17/07/24 : Spears, The Righteous (à Santa Fé)
Initialement publié sur le site thématique « 1 jour, 1 opéra », le 17 juillet 2024. Version d'origine.

Ce 17 juillet, à l'Opéra de Santa Fé, au Nouveau-Mexique, c'est la création mondiale de The Righteous, opéra de Gregory Spears.
J'avais déjà mentionné Spears pour son opéra particulièrement réussi, Fellow Travelers, qui rapport les amours uranistes entre un jeune diplômé et un officiel sexagénaire du Département d'État, dans l'entourage de McCarthy et l'action anticommuniste américaine.
Dans le même esprit, The Righteous explore les paradoxes moraux chez l'homme proéminent de sa communauté dans les années 1980 aux USA : prêcheur-pasteur, marié à une héritière du pétrole, pressenti comme gouverneur de son État du Sud-Ouest des États-Unis, sa ferveur religieuse est redoublée par la fréquentation de sa maîtresse au tempérament mystique, ce qui crée énormément de tensions éthiques internes aux personnages.
Le langage de Spears est très consonant, un peu planant, quelque part entre les comédies post-poulencquiennes de Damase et les minimalistes américains.

L'Opéra de Santa Fé est, quant à lui, un objet singulier : créé en 1956 par le chef d'orchestre John Crosby, grâce à l'argent de ses parents, il s'agit à l'origine d'un festival d'été, où l'on joue cinq opéras – dont deux tubes et une création américaine (on y eut ainsi des premières continentales de Richard Strauss !).
Crosby a atteint le record du plus long mandat de direction d'une maison d'opéra aux USA : 1956-2000. Mais si l'on regarde du côté de l'Europe, en effet, Raoul Gunsbourg reste largement le patron.

Le théâtre actuel, qui porte le nom du fondateur, date de 1998 ; en plein air, de 2234 places (celui de 1957 en comptait 480 !), est situé en plein air, à 11 km au Nord de la ville proprement dite, lieu assez bucolique où la scène ouvre sur un très beau point de vue sur la vallée et les montagnes.
Il me semble qu'il existe aussi une saison d'hiver dans les autres salles de la compagnie.

Le directeur musical actuel est Harry Bicket, que vous connaissez probablement comme chef de The English Concert.
Écrit par DavidLeMarrec , dans 1 jour, 1 opéra