Carnets sur sol

mercredi 25 février 2009

Die Gezeichneten par Nikolaus Lehnhoff - la fausse réhabilitation, III : le premier acte

(Note : Il faut croire que la mort réveille plus qu'autre chose, beaucoup de contributions aujourd'hui. Comme elles sont déjà enfouies, liens directs : )

  1. Un droit détonant
  2. Droits d'auteurs : du neuf
  3. La profession de foi de CPO


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L'ensemble des contributions de Carnets sur sol autour des Gezeichneten, dont l'ensemble des volets de cette série, se trouvent désormais regroupés dans une catégorie à part, il suffit de descendre dans la page pour retrouver les articles.

(Puisqu'on a déjà traité la question de la distribution, on se limitera à la mise en scène qui est notre objet principal ici.)

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Premier acte

Le premier acte se tient fort bien, très proche du texte : groupes des personnages éclatés sur l'immense plateau, grands seigneurs stylisés regroupés en tas de conspirateurs exubérants, conversation tempêtueuse partout. Les différents moments étant à chaque fois bien rythmés par des déplacements (notamment de Carlotta au sommet de la statue).

Toutefois, l'apparition de Carlotta affublée d'une badine assortie à son cuir noir déplace considérablement le centre de gravité du personnage vers la manipulation et la domination - ce qui n'est pas le cas dans le texte, infiniment plus insaisissable, tour à tour fragile et ingénue ou ensorceleuse et désirante.

Autre réserve majeure, les coupures invraisemblables, parfois de quelques secondes (!). Les merveilleux ensembles des chevaliers où les jeunes nobles de Gênes délibèrent pour se sortir du mauvais pas sont impitoyablement écartés. On a déjà signalé que les personnages comiques (mais qui ont une fonction, au troisième acte, autre que l'allègement) de Martucci et de Pietro étaient totalement supprimés.

La fin de ce premier acte, cependant, constitue un moment grâce assez rare dans les mises en scène d'opéra, et mérite d'être vu. Carlotta, au sommet du crâne renversé, évoque la vision de Salvago baigné dans la lumière du crépuscule (du matin), tandis que celui-ci, qui avait jeté les atours qui dissimulaient sa difformité, d'abord prostré, marche lentement vers les lumières qui se chargent d'or. Le sommet tient bien sûr dans les élans de Carlotta vers ses aigus glorieux (Sonne, « soleil » par deux fois ; riensenhaft, « gigantesque » surtout ; et (das trunkene) Auge, «l'oeil (enivré) » ), secondée par un lyrisme orchestral généralisé - qui, pour ceux qui n'écoutent pas une version Zagrosek, ne se limite pas, loin s'en faut, à un flot majestueux de belles cordes pucciniformes. C'est alors que mimant Salvago, et faisant d'une certaine façon corps avec sa vision et avec son tableau - plus qu'avec lui -, elle lève les bras tandis que les vagues orchestrales déferlent et qu'une faible lumière chaleureuse et éclatante la recouvre.

Très beau texte poétique de surcroît, mais n'insistons pas sur le sujet, ce n'est pas le propos (assez vaste comme cela), et goûtez plutôt l'extrait vidéo que nous plaçons à votre disposition :




Il est à souligner que l'implication des acteurs, et en particulier l'inspiration faciale de Schwanewilms (pour une fois, on se régale des gros plans !) servent grandement le propos.

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Vu l'expansion à chaque fois assez importante du commentaire, on brise ici pour cette notule.

3 roulades

Emile Tandonnet — 26 février 2009

Monsieur DavidLeMarrec, nous sommes venu ici sur la recommandation et la foi d'un ami.
Nous ne comprenons rien à votre charabia d'outre-Rhin.
Et puis, plusieurs articles publiés le même jour ! est-ce qu'un mensuel publie plusieurs articles par jour ? et dans cette langue barbare, n'était Robert Musil, nous en reparlerons !
Restons Français, Monsieur, et laissez-moi écouter ce concerto de Paganini où les doigts de H.H. sont de fée.

DavidLeMarrec — 26 février 2009

Cher Monsieur TANDONNET,

Je vous lis mensuellement au quotidien avec délices, et suis très honoré que vous condescendiez à une semblable visitation. Si, si, croyez-moi, sans jouer au faux dévot : ce me fait un effet canon.

Vous aurez cependant noté la présence de sous-titre jusque dans le nom du chapitre où s'inscrit. Il est question, par analogie avec les divines Plaies humaines de notre Sauveur, de stigmates, rien de moins. Et j'imagine que dans vos campagnes encore immaculées par la civilisation urbaine décadente, où l'on ne tolère pas l'indigne impureté, où la saine morale fontenoise peut encore être comprise, ce n'est pas un petit détail.

Je suis et demeure, Monsieur, votre humble etcetera et tant d'autres choses.

lou — 26 février 2009

visitation, dévot, canon, chapitre, sauveur, stigmates, immaculées et peut-être bien délices, le jardin, voilà un champ lexical labouré [et un de mieux] pour nos chères têtes blondes (ou brunes ou rousses).
Revenons au substantiel : LA TAGALOU SERA LANCEE DEMAIN, VENDREDI 27 FEVRIER, A 17 H.
Il est important d'être à l'heure, comme on le verra à la lecture.

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