Carnets sur sol

vendredi 11 novembre 2011

Baldassare GALUPPI - Sonates pour clavier


Juste un mot pour signaler la belle intégrale en cours chez Naxos (parution ces jours-ci du deuxième volume).


Baldassare Galuppi est surtout renommé (à défaut d'être célèbre, bien sûr) pour ses opéras de type seria. Il a notamment écrit une Clemenza di Tito sur le livret de Métastase.

Dans cet opéra,

Galuppi fait valoir un beau talent mélodique, avec de belles atmosphères musicales, mais sans jamais parvenir à créer une tension dramatique - alors que Mozart, tout en écrivant lui aussi essentiellement des airs en majeurs, ménage une progression franchement spectaculaire pour le format du seria de l'ère classique.

Ces sonates pour piano sont intéressantes en ce qu'elles se situent à équidistance entre celles de Scarlatti et celles de Mozart, mais se révèlent à mon sens plus immédiatement enthousiasmantes que les deux autres sorpus. Galuppi utilise ainsi des constructions à deux ou trois mouvements, et une écriture plus habillée que Scarlatti, qui en reste souvent aux traits. Vis-à-vis de Mozart, on gagne une grande franchise de ton, un certain sens de la danse, paramètres que les constructions formelles des sonates de l'autrichien rendent souvent plus figés...

Il convient de préciser, afin de ne pas induire en erreur sur la marchandise, qu'on n'y trouvera nulle trace des mélancolies et audaces occasionnelles de Mozart dans ses sonates : il s'agit d'une musique intensément lumineuse, uniformément optimiste, de la remarquable musique roborative.

Et pour ne rien gâcher, la clarté décidée de Matteo Napoli correspond à la perfection à cette musique.

Au lieu d'écouter les sonates lumineuses mais corsetées de Haydn, mon choix est tout fait. Une recommandation des lutins, donc.

2 roulades

Ouf1er — 20 novembre 2011

"Une recommandation des lutins, donc."
Dont on ne sort jamais déçu ! j'irai écouter cela...

DavidLeMarrec — 23 novembre 2011

Oh, ce n'est pas une découverte tellurique non plus... mais j'ai envie de dire que je trouve cela plus séduisant que Scarlatti (moins ouvertement virtuose) et que Mozart (moins formel), dans le domaine des sonates pour piano solo. Ca couvre un espace temporel qui est relativement peu documenté, disons, et c'est au moins intéressant à ce titre.

Ensuite, ça n'a vraiment pas la place de la Fantaisie en ut mineur dans l'histoire de la musique, c'est l'évidence...

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