Carnets sur sol

mercredi 7 octobre 2026

Francilie !




Oui, un paysage d'Île-de-France.
Tout près de Freneuse, c'est-à-dire sur le dessus des grandes falaises de craie de l'Yonne — que les sauvages locaux nomment fautivement Seine.

À l’occasion d’une nouvelle parution, quelques idées d’écoutes de pièces (certes mineures pour la plupart) inspirées des paysages et atmosphères d’Île-de-France où, comme vous le savez, je passe une bonne part de mon temps non consacré à CSS à battre la campagne.

Ce serait un joli projet de série vidéo (pour vous faire patienter tandis que je m’échine à chercher, enregistrer, constituer, monter les épisodes de 1899) !


Cette semaine, la précieuse série brésilienne de Naxos nous propose ainsi un Trio de Fontainebleau (de José Antônio de Almeida Prado). Qui ne m’a paru ni particulièrement prégnant – la sonate pour violoncelle a davantage de caractère, dans un genre vingtième-tourmenté un peu générique –, ni très bellifontain d’atmosphère.
D’une manière générale, je suis frappé par la grande parenté du répertoire brésilien, à partir de la fin du XIXe siècle, avec le répertoire russe et soviétique, par exemple chez Enrique Oswald et Claudio Santoro. Je ne sais pas s’il existe encore beaucoup d’échanges musicaux avec le Portugal dans le courant du XXe siècle, mais Joly Braga Santos serait également concerné.



Bien sûr, comment ne pas penser aux Promenades Op.11 d’Albéric Magnard (1893), le crétin sublime qui a manqué faire fusiller tout son village de Baron (dans l’Oise) en venant de Paris se poster en franc-tireur pour défendre sa maison. En tout cas il aimait très fort les localités de Francilie étendue.

Rien que dans ces Promenades : Saint-Cloud, Saint-Germain, Villebon, Trianon, Rambouillet.

Des pièces de salon charmantes, qui sans être les phares de leur période – difficile face aux cycles de Koechlin, Dupont ou Ropartz –, réussissent leur projet poétique. Je ne dis pas qu’on puisse identifier les villes concernées, mais quelque chose de la rêverie du marcheur y passe indubitablement.



Et puis, outre les fêtes princières, comme L’idylle de Meudon de Boësset, Les Jardins de Sceaux de Bernier ou La fête de Rueil de Charpentier, ce ne sont pas les surprises qui manquent.

Énormément de pièces de salon ou mélodies évoquant Les Prés Saint-Gervais, mais on rencontre aussi Sur la route de Barbizon, Dans les bois de Montmorency (une ronde chantée de Marc Chautagne), Les ombrages de Rambouillet (une polka pour orchestre de Fabry) ou encore une Marche à la Tour d’Henri Haye évoquant la Tour César de Provins… !

Et les évocations vont jusqu’au théâtre lyrique, avec bien sûr Les Prés Saint-Gervais de Lecocq, Les Écossais de Chatou de Delibes, et le plus confidentiel – seule la musique d’un quadrille orchestral qui en est inspiré se trouve à la BNF – mais très tentant Les Trumeaux de Bougival de Paul Henrion !
(Je n’ai jamais pu entrer dans l’église, mais il paraît qu’elle dispose en effet de quelques beaux chapiteaux historiés romans.)


… Oh mais attendez… ce n’est peut-être pas disponible en France… mais ça se trouve sur IMSLP !

Qu’est-ce que je vais enregistrer demain à votre avis ?

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