La bande son des huées – (Damnation, Hermanis)
Comme promis, l'ambiance de salle de la première de La Damnation de Faust à Bastille, avec les huées adressées à Alvis Hermanis (et les réactions pendant la musique).
Oui, c'est une drôle de façon de racoler les lecteurs sur un carnet qui se prétend amateur de musique, j'en conviens ; mais il faut le voir comme un document sociologique autour de la gent glottophile, comme on en a déjà publié quelques-uns : Salome au Met, Tosca en Italie et à Londres, Cléopâtre de Massenet à Paris, pour ne rien dire des ténors, ovationnés à l'occasion, qui disputent le chef en pleine représentation, ou qui demandent un verre d'eau pendant « Di quella pira » (où, pour mémoire, la mère du personnage est sur le point d'être brûlée vive).
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Aux saluts, très courte apparition d'Alvis Hermanis et de son équipe, totalement couverte par les huées. Après avoir manifesté ses remerciements à la fosse et aux plateaux, le metteur en scène repart en coulisse avec les siens, manifestement pour ne pas gêner le succès des musiciens. La bande ne permet pas de percevoir complètement à quel point les applaudissements étaient couverts par les huées, mas on se représente déjà assez bien qu'elles étaient très nombreuses.
Premières franches huées : en guise de précipité, un intertitre entre les parties III et IV. Pendant ce temps, un texte de prêchi-prêcha sur l'avenir martien de l'homme défile, comme au début de la pièce. Vous pouvez aussi entendre quelques échanges délicats, à la gloire du public glottophile, que ma ligne éditoriale de défend de transcrire (mais que l'on entend très bien).
Le pompon : rires nerveux et commentaires pendant le solo de cor anglais. Mais pas pendant le chant, on n'est pas des sauvages non plus, chez les glottophiles : il faut quand même écouter les chanteurs si on veut pouvoir les huer honnêtement.
Écrit par DavidLeMarrec , dans En passant - brèves et jeux
Le public parisien sortirait-il de sa léthargie ? On commence à noter, ici et là, quelques réactions que je trouve pour ma part très positives. Ce n'est pas parce que "la Damnation de Faust" n'est pas, à l'origine, un opéra que l'on peut s'autoriser à en faire n'importe quoi. Je n'ai pas vu la production, mais les photos parues sur le Web ont suffi à me convaincre de sa vacuité. Ce que l'on appelait autrefois "avant-garde" n'est plus aujourd'hui que du grand n'importe quoi. On peut aller très loin dans la mise en scène de certains ouvrages (certains, pas tous) à condition que cela ait un sens et apporte un nouvel éclairage à l'oeuvre. Mais combien de metteurs en scène prennent le temps de se frotter vraiment au texte et à la musique ? Il est si facile de les ignorer et d'inventer une autre pièce, sans se soucier de la musique. Il est donc sain que le public manifeste son mécontentement dès lors qu'il se rend compte que l'on se moque de lui. Merci d'avoir mis en ligne ces manifestations qui mettent du baume au coeur.