La voix de contralto
Alto et contralto. La tessiture, la couleur.
Avec de vrais morceaux d'Ewa Podles dedans.
Qu'est-ce qu'un alto, un contralto ? A quoi le reconnaît-on ? Qui peut entrer dans cette catégorie ? Qui chante ces rôles sans en être ?
A toutes ces graves questions, on pose des pistes, mais la réponse n'est pas simple, beaucoup moins, étrangement, que pour les autres catégories.
Le débat se trouve ici.
On conviendra qu'il s'agit d'une voix de femme, la plus grave - ou, par analogie[1], une voix d'homme qui a la même tessiture que cette voix de femme. Qu'elle a une sonorité profonde, souvent soyeuse. Certes. Mais après, l'étendue varie considérablement d'un individu à l'autre, et ses vrais représentants sont peu nombreux. Les rôles tenus par des mezzos sont légions, et on trouve même en la personne d'Ewa Podles un contralto qui est également mezzo dramatique ! Deux voix en une, trois bons octaves[2], c'est un phénomène qui montre bien toute l'ambiguïté de cette voix : elle est classée contralto, bien que les rôles soient rares et qu'elle chante plus volontiers les arrogants mezzos rossiniens. Classée contralto ? Parce qu'elle a les graves abyssaux idoines, et interprète volontiers la mélodie (Chopin un peu effacés, Szymanowski poignants) dans des tonalités assez basses.
Un phénomène d'ambiguïté qui est bien significatif de la difficulté à classer cette catégorie, qu'on veut, plus que tout autre, dépendante au moins autant de la couleur que de la tessiture. Attention aux illusions d'audition !
Le plus sûr est peut-être, en somme, de considérer d'abord l'étendue de la voix, et de ne pas donner trop d'importance aux sons 'gonflés'. On peut aussi être généreux, et cesser d'asséner que Jennifer Larmore n'est que mezzo, elle qui a tant servi ces rôles, et lui décerner le diplôme de contralto honoris causa.
Ordonques :
Le Conseil de la Marrécie supérieure,
Statuant en assemblée plénière en ce 19 mai de l'an de grâce 2006,
Délibérant souverainement et que nul ne contraint,
Conformément aux pouvoirs qui lui sont conférés par DLM Ier,
Souverain plénipotentiaire de l'Empire des Deux-Carnets (ou peu s'en faut),
Eu égard aux mérites constatés de Mlle Larmore,
Et ainsi que ses pouvoirs le lui permettent,
Décerne le grade de contralto honoris causa à vie
A la susnommée Mlle Larmore, mezzo-soprano de son état.
Cette décision a été prise librement par le Conseil et n'est sujette à aucune contestation.
Au nom du peuple des Deux-Carnets,
Le Conseil de la Marrécie supérieure,
Rendant la justice au nom de DLM Ier
En vertu de l'édit impérial (antidaté) du 18 mai 2006.
Écrit par DavidLeMarrec , dans En passant - brèves et jeux, Pédagogique, Glottologie
Ewa Podles, mezzo-soprano grave pouvant, parce qu´elle a un grave étendue, aborder certains rôles et airs de mezzo-contralto et contralto.
Je sais que je vais sans doute soulever des vagues ici mais je ne l´aime pas du tout: trop de simagrés sur scene, un poitrinage á outrance , un timbre désagréable.
Je préfere nettement une vraie contralto comme Nathalie Stutzmann qui est également beaucoup plus discrete.
Une vraie voix de contralto doit être capable de pouvoir descendre au moins au sol2 sans renforcer son poitrinage.
Plus le mezzo se rapproche du soprano , moins il y a de graves et plus ca poitrine.
Une autre voix dont j´aime beaucoup le timbre et qui est sans doute mezzo-contralto, c´est Marjana Mijanovic : une voix homogene, pas de poitrinage , pas
de râclage de gorge. A côté de Podles ou de Horne, c´est vraiment un régal.