Carnets sur sol

mercredi 9 décembre 2020

Mais où est passé CSS ?


notice 4

Il est rarissime que Carnets sur sol ne soit pas alimenté (au moins) une fois par semaine. Qu'est-il arrivé, alors que nous étions semi-non-confinés et que les lutins et moi-mêmes n'avions pas d'autre chose à faire ?

J'avais le nez dans une notice de disque à fournir en urgence, sur un sujet plutôt interlope bien sûr.

Des maîtres de chapelle qui se battent à l'épée, ou qui envoient leur duc commanditaire au diable – « inclure des lycéens dans le chœur de votre chapelle, non mais ça va pas ?  ils sont bons à rien, et moi je sers la gloire de Dieu en premier, de mon prince ensuite ».

Un patchwork étrange qui fait mourir Jésus deux fois sur la croix. Dieu qui parle à coups de ré-mi-fa 1. Des Évangiles caviardés et hijackés par Salomon, Ésaïe, Jérémie et Ézéchiel.

Tout cela au sein d'une Europe morcelée entre cultes chrétiens ennemis, à peine pacifiée depuis la fin de la guerre de Trente Ans, traversée par un petit maître de chapelle de Bohême septentrionale, dont les influences italiennes procèdent de sa formation à Nuremberg.

Indice qui ne vous aidera qu'une fois son nom révélé : le compositeur a un lien étroit avec certaines versions du mythe d'Oreste.

Mon éclipse fut donc plutôt exagérément studieuse – vous ne pourrez pas m'accuser d'avoir battu la campagne ou rompu le pacte social des restrictions confinementaires. Parution du disque dans quelques mois (ce sera le second seulement du compositeur, et dans un répertoire un peu différent du premier).

Comme je ne suis pas sûr d'avoir le droit d'en parler avant parution (ni que ce serait de quelque utilité, sans la possibilité d'écouter !), je me contente de signaler que je n'ai pour autant pas cessé de visiter la musique, et que les dernières écoutes figurent dans le tableau (accessible par le lien en haut à gauche de la page) des dernières écoutes, avant report sous forme de notule. Si jamais les idées d'écoutes vous manquent, quelques grands disques ont paru – et j'en ai débusqué quelques autres dans le fonds préexistant.

Pour ce qui est de la veille des concerts franciliens, je me tiens prêt également, mais sans hâte excessive, considérant qu'un nouveau délai imposé n'est pas tout à fait improbable.

2 roulades

Diablotin — 12 décembre 2020

Bonjour David,

Parmi tes écoutes récentes, j'ai repéré le Don Giovanni des Silete Venti, version que j'ai découverte dernièrement et beaucoup appréciée ! Mais c'est parce que je n'aime pas trop Mozart en général et cet opéra en particulier que je suis friand de cette version iconoclaste -au sens premier du terme-.
Je trouve cela d'une vie extraordinaire, tout est très jubilatoire et complètement exalté, en fait, et le piaonofortiste qui plante des clous, dans ce contexte, est tout-à-fait adapté. Quant au chanteurs, ils se prennent au jeu avec beaucoup de talent.
Vraiment, une version à connaître -même si je peux comprendre que d'autres tanceront vertement la chose...-.

DavidLeMarrec — 12 décembre 2020

Bonjour Diablotin !

Ah oui, quelle chose électrisante et étrange. Un peu uniforme sur la durée (tout est traité de la même façon très percussive et pressée), mais c'est remarquablement chanté, très différent et vraiment prenant. À découvrir au moins, pour bien sentir combien Currentzis est un aimable tradi…

Ravi que ça t'ait plu au point de te faire écouter Don Gio !

Les commentaires sont clos sur le site archivé.

Pour ajouter votre commentaire, envoyez-le ici. Je le publierai à réception. (Sauf mention contraire, bien sûr.)