Carnets sur sol

mercredi 24 mars 2010

Futur simple

بر سÙ†گ زدÙ… دÙˆش سبÙˆÛŒ کاشÛŒ
سرÙ…ست بدÙ… کÙ‡ کردÙ… این اÙˆباشÛŒ
با من بÙ‡ زباÙ† حاÙ„ Ù…ÛŒ گفت سبÙˆÛŒ
من چون تÙˆ بدÙ… تÙˆ Ù†ÛŒز چون من باشÛŒ

Cette nuit j’ai mis en pièces
. . . . . . . . ma cruche à vin vernissée.
J’étais bien sûr dans l’ivresse
. . . . . . . . quand j’eus ce geste insensé.

Mais l’humble pichet me dit
. . . . . . . . dans son langage de terre :
J’étais comme toi naguère,
. . . . . . . . tu seras ce que je suis.

--

43

Viens, idole de mon coeur,
. . . . . . . . pour la paix de notre esprit
Résoudre par ta splendeur
. . . . . . . . l’énigme qui nous défie.

Vidons ensemble une amphore
. . . . . . . . avant que ces poteries
Ne soient quelque jour pétries
. . . . . . . . de l’argile de nos corps !

--

44

Ah, que de siècles sans nous
. . . . . . . . le monde continuera,
Sans nul souvenir de nous
. . . . . . . . ni vestige de nos pas !

Avant notre venue rien
. . . . . . . . ne manquait à l’univers ;
Après notre heure dernière
. . . . . . . . rien non plus ne manquera.

--

Omar KhayyĀm, Quatrains (Robaiyat) traduits par Gilbert Lazard. Avec un beau respect des rimes originales, et un très beau rendu en français, aussi bien les pointes des quatrains que pour le naturel du rythme français (vers de quatorze syllabes régulièrement césurés).

De la libre pensée qui ne manque pas d'avoir de l'esprit, en tout cas. Très souvent, la pointe ne se trouve pas seule et dans le dernier vers : plusieurs moments ont leur aspérité.

On aura l'occasion de commenter plus amplement l'obsession d'Omar KhayyĀm pour la dissolution cendrée des corps. C'est juste manière, pour ce soir, de goûter un petit peu cette poésie, en regard des originaux, avant de commenter son utilisation - à partir d'autres poèmes du même auteur.

25 mars 2010 00 33 44 .

4 roulades

Era — 25 mars 2010

Ceci préfigurerait-il un article sur Cras ? :)

DavidLeMarrec — 25 mars 2010

Bravo. :)

Moander — 28 mars 2010

J'avoue que quand j'avais été en Andalousie où l'on trouve de nombreux textes arabes (traduits en français), leur style m'avait beaucoup plus.

Tu aurais des conseils pour aborder la poésie arabe?

DavidLeMarrec — 29 mars 2010

Alors, en l'occurrence, c'est de l'alphabet arabe, mais c'est du persan, donc pas du tout le même système linguistique. L'imaginaire est plus commun, mais ça reste quand même singulier.

J'ai peu pratiqué la poésie arabe proprement dite, donc je ne serais pas le meilleur conseil sur la question...

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