Carnets sur sol

mercredi 19 novembre 2014

[T'es mort] — La devinette du mois de novembre


En attendant de répondre proprement aux derniers commentaires, de dire un mot de Cléopâtre au TCE (en particulier pour sa remarquable diversité de techniques), d'énoncer des choses (peut-être) plus substantielles sur les nombreux opéras de Debussy, la discographie de l'air de cour, Sémiramis de Destouches ou l'évolution de la passacaille jusqu'au vingtième siècle… l'indispensable devinette du mois.

Elle est visuelle, cette fois. Et les lecteurs les plus anciens (et fidèles, sinon ça ne compte pas) de CSS ne pourront pas s'y tromper.



… et plus loin :


Comme d'habitude, des bandes inédites à gagner.

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(La réponse figure désormais dans les commentaires, ainsi qu'un lien vers une version sonore.)

8 roulades

Lucky — 20 novembre 2014

I diamanti della corona
Opéra comique en trois actes
Livret : E. Scribe
Traduction italienne : M. Marcello
Musique : Daniel-François-Esprit Auber

Benedictus — 20 novembre 2014

S'il n'y avait eu que la première page, j'aurais plutôt penché pour une adaptation de la Marche du 1er Zouaves par Phil Glass.

DavidLeMarrec — 21 novembre 2014

Huhu, bien vu Benedictus !


Bravo à Lucky, qui a donc trouvé tout de suite, malgré le piège pernicieux de l'italien. Ce sont donc les Diamants de la Couronne d'Auber, dans une traduction italienne. Et plus précisément la merveilleuse « Ballade des Enfants de la Nuit ». J'aime beaucoup l'effet tournoyant des « pan-pan », de simples arpèges mais en tuilages, chaque pupitre prenant la relève sur le précédent.
Pareil, de très beaux effets de « relève » de ce genre dans les chœurs qui ponctuent la ballade proprement dite (le premier extrait est situé avant, et repris après). Simple, mais roboratif. Une des rares pièces que je peux écouter en boucle — tiens, voilà un sujet de liste amusant.

J'en avais déjà parlé il y a sept ans, jour pour jour — vous y trouverez l'extrait sonore. J'y reviendrai volontiers, partition en main, mais je n'aurai pas le temps ce soir, et peut-être pas non plus dans les prochains jours non plus. Nous verrons.

Au passage, je me pose une question depuis longtemps : il n'est pas dans l'usage de laisser planer le mystère poétique dans ce type de pièce (vu le nombre de vaudevilles écrits par Scribe, il est là à son affaire !), or je ne vois pas bien quelle serait la référence (et le lien avec le reste de l'intrigue, contrairement aux ballades fondatrices habituelles) des enfants de la nuit.
Est-ce une fantaisie mystérieuse de Scribe (très réussie au demeurant), ou une allusion à un sujet en vogue qui n'a manifestement pas autant séduit la postérité ?


Lucky, vous n'avez pas laissé votre adresse, vous pouvez m'écrire pour votre lot (colonne de gauche).

Chris3 — 21 novembre 2014

C'est marrant, il me semblait pourtant connaître cette ballade, mais je ne me souviens pas de ces "pan pan" (du moins dans la version française). En même temps, je ne l'ai entendue qu'une seule fois, et il y a une vingtaine d'années de cela !

DavidLeMarrec — 21 novembre 2014

… en m'entretenant doctement avec moi-même (on a les loisir qu'on veut), je me dis que finalement, il doit tout bonnement s'agir d'une parabole (un apologue ?) simplissime qui raconte l'histoire (réelle ou légendaire) de l'un des hommes rédemptés par la Catarina. En somme, comme dans les autres ballades fondatrices des opéras français d'alors, on raconte exactement l'histoire qui va se dérouler sur scène, mais drapée dans des atours magiques qu'elle va tout à fait perdre au cours de la représentation — car Scribe est toujours assez narquois avec ses héros.

Ça fonctionne ainsi dans la Dame Blanche ou dans Fra Diavolo, par exemple.

DavidLeMarrec — 21 novembre 2014

Bonsoir Chris3 !

Si, si, ça y est dans la version française ; tu peux vérifier, j'ai donné le lien vers la bande son (celle que tu dois avoir, je ne crois pas qu'il y ait eu beaucoup d'autres intégrales, même non captées, de notre vivant).

Chouette pièce, n'est-ce pas ? (D'ailleurs, les Diamants sont clairement ce qu'Auber, par ailleurs pas le plus grand compositeur de sa génération, a fait de mieux à mon sens.)

Chris3 — 21 novembre 2014

Oui, merci David, effectivement, j'ai écouté, j'ai bien entendu les fameuses onomatopées !
D'Auber, je connais surtout les ouvertures d'oeuvres lyriques et quelques musiques de ballet, c'est agréable à écouter à défaut de laisser une impression inoubliable...

DavidLeMarrec — 22 novembre 2014

La plupart de ses œuvres sont d'agréables divertissements pas très substantiels, effectivement. Néanmoins, outre les Diamants de la Couronne, immense réservoir de tubes, à l'intrigue palpitante et qui joue très habilement des codes attendus de l'opéra comique… il y a quand même Le Domino noir, qui se défend bien, et la meilleure Manon Lescaut du répertoire (pas difficile, cela dit, vu le niveau des trois autres). Sans atteindre, il est vrai, la densité musicale d'Hérold, du Pardon de Ploërmel, ou même le pittoresque de la Dame Blanche.

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