[nouveauté] Benjamin Bernheim, « Douce France »
Initialement publié sur le site alternatif Carnets sur sol (disques), le 11 septembre 2024. Version d'origine.

Pas très séduit par cet album – je le pressentais. Bernheim est un formidable chanteur, mais sa technique très assise sur le métal trompettant est davantage calibrée pour les rôles lyriques (légers) de l'opéra que pour la mélodie. Ici on sent beaucoup la pâte (un peu visqueuse ici ou là), le métal démesuré pour du chant avec piano, les voyelles accommodées (les [i] qui deviennent des [é] dans l'aigu), la couverture vocale (est-elle bien nécessaire dans ces tessitures peu exposées ?). Pourtant Bernheim est vraiment le prince lorsqu'il allège son métal et chante de façon suspendue, avec une infinité de nuances de couleurs – comme occasionnellement dans ce disque, voyez "Au cimetière". Mais il le fait très peu depuis ce Spakos (Cléopâtre de Massenet) vertigineux où je l'avais entendu pour la première fois, et montre surtout son émission trompettante. Une lecture très opératique, donc, de tubes par ailleurs déjà documentés par les meilleurs.
(Et malgré la qualité de la diction, la nostalgie grandissante de la diction et de l'émission beaucoup plus directe des chanteurs français pré-1970, pourtant une période que je n'ai jamais connue, et avec laquelle je n'ai pas du tout découvert l'opéra.)
Écrit par DavidLeMarrec , dans Carnets sur sol (disques)