Carnets sur sol

mardi 21 décembre 2010

Legato et port de voix


Cette notule a été préparée avant de s'apercevoir qu'il existait déjà une entrée sur un sujet similaire. Aussi, pour les attaques par en-dessous et leur différenciation d'avec le port de voix, on renvoie à la notule de novembre 2007.

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1. Définition et catégories

Le port de voix (ou portamento) désigne le fait, pour un chanteur, de lier une note à la suivante en opérant un glissement. Comme un legato un peu insistant, c'est-à-dire que les deux notes seront solidement liées l'une à l'autre.

Il existe deux types de port de voix, selon les écoles de chant.

  • a) Ce peut être fait simplement en annonçant la note suivante tout en conservant la voyelle précédente. (Type Freni.)
  • b) Ce peut être fait comme un glissando, en passant par les notes intermédiaires. (Type Tebaldi / Callas : école italienne plus ancienne.)


Vous pouvez écouter ces interprètes pour vous en faire une idée.

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2. Exemple

Prenons un mot fréquent, "volons", qu'on va chanter sur l'intervalle ascendant do - fa.

  • Exécution normale : vo (do) - lons (fa).
  • Port de voix de type a) : vo (do) - o (fa) - lons (fa).
  • Port de voix de type b) : vo (do) - ooooooooo (montée jusqu'au fa) - lons (fa).

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3. Avec le son

Et voici la version sonore :


Quatre essais :
1) Un beau legato, préparé, fondé sur les consonnes constrictives ([v] puis [l]). On sent le mouvement dès la première syllabe.
2) Legato standard.
3) Portamento a), on prépare la note suivante.
4) Portamento b), on glisse vers la note suivante (généralement plutôt utilisé en descente).

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4. Homonymie

Le "port-de-voix" (ou "tour-de-gosier") est aussi à l'époque baroque française un agrément qui s'apparente au gruppetto (une ornementation qui fait le tour de la note écrite), mais c'est une autre histoire.

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Pour entendre des extraits d'attaques par en-dessous ou un portamento à l'ancienne, voir la notule précédente autour de ces questions.

Retrouver les fiches pédagogiques de Carnets sur sol.

3 roulades

Gilles — 27 décembre 2010

Et que diriez-vous que Madame Gruberova fait, quant à cette question du port de voix ? (mesurez votre réponse, sauf si elle est flatteuse, car, comme vous le savez, je suis un inconditionnel !)

DavidLeMarrec — 28 décembre 2010

Disons que c'est un port de voix de type glissando et assez appuyé (pas forcément au bon endroit puisque la note d'arrivée n'est pas toujours juste).

C'est généralement considéré comme exagéré et de mauvais goût, sans doute aussi parce que la voix (au disque) sonne plus mince que les formats qui ont l'habitude d'utiliser ces techniques.

Personnellement, je trouve que ses manières en règle générale donnent beaucoup de relief au belcanto romantique : c'est affecté, hystérisant éventuellement, mais au moins on a quelque chose de frémissant.

Enfin, à titre tout à fait personnel, je suis pour la plus grande parcimonie du port de voix, puisque mon intérêt premier va au texte, et que la prosodie peut être abîmée par un trop grand legato. Et justement, Edita Gruberová compense son legato par des appuis et des effets qui maintiennent un certain galbe (bizarre) à ses mots.


J'espère n'avoir blasphémé qu'avec mesure. :-)

Gilles — 28 décembre 2010

Point du tout. Je décèle même dans votre commentaire des compliments à son égard. Merci :-)

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