Carnets sur sol

jeudi 28 juin 2012

Exclusif - Fanitude et lycanthropie


Abstract à l'intention de ceux des fans de Renée Fleming dont les compétences en lecture seraient limitées :
dans cette notule, je vous charrie (plus ou moins gentiment, c'est selon).


Depuis que j'ai commis l'imprudence de publier un avis réservé - pas particulièrement assassin non plus, juste un sentiment personnel d'inadéquation à la Comtesse Madeleine et à Arabella - sur Renée Fleming à propos d'une production parisienne en cours, je vois défiler en ces paisibles lieux une succession de personnages assez amusants. Tout ont en commun d'accuser le rédacteur de dire pis que pendre de Renée Fleming, lui prêtant au passage toute une série de propos jamais tenus - me voilà donc changé en une sorte d'ennemi idéal, une genre de moulin à vent à l'usage des glottophiles grognonss.

Ce serait assez banal dans l'univers glottocentré si je ne constatais que l'intégralité des commentateurs concernés n'ont jamais lu ce à quoi ils répondaient, sans que rien ne prouve le canular. C'est pourquoi la galerie d'artistes contient quelques décalages assez amusants que j'offre aux lecteurs amateurs de ce genre d'incongruités. On les rencontre sous le fil prospectif (aucun ne semble avoir remarqué qu'à cette date, je n'avais pas vu le spectacle...), ou à la suite du compte-rendu.

La tendance paraît plutôt contagieuse, puisqu'on croise sur d'autres sujets quelques infirmités du second degré.
Dans la réforme annoncée de l'Hadopi, peut-être devrait-on inclure l'interdiction en écriture dans les accès à Internet pour les individus dont les liaisons nef optique-cerveau ou cortex-muscles zygomatiques sont diagnostiquées comme endommagées.

Je précise bien sûr, à l'intention des plus susceptibles, que j'ai croisé beaucoup d'admirateurs de Renée Fleming qui (même s'ils ont nécessairement tort, puisqu'ils ne pensent pas comme moi, bien entendu) sont pourvus de toutes les lettres qu'on peut souhaiter. Comme pour les wagnériens, les meilleurs sont ceux qui parviennent à se moquer de l'objet de leur dévotion. Les autres sont potentiellement dangereux - surtout les wagnéromanes, qui contrairement aux flemingopathes, sont susceptibles de mordre jusqu'au sang les soirs de pleine lune. Consultez votre calendrier sélénaire lorsque vous réservez pour Tristan.

12 roulades

klari — 29 juin 2012

Le jour où tu oseras dire du mal d'un récital Wagner par Kavakos, tu auras affaire à moi.

Ah mais.

Ugolino le profond — 29 juin 2012

Il porte des casques à pointe, Kavakos, maintenant ?

DavidLeMarrec — 30 juin 2012

Pas encore, mais d'ici huit semaines, il sera acheté par l'Allemagne avec le reste. Il sera alors obligé de jouer la vraie musique, exclusivement.

klari — 30 juin 2012

hgggggn, hou, ça fait mal.

Ugolino le profond — 30 juin 2012

Ca ne changera pas grand chose pour Kavakos, il ne joue déjà que les œuvres les plus courues du répertoire.

DavidLeMarrec — 1 juillet 2012

C'est juste, comme les concertos de Hindemith ou Mansurian. :)

Plus sérieusement (parce que c'est vrai que son intérêt est plus de jouer différemment les oeuvres célèbres que de jouer des oeuvres différentes...) : quand je dis vraie musique, je veux juste suggérer qu'il faudra qu'il renonce aux concertos pour violon.

Ugolino le profond — 1 juillet 2012

Ça c'est ce qu'il enregistre de temps en temps... ça ne compte pas.

Pour ta deuxième proposition, je suis bien d'accord. Je suis tout à fait contre les concertos, d'une manière générale, qui sont beaucoup trop bourgeois.

DavidLeMarrec — 1 juillet 2012

Tout à fait, ce n'est pas représentatif, j'ai bien dit que je n'étais pas vraiment sérieux. Et puis tout le reste de sa discographie est très conventionnel aussi. Il fait partie de ceux qui sont suffisamment exceptionnels pour se confronter aux standards du répertoire sans agacer.

--

Encore la catégorie du bourgeois ! Je ne vois pas trop ce que ça veut dire. En ce qui me concerne, ça se limite surtout au fait que j'entends la plupart du temps trop de virtuosité par rapport à la quantité de musique présente dans les concertos. Les remplissages agiles ne m'exaltent pas beaucoup. Ce n'est bien sûr pas le cas de tous, mais dans le domaine du concerto pour violon, le travers est plus répandu que dans n'importe quel autre répertoire !

klari — 2 juillet 2012

Rhâ mais c'est évident, David, voyons ! Les violonistes bourgeois sont ceux qui possèdent les moyens de production ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Bourgeoisie#Th.C3.A9ories_sur_la_bourgeoisie ) d'après Wikipedia, du moins. Ce sont donc ceux qui possèdent leur propre Strad'. Comme sur des Strad', on joue des concertos, les concertos sont par extension bourgeois.

La musique prolétaire, c'est, à l'opposé, celle jouée par des musiciens qui ne possèdent pas leur propre instrument, où dont l'instrument est franchement mauvais. Par une sorte de métonymie, le quatuor, et surtout, évidemment, la partie de second violon en orchestre, sont on ne peut plus musicalement prolétaires.

J'ai bon ?

"Il fait partie de ceux qui sont suffisamment exceptionnels pour se confronter aux standards du répertoire sans agacer. "
<3 <3<3

DavidLeMarrec — 2 juillet 2012

Mais précisément, dans ce cas, Kavakos est bel et bien un prolétaire, puisqu'on lui prête les moyens de productions (auxquels son savoir-faire donne de la valeur) pour qu'il puisse gagner sa vie tout en enrichissant les possédants. Et à peu près tous les violonistes célèbres qui jouent les grands concertos sont dans ce cas, donc tout à rebours de la musique bourgeoise...

klari — 3 juillet 2012

Tu vas rire, mais je crois bien que Kavakoninet possède son propre strad' (en même temps, pour payer les mensualités du Stradi-prêt, il doit bien être obligé de jouer le plus grand nombre de concertos les plus €-gènes possibles ! ;-)

DavidLeMarrec — 4 juillet 2012

Ahahahaha.

les plus €-gènes possible

Joli !




Les commentaires sont clos sur le site archivé.

Pour ajouter votre commentaire, envoyez-le ici. Je le publierai à réception. (Sauf mention contraire, bien sûr.)