I Rusteghi de Goldoni – Jean-Louis Benoit & Comédiens-Français
Dernières représentations au Vieux-Colombier :
D'une pièce
qui n'est pas particulièrement complexe ni originale (maris râleurs,
femmes rouées, jeunes amants, on se cache dans les placards et on
s'épouse), le meilleur est tiré, et au delà – on sent à quel point
cette veine comique où il faut remplir les insterstices flatte le
talent énorme de la troupe, Voix tonnantes, jeux de scène en permanence
(au delà de ce que dit le texte, parfois le contredisant, mais toujours
en relation étroite), compositions visuelles fortes, virtuosité de la
gestion du comique de répétition (très systématique ici, mais la salle
s'effondre de rire encore à la vingtième occurrence), folie très
virtuose de la grande scène de confusion (spectaculairement débridée
mais tout à fait intelligible)…
La mise en scène de Jean-Louis Benoit ajoute beaucoup de contenu comique, non prévu dans les didascalies, mais parfaitement compatible – ainsi la cuisine trop petite de la maison de Simon(e), qui montre la mesquinerie du tyran domestique, mais sert surtout de théâtre aux frayeurs du neveu venu à la sauvette et à l'humiliation de Canciano, autre mari bougon, avec un jeu de chaises musicales dans un espace ridiculement petit et encobré ; ou encore les rideaux métalliques qui servent de précipité, et où l'on voit chaque personnage s'agiter sur la manivelle (factice) avec les attributs de son caractère.
Un plaisir de retrouver les pitreries imparables de Christian Hecq et la voix tellement particulière de Bruno Raffaelli (c'est Kurt Moll qui parle – ou Picsou, comme on veut).
Dans un genre plus mélodramatique, la trilogie de la Villégiature était déjà une éclatante réussite, mais la franche comédie (comme pour les Commères d'André Lima, ébouriffantes) semble susciter un degré particulier d'inspiration… Jubilatoire de bout en bout sur un matériau qui aurait, dans d'autres circonstances, pu sembler chiche, et qui paraît à la limite du génie – un peu comme un opéra baroque moyen avec un continuo du tonnerre… l'impression peut être complètement renversée !
La mise en scène de Jean-Louis Benoit ajoute beaucoup de contenu comique, non prévu dans les didascalies, mais parfaitement compatible – ainsi la cuisine trop petite de la maison de Simon(e), qui montre la mesquinerie du tyran domestique, mais sert surtout de théâtre aux frayeurs du neveu venu à la sauvette et à l'humiliation de Canciano, autre mari bougon, avec un jeu de chaises musicales dans un espace ridiculement petit et encobré ; ou encore les rideaux métalliques qui servent de précipité, et où l'on voit chaque personnage s'agiter sur la manivelle (factice) avec les attributs de son caractère.
Un plaisir de retrouver les pitreries imparables de Christian Hecq et la voix tellement particulière de Bruno Raffaelli (c'est Kurt Moll qui parle – ou Picsou, comme on veut).
Dans un genre plus mélodramatique, la trilogie de la Villégiature était déjà une éclatante réussite, mais la franche comédie (comme pour les Commères d'André Lima, ébouriffantes) semble susciter un degré particulier d'inspiration… Jubilatoire de bout en bout sur un matériau qui aurait, dans d'autres circonstances, pu sembler chiche, et qui paraît à la limite du génie – un peu comme un opéra baroque moyen avec un continuo du tonnerre… l'impression peut être complètement renversée !
Écrit par DavidLeMarrec , dans Au théâtre