[inédit] Duo des adieux (Die Walküre) en français (traduction Victor Wilder) – Part 1/3
Nouvelle publication de la chaîne YouTube de Carnets sur sol
Présentation et texte complets : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/02/09/1666
Wagner-Wilder's Wotan's farewell in French (Victor Wilder's translation)
Voici le début du duo de l'acte III de Walküre (La Valkyrie de Wilder), dont la suite avait déjà été publiée sur ce même canal. C'est la première fois qu'est publiée cette partie de la traduction de Victor Wilder. Vous pouvez à la suite écouter les deux vidéos déjà publiées qui contiennent la suite.
La traduction de Victor Wilder, en vers, demeure cependant très proche du sens du texte de Wagner (contrairement à son _Tristan_ plus librement traduit). Elle constitue une excellente approche pour les francophones.
De surcroît, sa vision est très poétique, avec un vocabulaire choisi et une expression toujours évocatrice.
Un exemple ?
Dans le premier acte, Wilder traduit le nom de Notung, de façon à lui redonner son sens. Siegmound l'appelle ainsi :
"Détresse ! Détresse ! Ainsi je t'appelle ! / Détresse ! Détresse ! Glaive en qui j'ai foi !" Et vous remarquerez, en cette fin d'acte III, l'abondance de rimes en "-esse", et notamment de nombreux "détresse" qui n'évoquent pas l'épée. Wilder tisse ainsi une fine toile de sens, assez comparable au demeurant aux recherches d'assonances de Wagner - à ceci près que Wilder sonne raffiné et élancé plus qu'archaïque et pesant.
Les modifications du texte de Wilder dans les extraits gravés par les chanteurs d'antan, pour faire "plus wagnérien", sont donc assez malvenues - en l'espèce, le nom de "Notung" est rétabli.
Il est intéressant de constater aussi que plus que la ponctuation de Wilder, c'est le rythme de la musique de Wagner (sans parler de la musique elle-même, bien sûr !) qui donne un sens plus touchant et plus profond à ce texte - vraiment du sur-mesure de qualité à peine concevable.
C'est donc un témoignage précieux qu'un enregistrement de cette traduction... auquel il faut retrancher ses défauts de réalisation. Car je fournis ici plus un document censé évoquer cette partition qu'une réelle exécution probe de toute sa musique : j'ai enregistré simultanément le chant des deux rôles et le piano, ce qui engendre un certain manque de finition... Le but étant plus de rendre l'esprit de cette rareté que de proposer une version de référence... Voyant bien qu'il y a fort à parier qu'à la scène aussi bien qu'au disque, nous ne sommes pas près d'en voir une version commerciale, on considèrera que ceci vaut toujours mieux que rien.
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Livret :
WOTAN
Un homme règnera sur le coeur virginal
De celle qui fut l'orgueil du Walhall ;
Sa faute la dépouille
De sa divinité !
Qu'elle aille filer sa quenouille,
Assis au foyer conjugal !
(Aux walkyries. - nddlm)
Du châtiment votre âme est émue ;
Eloignez-vous ! Sur l'heure envolez-vous !
Abandonnez la déesse déchue.
Si vous voulez éviter mon courroux,
Que nulle ne s'en approche,
Que nulle n'enfreigne mon voeu.
Loin de ces lieux ! Loin de la roche !
Seuls, ici, laissez-nous ; tel est l'ordre du dieu !
LES VALKYRIES, criant de douleur (nddlm)
Ah ! Ah !
(Didascalies de Wilder : Les Valkyries se dispersent avec des cris sauvages et s'enfuient tumultueusement dans la forêt. De sombres nuages descendent sur la montagne. Un éclair éblouissant déchire la nue ; on aperçoit, dans l'air, les Valkyries, qui dans un groupe serré, s'envolent à bride abattue. Bientôt l'orage s'apaise et les nuées se dispersent ; pendant la scène suivante, le temps revient peu à peu au calme et la nuit tombe lentement en passant par toutes les nuances du crépuscule. Wotan est resté seula avec Brunnhilde, toujours étendue à ses pieds. Silence solennel et prolongé. Enfin, Brunnhilde se risque à relever doucement la tête vers Wotan.)
BRUNNHILDE, timidement d'abord mais peu à peu, elle s'enhardit et monte le ton
Ai-je, à ce point, mérité qu'on me blâme
Et qu'on m'inflige un pareil châtiment ?
Suis-je, à tes yeux, une indigne, une infâme,
Qu'on me punît d'un supplice infamant ?
Ai-je commis une telle bassesse,
Que, sans pitié, l'on me jette si bas ?
O parle, père ! Vois ma détresse ;
Sans m'écouter, ne me repousse pas ;
Dis-moi, du moins, par quelle indigne offense,
Par quel forfait, rempli d'horreur,
Ta fille, hélas ! a perdu ta faveur ?
Suite ici : http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2011/02/09/1666
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Disclaimer : Amateur recording (interpretation and sound). Moreover, I am playing and singing at the same time (all roles), which is not very helpful to do this correctly. It does not pretend to be an honest version of the score : it is only made to give some idea of rare repertoire. Not to propose a reference.
Écrit par DavidLeMarrec , dans Les vidéos de Carnets sur sol