Carnets sur sol

samedi 9 mai 2009

Pour information

Les Troqueurs de Dauvergne, (charmante) oeuvre historique de la Querelle des Bouffons, sera donnée à Paris (Cité) le 14 de ce mois. (Eh oui.)

Der Ferne Klang, oeuvre majeure de Schreker, sera donné en janvier 2010 à Berlin, mis en scène par Peter Mussbach (avec notamment Anne Schwanewilms, Anna Prohaska, Burkhard Fritz et Hanno Müller-Brachmann) ; et à Zürich, en mai, mis en scène par Jens-Daniel Herzog et dirigé par Ingo Metzmacher (avec notamment Juliane Banse et Roberto Saccà).

Enfin, on a déjà signalé les Gezeichneten du même Schreker, à Los Angeles en janvier, dirigés par James Conlon (aïe) sans qui le projet n'aurait certainement pas vu le jour (quel autre chef américain pour porter cette musique à bout de bras et convaincre un directeur d'Opéra ?) ; ce sera avec Anja Kampe (largement connue pour sa Senta bruxelloise télédiffusée) et Robert Brubaker (qui figure dans le DVD Nagano / Lehnhoff).

7 roulades

Sylvain — 10 mai 2009

Je ne l'ai pas encore écouté mais j'ai lu votre critique David et je n'arrive pas à comprendre comment Colon pourrait avoir fait un disque si mauvais alors qu'il semble être si passionné par la période.

Tiens d'ailleurs depuis notre dernière discussion sur Braunfels:
http://www.operatoday.com/content/2009/04/walter_braunfel.php
et malheureusement, il ne semble pas avoir produit l'effet escompté: "Despite the fine singing and superior orchestral performance, this run of Die Vögel hasn’t revealed a lost masterpiece".

DavidLeMarrec — 10 mai 2009

Bonsoir Sylvain !

Je ne dis pas non plus que c'est catastrophique, je ne me permettrais pas. Simplement, j'y vois une erreur dans le parti pris esthétique. Conlon sait très bien ce qu'il fait, simplement il exalte les cordes et maintient une certain opacité. Du coup, on perd tous les contrechants sur ce disque, et ce sont eux qui contiennent les contradictions harmoniques (jusqu'à la polytonalité...), le drame, l'inquiétude qui trouble toujours les flonflons pucciniens.

Ca donne une image erronée de ce qui est écrit sur la partition, et qui est beaucoup plus dérangeant et beaucoup plus riche, c'est là ce que je regrette. Même en ayant souvent joué les Gezeichneten sur mon piano, je n'entends pas les détails...

C'est aussi lié, je le crains, au fait que Conlon n'est pas un très grand technicien de l'orchestre comparé à ce que réclame ce répertoire.

Après, il l'aime, il le joue à sa manière, il le promeut, c'est merveilleux et il faut lui en savoir grandement gré, c'est certain !

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Merci pour la recension. Il n'est pas impossible que l'opacité de Conlon ait un peu plombé le Braunfels, parce que même avec Schirmer (Genève 2005) ou Roberto Abbado (Cagliari 2007), on n'a pas l'esprit ravageur du studio de Zagrosek. L'autre hypothèse sérieuse est quand même de Chris Mullin est un peu passé à côté de l'oeuvre (c'est naturel, le genre est très inhabituel dans ces contrées) : lorsqu'il parle d'agitation pour ne rien dire, alors que les Oiseaux se réunissent pour venir déchiqueter les hommes, puis prennent leur essor pour aller assiéger Zeus, je ne sais pas ce qu'il lui faut !

Maintenant, c'est le type de partition qui réclame une interprétation très concernée, sinon l'humour et le souffle ne se créent pas. Ce n'est pas comme une Tragédie Florentine, qui doit faire son effet même avec des chanteurs mollassons.

Je suis curieux d'entendre, il faudra que je surveille les radios californiennes, pour voir le job de Conlon, et les chanteurs embauchés.

Sylvain — 10 mai 2009

Oui je me couche tard aussi... et j'aime bien les flonsflons pucciniens. ;-)

En vous lisant parler de piano, je lisais hier soir que Berg avait beaucoup d'admiration pour la partition de "Der ferne Klang" de Schreker et qu'il en avait écrit une version pour piano. Je ne sais pas si c'est lui aussi qui a écrit la version de "Die Gezeichneten" que vous jouez au piano mais je serais curieux d'écouter ca.

DavidLeMarrec — 10 mai 2009

Oui, la réduction de Ferne Klang est bien de Berg. :-) C'est une oeuvre qui comporte pas mal de procédés résolument novateurs, il faut dire.

Pour Gezeichneten, je peux tout à fait vous en faire entendre un morceau, mais plutôt en privé : c'est assez difficile à mettre en place (deux mains sont peu), et je suis sur d'autres projets en ce moment. Mais à titre de curiosité, je peux vous faire passer un morceau de ma lecture...

Sinon, il est possible d'avoir une idée du symphonique de Schreker au piano avec la version pour piano (de la main du compositeur) de sa Kammersymphonie. [C'est du sport.] Ca a été publié au disque, et ça se trouvait, il y a déjà une poignée d'années, pour pas cher sur JPC.

Sylvain — 10 mai 2009

A oui, j'écouterais ca avec grand plaisir !

Sylvain — 15 mai 2009

Bonsoir David,

Mince, je ne retrouve plus la notule Braunfels, mais vraiment Die Vögel est un opéra génial !

J'ai la version Zagrosek / Kwon / Wottrich / Müller-Lorenz (quand même le chef de choeur est un peu important !) et c'est non seulement une petite merveille au niveau musical mais c'est aussi un enregistrement exemplaire.

Que j'aime entendre chanter Hellen Kwon ! Mais qu'a-t-elle chanté d'autre ?

DavidLeMarrec — 15 mai 2009

Bonsoir Sylvain !

Il faut dire que le titre n'était pas précisément explicite : [http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2009/04/14/1201-po-po-po-po-po-po-po] .

Effectivement, l'interprétation, en plus de l'oeuvre elle-même, est un délice, elle rend parfaitement justice à tout l'aspect pastiche mozartien, notamment. Et Wottrich / Kraus, et plus encore Holzmair, sont vraiment d'admirables chanteurs-diseurs - tant d'expression dans un studio, d'un compositeur dont on ne savait alors à peu près rien, et transmise sans image !

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J'aime bien Hellen Kwon, l'aigu n'est pas très aisé pour un format léger, mais la musicalité absolument remarquable - et c'est vraiment indispensable pour le rôle du Rossignol.

En intégrale d'opéra, il n'y a guère que la Flûte Enchantée de Michael Halász (Naxos), aux côtés de Herbert Lippert et Kurt Rydl - comme Reine de la Nuit.

Elle a aussi enregistré deux récitals chez Arte Nova : l'un, des 'airs favoris', l'autre, des airs de concert de Mozart. Des choses plus purement lyriques, moins légères - ce n'est pas vraiment un pur léger, c'est un lyrique léger avec manifestement une assez belle extension aiguë pour chanter la Reine mozartienne.

Bref, c'est surtout son Rossignol qu'il faut entendre.

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