[Carnet d'écoutes] Porpora, Caldara, Graun, etc. - album Sacrificium de Cecilia Bartoli

Le visuel a comme toujours été abondamment commenté.
Vraiment impressionnant comme la voix se bonifie d'année en année... Et quel plaisir de retrouver Antonini et Il Giardino Armonico, avec leur inventivité débridée et leurs textures folles - et très belles !
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Programme très intéressant, qui contient quelques futurs tubes :
- côté virtuose façon Agitata da due venti (Griselda de Vivaldi) : Cadrò, ma qual si mira, air de Demetrio dans la Berenice de Nicola Porpora, semblablement virtuose et aussi inspiré musicalement ;
- côté élégiaque façon Gelido in ogni vena (Farnace de Vivaldi) : Misero pargoletto, air de Timante à l'acte III du Demofoonte de Carl Heinrich Graun, une longue plainte très marquante.
D'une manière générale, peu de déchet dans ce programme trié sur le volet, de quoi nourrir les idées de récital des collègues...
[Il faut dire qu'eux passent leur temps sur les scènes et pas dans les bibliothèques ou les studios, on ne peut pas tout faire...]
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Une fois de plus, elle ouvre la voie, et tire toujours l'ensemble du monde musical vers plus de virtuosité et de curiosité. Lorsqu'on songe qu'elle a fait la révolution Vivaldi à elle toute seule, en révélant qu'il n'était pas le compositeur que d'un Orlando un peu poussiéreux, mais de toute une gamme d'opéras dans le même goût que ses concertos ! Et elle le prouvait en ouvrant son album par une citation, précisément, du Printemps dans la pastorale héroïque Dorilla in Tempe.
Je suis toujours impressionné par la façon dont Bartoli parvient, à force de recherches, à échapper à la monotonie de ce répertoire. Et à traîner derrière elle l'ensemble de la profession et bonne part du public. Après ça, la manière de chant est ce qu'elle est - bizarre.
Écrit par DavidLeMarrec , dans Portraits, Carnet d'écoutes, Opéra seria
>> Lorsqu'on songe qu'elle a fait la révolution Vivaldi à elle toute seule
Jean-Christophe Spinosi a aussi peut être un peu participé non ? Sans parler d'autres chefs, comme Federico Maria Sardelli ou le tchèque Ondřej Macek (pour Argippo).
Je ne sais pas qui a fait la "révolution" Vivaldi, mais le maintient de sa popularité beaucoup y ont participé. D'ailleurs ca a tellement marché qu'aujourd'hui on ne peut pas passer au rayon classique de la Fnac sans voir les beaux visages illustrant les pochettes de La fida ninfa, Orlando furioso ou Griselda en tête de gondole. S'en est même agaçant à la longue, car on dirait qu'ils ne vendent que ca et se fichent totalement du reste. Les "News Discoveries Edition Vivaldi" qui sortent tous les 15j... pfff...
Je n'ai aucune idée de ce que le baroque représente en termes de volume de ventes par rapport au reste du répertoire "classique", mais au niveau du marketing, c'est littéralement du matraquage. Sans parler de tous ces nouveaux enregistrements sur "instruments d'époque"...
Ceci étant dit, et nonobstant mon mauvais caractère sur tout ce qui concerne le baroque, je me soigne et j'ai tout de même certains de ces albums ; et je les écoute parfois. Mon répertoire baroque est certes limité, mais tout n'est pas rangé dans ma cave. Et puis j'aime beaucoup le personnage de Bartoli, cette femme a un côté curieux, enjoué, modeste et passionné qui m'a toujours beaucoup plu, même si la texture de la voix est inhabituelle. Enfin, c'est une des chanteuses qui m'ont donné le gout de l'opéra et de Gluck, et pour cette raison, je suis toujours avec beaucoup de plaisir ce qu'elle fait.