin indispensables pour jouer Machaut, le clavecin pour lequel on ne compose plus, la musique sérielle sans mélodie). Sa prospective est purement un choix théorique, sans aucun nécessité (on pourrait soutenir des théories inverses avec le même discours un peu vague), mais le panorama est assez divertissant.

Je note juste l'illusion d'optique assez révélatrice qui consiste à formuler que la musique de cinéma serait une innovation, car opposée à la musique abstraite. Alors que la musique abstraite, de même que le théâtre non chanté, est une exception occidentale qui tient en très peu de siècles ! L'infinie majorité des musiques existant par le monde sont des musiques de culte, de danse, ou destinées à soutenir un chant.

Mais d'un point de vue classicocentré, en effet, la 'musique pure' semble la norme ; et Jacques Attali n'échappe pas à ce travers, malgré ses efforts méritoires, en parlant de la nécessité de maintenir des instruments pour jouer du répertoire passé. C'est une contrainte qui n'existe, il me semble, que depuis 1965 en Europe occidentale pour la musique classique antérieure à 1900 - pour les autres types de musique, pour les autres époques de composition et même pour les autres pays (Europe slave, Amériques...), on n'a pas cette démarche, qui est tout de même, même si à la mode, de l'ordre de l'infinitésimale exception. Il est vrai qu'elle a eu un impact considérable sur les modes de jeu et sur les publics, mais c'est cependant s'abuser que de considérer qu'il s'agit d'un mouvement de fond massif...
Partout ailleurs, on utilise les instruments actuels qu'on a sous la main pour jouer ce qu'on a envie. Et très souvent, au demeurant, on remet la musique ancienne au goût du jour, ou sinon on l'oublie. Comme autrefois en Europe.

2 roulades

vartan — 13 mars 2010

Il y a quelque chose de triste, en tout cas, à aller contempler les milliers d'instruments des "peuples primitifs", parfois très beaux, prisonniers d'une vitrine circulaire haute de plusieurs étages au musée du quai Branly. On se doute que plus personne ne sait en jouer désormais, que ce répertoire non écrit a disparu. Comme des fossiles, c'est finalement assez vain. D'autant que c'est présenté comme un ossuaire, entassé, sans aucune indication de provenance ou d'utilisation.

DavidLeMarrec — 13 mars 2010

Si on n'en fait pas de copies, c'est sûr que... Et si de toute façon le répertoire a disparu, c'est comme pour les langues tombées dans l'oubli, ça n'est d'aucune aide.

En revanche, ce que tu dis que Quai Branly et que j'ai parfois lu ou entendu, c'est assez sinistre effectivement, d'exposer sans aucun matériel critique.

Mais même au Louvre, c'est la misère. Il ne serait pourtant pas compliqué, vu la compétence des gens recrutés dans ces métiers, de faire une notice brève avec cinq lignes de biographie, cinq lignes de style et cinq lignes sur la particularité du tableau.

Et les meubles qui contiennent les fiches explicatives plastifiées sont vides, sans doute pillés par les touristes...

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