Carnets sur sol

dimanche 4 février 2018

[Carnet d'écoutes n°115] – Mendelssohn : Symphonies 1,3,4,5 par Andrew Manze et la Philharmonie de Hanovre


[Écoutable intégralement, gratuitement et légalement sur ordinateur ici.]

Le volume réunissant les 4 & 5 vient de paraître, et je découvre par la même occasion l'existence du précédent volume (1 & 3) par cet orchestre, la NDR Radiophilharmonie Hannover (qui n'est pas la célèbre NDR de Hambourg), l'un de mes quelques chouchous en Europe (par ailleurs, et ce n'est que partiellement une coïncidence, l'intégrale des symphonies de Sinding chez CPO, c'est eux).

Quant à Andrew Manze, après avoir été violoniste baroque, soliste chez les meilleurs, il a livré une intégrale Brahms à Helsingborg qui est désormais ma version de chevet : très directe, de belles couleurs, peu de rubato,  la structure formelle comme le contrepoint s'éclairent, avec une énergie motrice permanente !

manze

Je n'ai pour l'heure écouté que la Troisième, mais cela se confirme : un Mendelssohn à la pulsation très régulière, à la limpidité inhabituelle (beaucoup d'intégrales ont été captées par des orchestres épais dans des cathédrales nébuleuses), où les détails des articulations rythmiques et la réalité des timbres sont très précisément rendus, non sans une belle avancée de tous les instants (le mouvement lent est en particulier très réussi, les changements de climat vraiment mis en valeur). Les fugatos paraissent plus nombreux que jamais, grâce à cette radioscopie jubilatoire !

Petite réserve : il y a peut-être un rien de raideur et de froideur (pas les timbres les plus personnels du monde, c'est sûr), accentués par la prise de son Pentatone, un peu trop proche et asséchée, comme souvent (mais plus réaliste que d'ordinaire, moins déformée par le mixage).

En tout cas, du Mendelssohn qui claque, et combien joliment !

manze

Depuis quelques années, les intégrales se sont accumulées, et rien que dans le genre nerveux, Nézet-Séguin-COE, Heras-Casado-Freiburger Barockorchester ou Poppen-Saarbrücken constituent de fantastiques références !

Par ailleurs, il reste les beaux classiques Dohnányi-Vienne (on n'a pas fait mieux…), Ashkenazy-DSOB, Litton-Bergen, Weller-Philharmonia.

Et, en séparé dans la 3, on peut aussi profiter de Szell-Cleveland, Maag-LSO ou Goodman.

3 roulades

Ouf1er — 6 février 2018

Et l'integrale de Nezet-Seguin vient également de sortir....

DavidLeMarrec — 6 février 2018

Celle de Nézet-Séguin avec le COE, entendue lors de sa tournée, c'est absolument confondant : tout est élancé (même la difficile Deuxième), tout est réussi et cependant personnel. Je garde ma tendresse pour Dohnányi, vraiment exactement ce que j'ai envie d'entendre (les équilibres de couleur, en particulier), mais c'est à mon avis l'autre grande intégrale à écouter en priorité.

DavidLeMarrec — 6 février 2018

Sinon, j'ai écouté hier les 4 & 5 de Manze / Hanovre, le nouveau volume donc.

La Quatrième et belle, mais un brin plate, par rapport à ce qui existe de mieux du côté des couleurs et des dynamiques – le final est très réussi, mais la régularité rythmique extrême est un peu ennuyeuse dans la Procession, par exemple.

Beaucoup plus convaincu par la Cinquième, où cette lecture précise met en valeur des détails, des couleurs souvent occultés. Seul le final me paraît, à nouveau, un peu sage.

On est quand même dans les très belles réussites. Dans les années 80, lorsqu'on avait Sawallisch-Philharmonia ou Karajan-Berlin comme meilleurs choix, on se serait prosternés devant cette intégrale (je suppose que la 2 sortira, mais de toute façon, c'est plutôt un oratorio, et pas du meilleur Mendelssohn). Bien sûr, en dix ans a on a Nézet, Poppen, Heras-Casado, Litton (et auparavant Ashkenazy et Weller), ça rend la parution d'une bonne intégrale moins exceptionnelle.

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