Carnets sur sol

dimanche 29 novembre 2015

Puccini – TURANDOT – J. Wilson, Nuccio, Bocelli, Tsymbalyuk – Valence, Mehta


turandot bocelli

Comme beaucoup d'autres intégrales gravées autour de Bocelli (Roméo de Gounod par Luisi extraordinaire, avec une équipe très soudée et vivante), une véritable réussie. Magnifique prise de son, qui ménage un espace vaste (mais une belle définition des timbres), Bocelli évidemment court mais très correct (pas du tout dépassé comme dans le Trovatore), et surtout Jessica Nuccio en Liù, miraculeuse : voix très dense et focalisée, qui sonne avec beaucoup de clarté, mais dotée d'une rondeur, combinant toutes les qualités de la légèreté et de la largeur à la fois !  (De loin la meilleure Liù qu'il m'ait été donné d'entendre.)

Évidemment, si l'on veut un ensemble plus équilibré ou une direction plus subtile, on peut, selon les critères, écouter Stokowski, Serafin, Erede, Downes 63, Karajan, Lombard 77, Maazel 84, Levine 88, R. Abbado…  (versions alternatives aux grosses versions glottophiles baveuses couramment distinguées)

2 roulades

Diablotin — 29 novembre 2015

Mon opéra italien préféré avec "Meurtre dans la cathédrale" de Pizzetti -mais mes goûts en la matière sont très très limités-. C'est mieux que l'ancienne version Metha, chez Decca, assez tonitruante, bien que souvent citée comme "référence" ?

David Le Marrec — 29 novembre 2015

Dans le goût des Italiens modernes, tu as peut-être quelques belles découvertes possibles : I Medici de Leoncavallo (assez marqué par les harmonies françaises), Cassandra de Gnecchi (modèle d'Elektra), Resurrezione d'Alfano, Volo di Notte de Dallapiccola (un bijou, encore consonant mais très riche) et, pour quelque chose de plus radical, Il Prigioniero du même. Tout ça vaut largement l'Assassinio de Pizzetti (à part Alfano, dans le même goût assez tradi), donc si tu n'as pas essayé, tu pourrais peut-être aimer.

Effectivement, c'est (beaucoup) mieux, à mon gré, que les précédentes versions Mehta. Celle de la Cité Interdite en 99 est vraiment pagailleuse, et même pas bien chantée, plutôt un son & lumière prestigieux qu'une version qu'on peut vraiment revoir ou réécouter. Le fameux studio de 72 est effectivement très bruyant, chanté toutes glottes dehors, pas du tout ce que j'aime ici. Dans la version qui vient de sortir, l'orchestre est moins virtuose, mais la prise de son favorise l'espace sur le brillant. Vraiment, c'est une chouette version – il y a plus expressif que Wilson et moins grêle que Bocelli, donc on peut trouver mieux dans le détail, mais pour l'ensemble, c'est une référence qui s'écoute avec beaucoup de facilité.

(Les références habituelles Leinsdorf 59, Molinari-Pradelli 65 ou Mehta 72, ce n'est pas possible pour moi.)

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