Carnets sur sol

samedi 13 août 2011

[rare] Alfred BRUNEAU - L'Attaque du Moulin (acte III) - Lovano, Bouvier, Bigot

Nouvelle publication de la chaîne YouTube de Carnets sur sol

_1. Contexte_

L'ouvrage est inspiré de la nouvelle homonyme qui ouvre le recueil collectif des __Soirées de Médan__ (Zola, Maupassant, Huysman, Céard, Hennique, Alexis). Après le succès du __Rêve__ (1891) d'Alfred Bruneau (livret de Louis Gallet d'après le roman homonyme de Zola), Léon Carvalho (directeur de l'Opéra-Comique) commande un nouvel opéra. Cette fois-ci, Zola se mêle encore plus étroitement à la rédaction du livret, et en écrit même la part essentielle, si bien que Gallet sera finalement écarté des ouvrages postérieurs de Bruneau, en collaboration directe avec Zola.

Présentation plus complète : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/08/16/1808

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_2. Synopsis_

L'action de 1870 de la nouvelle d'origine, encore trop fraîche et douloureuse, est transposée de façon bien plus positive pendant la Révolution française.

Acte I
Tableau idyllique au moulin du père Merlier, entouré de sa fille Françoise et de son gendre Dominique. Seuls les souvenirs de Marcelline, qui a perdu ses deux grands fils dans la dernière guerre, teintent le moment d'un peu de mélancolie.
Soudain le tambour paraît, et annonce la mobilisation générale des hommes valides : la guerre est déclarée.

Acte II
Le moulin du père Merlier sert de position à l'armée française, aidée par son futur gendre, Dominique, patriote français mais d'origine étrangère - qui n'a donc pas été mobilisé. Lorsque l'ennemi vient prendre le moulin, Dominique qui n'est pas militaire est trouvé les mains pleines de poudre.
Le capitaine ennemi déclare alors son acte "contraire à toutes les lois de la guerre" et décide de faire fusiller Dominique, peut-être dans le but de le contraindre à conduire l'armée vers la butte la plus proche. Devant le refus de celui-ci, l'exécution est fixée pour le lendemain matin.
Françoise vient trouver Dominique et lui annonce qu'elle le fera fuir. Pendant ce temps, on entend le chant douloureux de la sentinelle ennemie, qui rêve à sa fiancée.

Acte III
Reprise du chant de la sentinelle. Françoise vient la distraire, avec ses compagnes, pendant qu'elle fait fuir Dominique (_ici débute notre extrait_). Cependant Dominique est surpris par la sentinelle qui le menace de sa baïonnette. Il écarte l'arme et la frappe vigoureusement à la gorge.
Fou de rage, le capitaine ennemi (oui, c'est ainsi qu'il est nommé sur la partition) menace Merlier de le tuer à la place de son gendre si on ne le retrouve pas. Celui-ci accepte avec bravoure, refusant même qu'on pousse les recherches. (_Fin de l'extrait, il n'y a qu'un choeur de soldat avant la fin de l'acte._)

Acte IV
Faute de place chez YouTube, on peut le lire ici : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/08/16/1808

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_3. Musique_

Bien que l'oeuvre appartienne au postwagnérisme français, son écriture est extrêmement sobre : très verticale, beaucoup d'accords, ce qui cadre très bien avec le propos martial et la simplicité des gens du moulin. Bruneau n'est néanmoins pas avare de modulations (voir ici : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2009/07/18/1315 ), ni d'accords de quatre sons qui apportent de la tension à son écriture d'apparence dépouillée.

Contrairement au __Rêve__ qui était certes raffiné, mais d'inspiration un peu courte, et de plus mol aspect, contrairement aussi à son "gentil" Requiem, __L'Attaque du Moulin__ est réellement une oeuvre marquante.

Je suis frappé d'y trouver, parmi les motifs récurrents, un petit motif descendant (lié aux mornes effets de la guerre) très parent de celui de la vengeance de la vieille Tili (voir là : |http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/03/26/1689 ). Il est néanmoins plus embryonnaire et moins marquant... et écrit huit ans avant Lazzari (qui compose en 1900-1901).

Et, discrètement, toute l'oeuvre est soutenue par de jolies poussées harmoniques, qui paraissent pourtant consonantes, mais qui ne demeurent jamais en repos.

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_4.Distribution_

Eugène Bigot, Orchestre de la RTF, 8 octobre 1952

Françoise : Jane Rolland
Hélène Bouvier : Marcelline
Fernand Faniard : Dominique
Jacques Bouet : La Sentinelle
Charles Cambon : Merlier
Lucien Lovano : Le Capitaine ennemi
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Yvette Darras : Geneviève
Marcel Enot : Le Tambour
Joseph Peyron : Le Capitaine français
Bernard Lefort : un jeune homme

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