[ambiance] – La playlist de la Lune de sang
Afin de vous accompagner ce soir, depuis le balcon de votre mansion ou au bord d'un lac désert (où je serai peut-être moi-même), pour cette lune rouge (rousse étant plus ambigu), quelques suggestions incontournables d'écoute.
Retrouvez aussi sur CSS les précédents épisodes de la série Atmosphères :
Oh, il y en a, de la musique sur la Lune, de Casta diva aux adaptations de Cyrano (Alfano, Tamberg, DiChiera…), en passant par toutes les fantaisies poétiques de Fantasio, aux mélodies (Vaga luna de Bellini) ou aux contes antipathiques d'Orff (Der Mond) – toutes œuvres commentées ou traduites dans ces pages, et que vous pourrez retrouver grâce à la fonction recherche de la colonne de droite…
Mais la lune rouge ?
Évidemment, comment passer à côté de Wozzeck, la lune de la nuit du crime, où le reflet de l'astre éclipsé ne se distingue plus du sang versé par le couteau… ? Mais pas n'importe quel Wozzeck : plus avenant et tout aussi intense que celui de Berg, le Wozzeck de Manfred Gurlitt, écrit simultanément (et manifestement sans connaissance réciproque de leurs projets), qui culmine dans cette chaconne du couteau – car Gurlitt fait exactement la même chose, imposant à chaque tableau une forme musicale fixe.
À découvrir ici.
Bonne soirée, estimés lecteurs, et veillez, s'il vous plaît, sur vos poignards afin de ne pas polluer les lacs.
Écrit par DavidLeMarrec , dans En passant - brèves et jeux
Das Wasser ruft...
J'aime beaucoup le Wozzeck de Gurlitt, mais il n'a pas tout-à-fait la même intensité que celui de Berg, dont la fin est à mon avis à la fois plus poignante et bien plus glaçante, et où la place de l'orchestre est sans doute mieux inscrite au service de la dramaturgie et de l'émotion -le merveilleux interlude orchestral à la fin de III.4, remplacé par une intervention du choeur chez Gurlitt-
Quoi qu'il en soit, les deux oeuvres sont absolument magnifiques...