[Carnet d'écoutes n°110] – Arnold Bax, les intégrales des symphonies
Là aussi, tiré d'une contribution (non retouchée) pour Classik.
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Un quasi-classique des amateurs de symphonique, mais à peu près inconnu des mélomanes généralistes – ne me dites pas non, vous ne pourrez pas le réfuter, il n'y a par essence pas vraiment de mélomanes généralistes sur un forum spécialisé…
À titre personnel, j'aime beaucoup son caractère syncrétique (les 1 et 2 sont vraiment des récapitulations impressionnantes de l'état de l'art symphonique…), et aussi son aspect vaporeux, dont les arêtes structurelles échappent facilement (les 5-6-7 sont des sortes de Sibelius encore plus invertébrés et noyés dans des vapeurs très britanniques…).
Je ne trouve pas ça meilleur que d'autres symphonies britanniques du temps (le plus divers Vaughan Williams, les plus articulés et tempêtueux Bowen, Bliss, Moeran, Walton m'intéressent sensiblement plus), mais ça reste très intéressant – en plus ça se réécoute très bien, on peut passer très longtemps à côté de la forme…
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Prise de son très crue, avec des cordes rugueuses, des bois très verts et en avant, on entend remarquablement les détails, dans une veine combattive (explicite pour la 2, moins impérative pour la 5) qui rend tout beaucoup, beaucoup plus saillant !
Sur les conseils de Mélomaniac, j'ai cherché à poursuivre la série, mais je n'ai pu mettre la main que sur la 6 avec le Philharmonia dirigé par Norman Del Mar. Évidemment, ce n'est pas la même chose que le LPO : la prise de son reste aussi lisible, mais on retrouve l'orchestre visqueux de ces années, avec ses cordes opaques, ses vents sombrés, cette impression de grosse pâte qui ne laisse passer la lumière qu'à regret… Il a vraiment fallu attendre la fin des années 90 pour que cet orchestre tienne le rang de sa notoriété (époque où, justement, sa visibilité et son nombre d'enregistrements ont fortement décliné), et encore, cela tient vraiment des enregistrements et des chefs – les témoignages Simax ne le montrent pas comme le meilleur orchestre du moment, clairement (et ne parlons pas des Brahms avec Thomas Sanderling !).
Écrit par DavidLeMarrec , dans Intendance, Discographies
C'est marrant, cette appréciation du Philharmonia :-) Avec Sinopoli, dans les années 80-90, et en particulier dans la musique anglaise -ses très beaux Elgar, par exemple-, je ne le trouve pas particulièrement opaque. Peut-être est-ce dû aux ingénieurs du son -Sinopoli enregistrait pour DGG, le Philharmonia est beaucoup plus souvent enregistré par EMI, dont les prises de son durant les décennies 70-80-90 furent assez grises et ternes- ?
Je ne suis plus tout-à-fait un mélomane généraliste -du moins ai-je la prétention de le croire ;-) -, mais les symphonies de BAX me parlent cependant assez peu -et pourtant, j'aime beaucoup la musique anglaise !-. Plus généralement, ce n'est pas dans ce genre très formel que les musiciens anglais ont le mieux réussi, me semble-t-il.