Carnets sur sol

vendredi 14 août 2015

La devinette du mois (n°555)


La réponse à la devinette du mois de juin se trouve (en commentaire).

Pour août, voici un cru un peu difficile : il s'agit d'une transcription d'une œuvre (célèbre) d'un des compositeurs les plus joués au monde.


Je me satisfais très bien du nom du compositeur transcrit, je ne demande même pas l'œuvre, ni même le transcripteur. (C'est dire à quel point notre munificence est peu bornée.)

Difficile ? Allez, un plus évident :


Toujours pas ?

Voici ce qu'a fait un autre compositeur (qui, lui, ne parlait pas de transcriptions !) sur le même corpus :


Comme toujours, des lots sonores à gagner.

Si le mp3 n'est pas encore fonctionnel, voyez cette ancienne version de la notule.

12 roulades

lu — 18 août 2015

Verdi.

David Le Marrec — 18 août 2015

Bravo Lu— !

Je comptais sur toi à vrai dire… Tu peux donc balancer le nom de l'arrangeur-recompositeur initial.

Je suis impressionné (que tu aies écouté, mais plus encore que tu arrives à retrouver de quoi c'est tiré).

Maintenant, les autres peuvent sans doute identifier de quoi la seconde série est tirée (la première, moi-même je ne suis pas bien sûr…).

Diablotin — 17 août 2015

Le compositeur qui ne parlait pas de transcription évoquait sans doute des paraphrases ?

David Le Marrec — 17 août 2015

Non, ce n'est pas une paraphrase non plus – ce serait à la rigueur plus proche de la réminiscence, mais on est quand même bien au delà, pour l'un comme pour l'autre.

lu — 18 août 2015

je ne sais même plus si j’ai écouté (pas en entier, en tout cas), mais j’ai tout de suite reconnu la patte de Finnissy, donc ça ne pouvait être que Verdi. :p

(en bas, ce sont des fantaisies sur, ou un truc du genre ?)

David Le Marrec — 18 août 2015

Oui, bravo !

Il s'agit de la IVe, puis de la IIIe des Verdi Transcriptions (Premier Livre, 1995) de Michael Finnissy (né en 1946). En l'occurrence, on entend l'infatigable défricheur Ian Pace, dans le disque paru chez Métier.

Ça ne ressemble absolument pas à du Verdi, mais c'est assez chouette en fait. Beaucoup de relief, un discours assez facile d'accès (pas dans le détail, mais les lignes de forces sont très perceptibles), et une réelle identité d'une pièce à l'autre : le sujet l'a manifestement mis en verve – alors que Verdi au piano paraît un contre-sens, mais cela lui procure, semble-t-il, la simplicité d'architecture et l'enthousiasme dont on peut manquer dans les pièces trop complexes. (Après, Finnissy est spontanément plutôt sensible à ces questions, il n'écrit pas des trucs abscons non plus.)

La première pièce, je me figure que c'est « Andiam, ardir, celiamoci », le petit chœur des sbires du Comte de Luna, à la fin du II du Trouvère, surtout à cause du staccato sur rythmes égaux, mais avec écriture mélodique en quinconce. Sinon, en termes de mélodie et d'harmonie, évidemment aucun point commun avec aucun Verdi.

Je n'ai pas trouvé ce qu'était la seconde, mais on entend très nettement une marche harmonique familière (ce pourrait être plein de choses), qui permet en tout cas de ce rendre compte que le compositeur transcrit appartient du XIXe siècle. Oui, c'était censé vous faire trouver Verdi, mais je n'avais pas trop d'illusions.

--

Quant à l'autre œuvre présentée, ce n'est pas une fantaisie non plus, c'est encore plus libre que ça… (je trouvais piquant qu'on nomme « transcription » quelque chose qui n'a plus rien à voir avec l'original, et « improvisation libre » une réexploitation beaucoup plus méthodique – je n'en ai conservé que les transitions les moins thématiques)

Les plus glottophiles d'entre nous ont dû l'entendre récemment, l'œuvre est toute fraîche…

lu — 18 août 2015





bon amusement.

David Le Marrec — 18 août 2015

Oh, merci infiniment ! (ah oui, vu les carrures complètement asymétriques, pas étonnant qu'on ne retrouve pas grand'chose !)

À la lecture, « Il maledetto non ha fratelli » de Nabucco est assez évident. Effectivement, c'est la grande descente harmonique qu'on entend ! Totalement altérée évidemment, mais visuellement, ça y ressemble beaucoup plus.

Ça me donne envie de réécouter tout ça, maintenant !

Merci, c'est toi qui donnes le cadeau, finalement !

Diablotin — 18 août 2015

Je me doutais bien qu'il s'agissait de VERDI, vu tes commentaires sur mon blog et mes interrogation quant aux paraphrases, mais du coup, c'était un peu de la triche et je n'ai rien dit ;-)

lu — 18 août 2015

David Le Marrec :
Merci, c'est toi qui donnes le cadeau, finalement !

comment ?!
moi qui espérais un enregistrement pirate de Don Carlos… :’(

David Le Marrec — 19 août 2015

@ Diablotin :
Il ne faut pas hésiter à tricher… par exemple pour déduire de qui est l'improvisation ! (pas bien compliqué)

@ Lu— :
Oh, mais il suffit de demander. Tu nous fais un petit compte-rendu glottocentré après ?

David Le Marrec — 21 août 2015

Bien, comme personne n'a trouvé : l'improvisateur de la seconde série d'exemples, c'était Jean-François Zygel, pendant l'entracte de la retransmission du Trouvère de Verdi sur France 2 (puis CultureBox). Thèmes transformés (enrichis) harmoniquement, remployés et distordus, mais nettement identifiables lorsqu'on fait entendre toute la pièce :

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