Carnets sur sol

samedi 26 avril 2008

Culture très générale

Voilà déjà quelque temps que nous n'avions exercé notre badinerie perfide sur d'innocentes victimes visibles. Le peuple toujours plus nombreux des lecteurs de CSS aura donc droit à sa ration de cruauté aujourd'hui.

En visionnant une vidéo de commentaires, un extrait de journal de France 2 (sur la flamme olympique à Paris) attire notre attention. Le texte qui l'accompagne est une illustration au delà de nos espérances du phénomène de reprise en boucle de clichés dévitalisés par les journalistes.
Le motif culturel, l'expression figée, la référence, le jeu de mots deviennent des outils dans une boîte à synonymes où tout est interchangeable. Au besoin, la périphrase peut se figer à son tour (de façon fautive parfois) et désigner immanquablement la même chose pendant toute la durée de vie médiatique d'un événement.

Ici, un véritable modèle de culture très générale, qui cherche manifestement, avec la référence culturelle, à placer le journaliste du côté de l'autorité sachante, de l'objectivité par le savoir. Dommage que tout y soit à peu près faux.

Prométhée, le dieu grec qui apporta la flamme, doit se retourner sur son Olympe.

(On n'insistera pas sur le mélange métaphorique pas très gracieux entre l'expression figée "se retourner dans sa tombe" et la mythologie grecque.)

Sur le fond, la seule chose qui reste valable au milieu des erreurs, c'est en effet l'association entre Prométhée et feu. Ca rehausse le tout-venant journalistique, sans doute, comme des stigmates, mais pour ce qui est de l'édification des masses, on repassera.

Le devoir de vérification des sources n'est sans doute pas appliquable, dans le Code de Déontologie Journalistique, aux métaphores et allégories.

Si le mp3 n'est pas encore fonctionnel, voyez cette ancienne version de la notule.

4 roulades

licida — 27 avril 2008

"Prométhée, l'homme qui alluma le feu, doit retourner son steak tartare."

A peu de choses près, là au moins c'est juste.

jdm — 29 avril 2008

Evidemment, c'est Bacchus Fromussr (don't know how lucky you are) qui a mis le feu, les Tartares n'étaient pas loin, à peu de choses près, comme le dit Licida.
Tout ce foin pour te dire, David, que nous sommes toujours à ton écoute.
Sur Libellus, attends un peu, il y aura bientôt du Cage, du Joyce et du Tiramisu en dessert.

DavidLeMarrec — 29 avril 2008

Bonsoir, aimable ptérygote !

Ah bon, j'ai tout faux ?

Effectivement, je tâtonne un peu sur Libellus, de crypte en crypte à la recherche d'une infractuosité où déposer un petit rebond. Mais je ne désespère pas d'avoir la joye de goûter de tes desserts en liberté.

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