"Je dois tout à Mahler."
Le secret de la composition chez Pierre Boulez.
But there is an eminently practical reason why Mahler had no immediate followers: the Second Viennese School considered shorter pieces to be modern, and no one was especially interested in Mahler's protracted narrative breath. That came only later - for me as well. While you would never say that my music resembles Mahler's stylistically, I have nonetheless been influenced by its fundamental principles: the conception of time and the attempt to wrest continually new standpoints from the same material.
Jolie phrase, n'est-ce pas ? Avec une articulation des différentes parties de la pensée parfaitement huilée. Joli, vraiment.
Traduction maison :
Mais il existe une raison éminemment pratique pour laquelle Mahler n'as pas eu de successeurs directs : la Seconde Ecole de Vienne considérait les oeuvres courtes comme plus modernes, et nul n'était particulièrement intéressé par le souffle narratif prolongé de Mahler. Ce n'est que plus tard que c'est venu - pour moi également. Alors que vous ne diriez jamais que ma musique est apparentée à Mahler stylistiquement, j'ai néanmoins été influencé par ses principes fondamentaux : sa conception du temps et la tentative d'arracher en permanence de nouveaux points de vue du même matériau.
Rassurez-vous, si ça vous en bouche un coin, moi aussi.
Je n'avais pas spécialement remarqué le souffle narratif prolongé chez Pierrot.
Tiré d'une entrevue donnée à la Süddeutsche Zeitung, trouvée dans la partie musicale de Sign and Sight (traduction anglaise, donc). J'y cherchais une critique vibrante (avec quelque raison !) des Gezeichneten de Salzbourg où, une fois de plus, les critiques omettent, tout en en faisant la "référence absolue", de signaler l'existence de coupures très significatives - trente-cinq minutes de musique dont plus d'un tiers du dernier acte manquent, sans parler des dix-sept rôles supprimés...
Pierrot y parle aussi de Chostakovitch.
[Oui, puisque vous le demandez, il y a des restes de viande sur les murs, prévoyez petite cuillère pour pouvoir terminer votre lecture.]
Écrit par DavidLeMarrec , dans Musicontempo
Deux remarques supplémentaires :
- "J'aime écouter Tchaïkovsky à la radio". Décidément, il se ramollit, le Pierrot. Peut-être qu'il pleure même en écoutant Ralph Vaughan-Williams, ou qu'il écoute la Troisième Symphonie de Górecki en cachette ?
- On a droit à une parole assassine sur Strauss ("j'admire sa virtuosité, mais j'ai le sentiment que parfois le contenu était moins important pour lui"), mais il ne dépend pas, le petit hypocrite, l'affirmation erronée comme quoi il ne l'aurait jamais dirigé !
J'en parlais ici tout récemment : un disque avec Also sprach Zarathustra, et même Till Eulenspiegel en concert !
Il ne s'en vante pas, n'est-ce pas, le galopin.