Carnets sur sol

mardi 29 octobre 2024

[playlist] Marche auxerroise

Initialement publié sur le site alternatif Carnets sur sol (disques), le 29 octobre 2024. Version d'origine.

J'écoute très peu de musique en extérieur. Cependant, lors des journées de marche, pour donner du cœur pendant les moments où le chemin devient moins plaisant, il m'arrive de sélectionner quelques pièces. Devant les questions posées régulièrement à ce sujet, voici celles de ma promenade du côté d'Irancy et Coulanges-la-Vineuse.

Quelques pièces du classicisme finissant, avec les Czerny (Nonette, Grande Sérénade sur un thème de Paisiello), le Concerto pour deux cors de Ries, les concertos pour cor de Mozart (en particulièrement la poétique version Kuijken), mais surtout une thématique symphonies slaves orientales, avec Nicolaï Tchérépnine (Narcisse et Écho est un peu impressionniste et caressant pour favoriser la cinétique de la marche, mais le lyrisme et les emprunts folkloriques de La Princesse lointaine sont incroyables), Kalinnikov (la Première Symphonie, forme assez simple mais réservoir ininterrompu de tubes, on parlera de lui dans la série ukrainienne vu qu'il est mort à Odessa), la Troisième Symphonie de Glière (pour le coup un réel compositeur ukrainien, formé et exerçant sur place), très lyrique et au sujet épique, la Sixième Symphonie de Miakovski (dont le final explore Ah ça ira sous toutes les coutures), et bien sûr les grisantes symphonies 1,2,3,4 de Tchaïkovski version Tonhalle de Zürich / Paavo Järvi (leur mordant est vraiment sans pareil, des attaques de cordes d'une insolence incroyable, c'est très marquant dans les deux premières). Les autres essais, comme la Pâque russe de Rimski-Korsakov, ne produisaient pas l'effet escompté, je les ai donc laissés de côté.

J'ai poursuivi avec quelques autres symphonies ambitieuses et dont le souffle emporte, comme la Première de Franz Schmidt, où j'ai pour la première fois senti à ce point la prégnance du modèle schumannien, la Fantaisie sur des thèmes de Rusalka d'Ille & Honeck d'après Dvořák, l'Ouverture La Sorcière de Ries (dans un style post-beethovenien), ou surtout l'immense flux immergeant de la Première Symphonie de Langgaard (dans la luxueuse version Berlin-Oramo).

L'opéra était trop distrayant des émotions visuelles, j'ai donc vite laissé les scènes de Chrysothemis de côté.

https://open.spotify.com/playlist/5mTjSln8nDTQovOiwplLY1?si=af31aceb206e473d

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