Carnets sur sol

mardi 23 juillet 2024

23/07/24 : Haendel, Giulio Cesare in Egitto (à Jérusalem)

Initialement publié sur le site thématique « 1 jour, 1 opéra », le 23 juillet 2024. Version d'origine.

🔵 Ce 23 juillet, on donne au Gerard Behar Centre, à Jérusalem, une production du Jerusalem Lyric Opera Studio & Festival, pour une représentation unique consacrée à l'architube de l'opera seria, Giulio Cesare in Egitto de Händel.

La programmation a très vraisemblablement été fixée il y a plus d'un an, mais outre que je ne connaissais pas cette salle israélienne (la plus connue et de loin la plus rayonnante restant l'Opéra de Tel Aviv), mon attention a été attirée par le choix de ce titre évoquant la colonisation d'un État voisin, qui paraît évidemment un choix symbolique d'une certaine légèreté, une fois les six derniers mois écoulés. 
(Peut-être la mise en scène de Vera Petrova travaille-t-elle d'ailleurs cette chambre d'écho, je n'en sais rien – je n'ai pas vu d'images de la production.)

Pour autant, c'est l'occasion de découvrir cette salle, manifestement important à Jérusalem malgré sa petite jauge (650 places), qui a toute sa petite histoire. 

Le centre culturel Gérard Behar s'inscrit dans la lignée de la première Maison du Peuple (souvent désignée, dans ce que j'ai pu lire, par sa simple translittération sans traduction, Beit Ha'Am), dont les projets débutent dès 1904. Le théâtre où se tient la représentation du jour a été édifié en 1983, juste à côté, et se trouve depuis 1987 incorporé dans un autre ensemble plus vaste, le Jacob & Hilda Civic Center. L'ensemble contient désormais deux théâtres, et accueille diverses formes d'expression culturelle, incluant le théâtre (parlé) et la danse.

L'histoire de son financement est intéressante en elle-même : c'est la Jerusalem Foundation qui a fourni les fonds – une fondation à vocation culturelle et sociale fondée en 1966 par un maire de Jérusalem : ouverture de parcs, plantation de forêts, édification de théâtres, de musées, de crèches, de cliniques, production d'événements culturels, financement de centres médico-sociaux, de fouilles archéologiques, de restaurations patrimoniales (incluant églises et mosquées), etc. Le nom de ce théâtre-ci provient de la contribution de Lucie et Eliezer Behar, deux ressortissants français dont le fils Gérard avait été assassiné par les nazis.

Je ne suis pas sûr que l'exécution soit particulièrement HIP (« musicologique ») considérant la date de fondation (1965), le nom (Israel Chamber Orchestra, typique des orchestres de chambre d'école néoromantique), ses directeurs musicaux (Bertini, Barshai, Berio, Talmi, Entremont…), son répertoire au disque (Tchaïkovski, Schönberg, Ginastera !) et d'une manière générale l'intérêt minime du secteur artistique israélien pour la musique baroque, ai-je l'impression – mais je n'ai pas du tout vérifié ce point.

Je ne sais si les chanteurs sont les académiciens du Lyric Opera Studio ou des invités dans le cadre du Lyric Opera Festival, mais je suis frappé par les origines des noms : hébreux évidemment, et sinon russes / ukrainiens, roumains. Ce qui reflète assez bien les zones d'influence artistique réciproques de ces nations, je trouve.

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