Legs Callas-EMI : dernières restaurations
Simplement un mot après avoir lu le plus grand bien des remasterisations des intégrales Callas chez EMI par Warner : on peut lire çà et là que reportés trop hâtivement sur CD au début des supports numériques, ils avaient été traités un peu maladroitement, et trop systématiquement filtrés.

Le visuel des nouveaux coffrets chez Warner.
Ce qui me rendait sceptique, parce que :
¶ le résultat obtenu ressemblait au reste du legs EMI de l'époque, pas complètement flatteur pour les orchestres (un peu secs et en arrière),
¶ mais demeurait néanmoins très net (son un peu gris, mais beaucoup de relief du côté des voix, pas du tout écrasé par un lissage brutal.
Après écoute de plusieurs volumes : en réalité, le nouveau report se révèle justement plus filtré que le précédent. Le fondu semble peut-être meilleur, mais la qualité de la prise de son initiale, le grand relief des voix, s'égalise, s'étale, se tasse quasiment.
Conséquence, si vous souhaitez absolument acheter ou offrir du Callas (il y a presque toujours de meilleurs choix, surtout en studio — à commencer par la meilleure présence de l'orchestre et les coupures des cabalettes et ensembles délicats, qui n'existent pas chez la concurrence), prenez les coffrets habituels EMI (noirs ou « Great Recordings of the Century »). Je suis sûr que ce doit coûter moins cher, en plus.
C'est peut-être une affaire de qualité de système de reproduction (le mien étant tout sauf « audiophile »), mais je m'explique mal comment la critique a pu gober le principe de la plus-value — surtout fondée sur cette histoire de filtre, alors qu'on a l'impression d'entendre un filtrage du précédent report !
Il faut dire qu'étant libre de droits, il faut bien essayer, une fois épuisé le legs à coups de coffrets à bas coût (politique très imprudente, qui s'apparente à l'échelle du disque à céder ses autoroutes qui rapportent de l'argent pour obtenir tout de suite des liquidités, immédiatement englouties dans les dépenses courantes…), de ranimer la poule aux œufs d'or.
Écrit par DavidLeMarrec , dans Disques et représentations
J'ai comparé le dernier remastering de "Madame Butterly" chez EMI avec le nouveau chez Warner, rapidement, juste pour voir... Sur un sytème plutôt "audiophile" -mais sans être hyper-analytique non plus, je préfère écouter de la musique plutôt que du son- : j'ai bien aimé la production Warner, qui apporte plus de couleurs et un son plus global tout en étant plus dynamique. Les voix sont un peu mieux spatialisées, également, avec plus de profondeur. Mais enfin, de là à l'acheter, c'est un pas que je ne franchirai pas pour des oeuvres que j'apprécie, sans plus.
Les Beethoven Philharmonia/Karajan bénéficient plus d'un nouveau transfert, pour te donner une idée.