Carnets sur sol

samedi 5 avril 2025

#83 Orphée aux Enfers par Oya Kephale

Initialement publié sur le site alternatif Carnets sur sol (concerts), le 5 avril 2025. Version d'origine.

(Vestibule du théâtre Armande Béjart d'Asnières.)

Encore une réussite éclatante pour la troupe Oya Kephale : orchestre et chœur amateurs de très bon niveau, spécialistes d'Offenbach. Cette fois-ci, le défi était plus vaste que lors de précédentes productions où j'ai pu les admirer, car autant Barbe-Bleue ou Madame Favart sont des bijoux, probablement les meilleurs opéras comiques de grand format d'Offenbach (en attendant qu'ils reprennent Le Roi Carotte, déjà donné en 2012)... autant avec Orphée aux Enfers, vraiment pas l'œuvre la plus ambitieuse musicalement ni la plus aboutie dramatiquement, on peut écrire sans trembler qu'ils ont changé le plomb en or !

Proposition scénique très animée et astucieuse de leur compère habituel Emmanuel Ménard – les trois mondes sont reliés par un ascenseur, comme les différents étages d'une tour : studio d'enregistrement au rez-de-chaussée, bar nocturne au sous-sol, et, le plus amusant, bureaux blafards et mornes pour figurer l'Olympe.

(J'étais présent à la dernière représentation, au Théâtre Armande Béjart d'Asnières – je ne sais pas comment ils font pour remplir totalement six dates dans une salle aussi vaste, et qui plus est à l'extérieur de la frontière symbolique du périphe ; les copains sans doute, ça fait beaucoup de monde entre le chœur et l'orchestre, mais certainement aussi l'effet réputation !)

Orchestre en grande forme, qui accompagne avec une belle vitalité les numéros dont une large partie est tenue par des membres du chœur (ce qui est toujours plus satisfaisant, je trouve, pour le spectateur), parmi lesquels je remarque tout particulièrement la belle diction naturelle de Pierre-Guy Plamondon (Mercure) et le timbre miroitant de Cécile Dargein (Diane). Il me semble, parmi les rôles majeurs, avoir déjà aperçu Ruben Bissoli (l'Opinion Publique, version falsettiste), dont la présence charismatique (et la généreuse projection, rare chez ce type de voix) impressionne.

Parmi les rôles principaux, on retrouve plusieurs habitués de la troupe, à la fois très solides vocalement (Alice Marzuola, Eurydice, semble pouvoir tout chanter) et très généreux scéniquement (Thibaud Mercier, Orphée, toujours irrésistible), et bien sûr Thierry Mallet (Pluton), dont l'émission remarquablement construite et le timbre radieux forcent à chaque fois l'admiration.

À chaque fois un ravissement, même lorsque l'oeuvre n'est pas majeure ; en particulier sur le plan scénique, d'une cohérence et d'une justesse toujours très fortes.

Il y avait donc :

Musiciens : Chœur et Orchestre Oya Kephale

Direction musicale : Pierre Boudeville
Mise en scène : Emmanuel Ménard

Solistes

  • Eurydice : Alice Marzuola
  • Aristée/Pluton : Thierry Mallet
  • Jupiter : Franz Lavrut
  • Orphée : Thibaud Mercier
  • L’Opinion publique : Ruben Bissoli
  • Cupidon : Béatrice Beaupère
  • John Styx : Théo Le Masson
  • Mercure : Pierre-Guy Plamondon
  • Diane : Cécile Dargein
  • Vénus : Solenne de Carné
  • Junon : Laetitia Beau
  • Minerve : Myriam Baconin
  • Cybèle : Gwénaëlle Boca
  • Pomone : Faïrouz Feddal
  • Flore : Marie-Cécile De Lajudie
  • Cérès : Blandine Jenner
  • Mars : Frédéric Therisod
  • Minos : Aël Guégan
  • Eaque : Xavier Lacaze
  • Rhadamente : Xavier Perrin
  • Violons solos : Alexandre Chaminas et Carole Villain
  • Gros violon solo : Grégoire Marette

Assistant chef d’orchestre : Guillaume Roy
Assistant chef de chœur : Joseph de Habsbourg-Lorraine

Chef de chant : Laurent Amourette

Assistante mise en scène : Audrey Garcia-Santina
Chorégraphie : Faïrouz Feddal et Théo Le Masson
Costume :  Marie Leclerc
Décor : Louis Pinson et Gwenaëlle Boca

1 portamento

Nathalie — 8 avril 2025

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<p>Formidable prestation! Pierre Boudeville et Emmanuel Menard mènent cette troupe d'amateurs dont l'énergie, la générosité, l'enthousiasme partagé et bien sûr le talent permettent d'aboutir à un résultat digne de troupes professionnelles.</p>
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<p>C'est enjoué, c'est jouissif, c'est du bonheur pendant 2h30. Vivement la production 2026 !</p>
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<p></p>
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