Carnets sur sol

mercredi 13 novembre 2024

#27 LA MALÉDICTION DU TUBA INVINCIBLE : Moussorgski, Dukas, Tomasi, Escaich pour cuivres & percussions (CNSM)

Initialement publié sur le site alternatif Carnets sur sol (concerts), le 13 novembre 2024. Version d'origine.

Ossia la Malédiction du Tuba invincible.

Programme original, et très convaincant, voilà qui change des formations habituellement entendues, d'autant que chaque pièce disposait de son propre effectif.

Particulièrement ému par les Fanfares liturgiques, un des (rares) standards de Tomasi, qui se déploient très persuasivement en concert : on y entend des échos de Debussy bien sûr, La Mer dans L'Annonciation, Fêtes dans la Procession du Vendredi saint, mais déployé dans son style propre, plus simple et direct, qui culmine, à mon sens, dans la plénitude des accords de L'Évangile.

La pièce d'Escaich exploitait une mélodie du XVIe siècle, que le compositeur fait passer par diverses transformations assez réussies.

Vu l'excellence des jeunes musiciens, le principe de l'ensemble de cuivres échappait à ses écueils ordinaires, ne sonnant ni strident ni écrasant, jusqu'à ce que...

... dans l'arrangement des Tableaux d'une exposition de Moussorgski (que, pour l'anecdote, malgré l'assez vaste nombre de soirées à mon actif, j'entendais pour la première fois en concert, quelle qu'en soit la version !), apparaissent non pas un, mais deux tubas, ces créatures de l'enfer.

Et là, arriva ce qui était attendu : ces monstres gâchent tout, non seulement ils ont un impact physique saturé et épais assez désagréable mais surtout ils obturent une large partie du spectre, rendant peu audibles les lignes de trombones et de cors, ruinant tout l'équilibre et changeant la présence physique jubilatoire des cuivres en foire à la saucisse abstraite et oppressante. 

(Voilà, c'est dit.)

Pour autant, très grand plaisir que cette soirée, avec de grands moments partout où il y avait moins de deux tubas !  Entendre Boulez pour cuivres, étagé et élégant comme ses meilleures oeuvres, était aussi un bonheur. 

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