Carnets sur sol

mercredi 5 février 2020

05/02/20 : Roig, Cecila Valdés (à Madrid)

Initialement publié sur le site thématique « 1 jour, 1 opéra », le 5 février 2020. Version d'origine.

Aujourd'hui, 5 février, on donne au Teatro de la Zarzuela, à Madrid, Cecilia Valdés de Gonzalo Roig, figure majeure de la musique cubaine.

Le bâtiment de 1856, rebâti en 1914 après l'incendie de 1909, était à l'origine exclusivement dédié au genre de la zarzuela, l'opéra espagnol plus léger en langue vernaculaire (leur opéra comique… mais souvent sans dialogues parlés !). Sa taille n'est pas ridicule (1250 places).

Cecilia Valdés comporte des dialogues et est écrite dans un langage parfaitement consonant (en 1932), orchestré de façon très traditionnelle, mais d'un bel effort mélodique, et mâtiné de quantité de danses typiquement cubaines.

L'intrigue reprend le roman fondateur de Villaverde (1839) : fille naturelle (et mulâtresse) d'un seigneur cubain, Cecilia s'éprend du fils légitime de celui-ci, dont elle a un fils. Elle est finalement abandonnée pour une fille blanche de la haute société.

Cecilia mandate alors son soupirant infortuné, un musicien des rues noir, pour assassiner l'inconstant le jour de son mariage. Attentat réussi, le criminel est exécuté et Cecilia jetée en prison. Fin de l'opéra léger.

Le roman détaille les relations « interraciales » bien davantage que l'opéra plus centré sur l'action, bien sûr, mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'un des rares opéras ayant des héros explicitement noirs, et du seul opéra cubain célèbre.

Pour ajouter votre commentaire, envoyez-le ici. Je le publierai à réception. (Sauf mention contraire, bien sûr.)