Carnets sur sol

vendredi 4 octobre 2024

[nouveauté] Pavel Vranický (Paul Wranitzky), orchestre vol.7 (Pardubice, Štilec)

Initialement publié sur le site alternatif Carnets sur sol (disques), le 4 octobre 2024. Version d'origine.

Il y a quelques années, soucieux de ne pas laisser la mélomanie s'enfoncer dans le mythe de Mozart tout-puissant, le seul à avoir composé des symphonies de mérite avec, à la rigueur, Haydn, j'avais fortement insisté sur la qualité remarquable du legs des demi-frères Vranický – et en particulier Pavel.

Je pensais à la poignée de symphonies alors disponibles, certaines très bien interprétés par des chefs et orchestres tradis chez Supraphon (grâce au mordant et aux timbres un peu pincés des musiciens tchèques, le résultat n'est pas du tout épais ni indolent), symphonies de grande qualité, avec une originalité thématique réelle et un sens de la progression qui échappe à la simple symétrie décorative. Je ne dis pas que ça vaille les (nombreuses) meilleures symphonies de Mozart, mais leur contenu est plus substantiel que les joliesses des meilleures symphonies de Cannabich et Vaňhal (qu'il faut cependant écouter !).

Depuis, Naxos, sans nul doute vaincu par mes arguments, a lancé une grande série d'enregistrements de l'œuvre orchestrale de Pavel Vranický – que vous trouverez presque toujours au disque et dans les notices sous son nom germanisé Paul Wranitzky.

Il y a eu de très belles découvertes, mais j'avoue avoir aussi rencontré pas mal d'oeuvres du rang dans les dernières livraisons, avec sans doute quelques mauvaises impressions faussées par l'interprétation très tradi et un peu lisse des méritoires interprètes, là où l'urgence, le mordant, les couleurs d'un ensemble sur instruments anciens pourraient faire basculer la perception et convaincre de la valeur peut-être occultée de ces œuvres.

C'est le cas ici : la Symphonie "avec musique turque", les ouvertures (ses opéras sont pourtant d'excellente qualité, à commencer par son hardi Oberon, contemporain de Don Giovanni mais formulant déjà des idées et des couleurs weberiennes !) ne me bouleversent pas comme ses meilleures œuvres.

Dans cette série avec Parbudice et Štilec, commencée en 2021, je retiens surtout les ballets des volumes 4 et 5, où l'on pressent mieux la richesse et le renouvellement de l'inspiration.

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