Carnets sur sol

samedi 19 février 2022

Si les candidats étaient des personnages d'opéra…


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Inspiré par ce modèle cartographique réjouissant, je me livre à cette petite évocation : les candidats 2022 comme personnages d'opéra.



Arthaud : Berthe (Meyerbeer, Le Prophète).
Gentille villageoise qui bascule en mode super-vénère et finit par tout brûler, son fiancé, sa belle-mère, le prêcheurs et la ville.
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Si le mp3 n'est pas encore fonctionnel, voyez cette ancienne version de la notule.

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(Margherita Rinaldi)

Poutou : Masetto (Mozart, Don Giovanni).
Assez énervé contre les puissants. A tout prévu pour reprendre ce qui appartient au petit peuple – mousquet, pistolet…
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(Piero Cappuccilli)

Mélenchon : Carlo Gérard (Giordano, Andrea Chénier).
Nostalgique des tribunaux révolutionnaires. Rapport ambigu à la justice. Doit dire des choses intéressantes, mais crie surtout très fort.
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(Renato Bruson)

Roussel : Semyon (Prokofiev, Semyon Kotko).
Gentil citoyen du rang, pas trop progressiste, un peu victime de l'air du temps.
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(Victor Lutsiuk)

Hidalgo : die Gänsenmagd / la Gardeuse d'oies (Humperdinck, Königskinder).
A l'habitude de marcher dans le caca lorsqu'elle revient du travail. En l'état des sondages, seul un Prince généreux pourrait l'élever au rang de souveraine.
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(Helen Donath)

Taubira : Zerbinette (R. Strauss, Ariadne auf Naxos).
Débarque sur un bout de caillou déjà surpeuplé. Dérange tout le monde qui était déjà installé. Repart avant la fin. Fait beaucoup de bruit quand elle s'exprime, mais personne n'est trop sûr de ce qu'elle raconte ni de ce qu'elle veut faire au juste de tous ces mots.
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(Hilde Güden)

Jadot : Antonio (Mozart, Le Nozze di Figaro).
Vous aurez beau parler du mariage de sa nièce, des forfaitures du Comte, de l'expansion russe ou du pouvoir d'achat, il en reviendra toujours à l'état de ses géraniums piétinés.
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(Philippe Sly)

Macron : Syme (Maazel, 1984).
Parle trop. Invente des nouveaux mots. Finit toujours par vous embrouiller lorsque vous voulez discuter, et par gagner.
(Syme est celui qui travaille au dictionnaire de novlangue.)
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(Lawrence Brownlee)

Pécresse : Maria-Amelia (Verdi, Simone Boccanegra).
Cherche à complaire aux hommes de pouvoir autour d'elle, ménage ses loyautés, et finit par ne plus avoir la place de parler.
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(Barbara Frittoli)


Lassalle : Somarone (Berlioz, Béatrice & Bénédict).
D'un orgueil absolument sans mesure avec son talent, il semble toujours saoul comme un cochon lorsqu'il cherche à produire des phrases.
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(Gabriel Bacquier)

Asselineau : Henri III (Chabrier, Le Roi malgré lui).
Issu des gouvernants, mais lutte contre le pouvoir. S'il n'y a pas de complot contre lui, il en créera avec beaucoup de bonne volonté !
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(Bernard Demigny)

Le Pen : Jeanne (Honegger, Jeanne d'Arc au Bûcher).
Veut sauver la France, mais trahie de toutes parts, ça sent de plus en plus le roussi.
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(Sylvie Rohrer)

Zemmour : Bégearss (Corigliano, The Ghosts of Versailles).
Prospère sur la discorde qu'il crée et semble aussi immortel que cauteleux et difforme.
« Coupez-le en deux, chaque moitié revit. Tranchez-le en morceaux, il demeure, il rampe toujours, escalade les murs, il est pure volonté, creuse le sable brûlant – vive le ver ! »
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(Brenton Ryan)



(Bien sûr, Ciotti aurait été Spoletta, il a tellement la voix, le physique et les inflexions du rôle – je ne peux jamais le prendre au sérieux, j'entends toujours le personnage de fiction lorsqu'il parle, le pauvre !)

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En plus de vous avoir (peut-être) amusés, j'espère vous avoir incité à réentendre ces petits bijoux, pour vous tirer de la déprime pré-électorale !

8 roulades

Benedictus — 19 février 2022

Excellent!
Tu n'as rien pour Nicolas Dupont-Aignan et Anasse Kazib? Ils ont pourtant davantage de parrainages d'élus que Christiane Taubira, à l'heure qu'il est.

DavidLeMarrec — 19 février 2022

Horreur, j'ai oublié Dupont-Aignan !

Anasse Kazib, pourquoi pas, on a bien trois néofascistes, on peut bien avoir trois néotrotskistes !

Diablotin — 19 février 2022

Pour Mélenchon, j'aurai bien vu Saint-Just (Von Einem, La mort de Danton), et pour Roussel, autre grand distributeur de finances, l'air "Hat man nicht auch Gold..." de Rocco (Fidelio).
Très amusant au demeurant, et riche en possibilité de propositions alternatives !

DavidLeMarrec — 19 février 2022

Rocco, je l'aurais plutôt placé du côté des petits épargnants qui votent pour une droite patrimoniale (certes peu de représentants ces jours-ci, tout le monde veut dépenser et/ou renverser la table, faire la guerre ou profiter du soutien financier mirifique de la Russie…).

Saint-Just, c'est tel qu'il se voit. J'ai essayé de les décrire tel que moi je les perçois, avec en principe un petit décalage par rapport à leurs propres représentations. Avec Saint-Just il me manquait la dimension la justice c'est pour les autres, ce que remplit assez bien Carlo Gérard. Mais ce n'était pas le plus facile pour trouver des propositions amusantes, le personnage a déjà un côté caricatural / plus grand que nature, et qui semble délibéré.

Benedictus — 19 février 2022

Saint-Just, c'est tel qu'il se voit. J'ai essayé de les décrire tel que moi je les perçois, avec en principe un petit décalage par rapport à leurs propres représentations.


Oui, mais Jeanne au bûcher aussi, on pourrait dire que c'est telle qu'elle se voit. (Mais pour le coup, un personnage de fag hag / mémère à chats qui se prendrait pour Jeanne d'Arc, je ne vois pas trop ce qui pourrait s'en approcher à l'opéra. Peut-être dans une adaptation de Tennessee Williams par des néotonals américains?)

DavidLeMarrec — 19 février 2022

Jeanne qui crie « j'ai peur » pendant qu'elle crame, non, je ne crois pas. (Je crois qu'elle veut juste dire par là que Dieu encourage à buter les métèques.)

→’ Ah oui, l'angle chats, je n'y avais pas pensé. Il y a un petit côté Platée, personnage ridicule que tout le monde voit échouer avec plaisir, elle seule restant dans l'illusion. L'Héritière de Damase, ça serait chouette (d'après The Heiress des époux Goetz, tiré de de Washington Square), courtisée pour son nom et son héritage avant d'être abandonnée en découvrant qu'elle a été déshéritée. Mais l'opéra n'a jamais été enregistré ni même radiodiffusé, je n'avais même pas le droit de dire que j'avais une bande (il y a prescription, les donateurs ne sont plus en poste et même morts pour certains).

luisa miller — 19 février 2022

Tu as fait fort avec ce billet qui m'a bien fair rigoler et qui a fait ma journée. Effectivement il manque Dupont Aignan à qui j'aurais associé Paolo Albiani. Par contre pour Monsieur Z j'aurais plutôt associé Méphisto

DavidLeMarrec — 19 février 2022

Ravi de t'avoir amusée !

Merci pour ta contribution !

Je vois que tu adores Dupont-Aignan pour l'associer à Albiani. ^^ (c'est cela dit une comparaison plutôt favorable, puisque Paolo réussit une partie de ses objectifs, qui restent toujours à réaliser pour l'autre)

Sinon, Méphisto a un côté rieur qui me manque un peu chez le nôtre. Méphisto facilite les amours, aussi, et non seulement entre ethnies, mais entre essences (l'image Hélène, les Sirènes, etc.).

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