La devinette du mois de décembre
Facile cette fois.
Pour le simple plaisir visuel :

… et comme toujours nos lots d'inédits à gagner.
22 décembre : La réponse a paru (voir en commentaires).
Écrit par DavidLeMarrec , dans Intendance, En passant - brèves et jeux
Estimés lecteurs, nous aimerions être persuadé que c'est un effet de votre goût élevé, qui vous défend les bas plaisirs glottophiles du da capo orné… qui explique l'absence de vainqueur pour cette devinette du mois.
Il s'agissait tout de même d'un immense classique de l'opéra seria baroque : « Agitata da due venti » dans La Griselda de Vivaldi, devenu un tube dès son exhumation par Bartoli à la fin des années 90 (avant même l'album Vivaldi qui changea la face de la glottophilie, ça se trouve dans le récital de Vicence en 1998). Il faut dire que l'air est très marquant par son élan général, et bien sûr son figuralisme extraordinaire, censé imiter la tempête.
Pourquoi avoir choisi cette scie (que je croyais démasquée en quelques instants) ? Parce qu'en regardant la partition, le côté graphique est très impressionnant : ces arpèges et ces notes ribattute ne sont pas du tout naturelles pour l'instrument vocal… on dirait vraiment une partition de violon. D'ailleurs, les notes répétées sur une même voyelle sont très rares dans l'histoire de l'opéra (je me suis toujours demandé pourquoi), en dehors de certains ornements à l'époque de Monteverdi. Même dans l'opéra seria du XVIIIe qui exploite toutes les possibilités de l'agilité vocale, c'est une configuration assez peu fréquente.
Pour bien percevoir tout cela, quelqu'un a conduit le travail pour moi et fait coïncider partition et sons :
Cette version Spinosi est très bonne (dans un genre percussif assez à la mode, pas déplaisant d'ailleurs), mais pour ceux qui voudraient découvrir ou réécouter l'opéra dans son entier (un des plus inspirés musicalement de Vivaldi, même s'il n'a pas le panache dramatique de Motezuma, assez imbattaque de toute façon), je recommande chaleureusement celle parue l'an dernier chez Pinchgut Opera Live : les artistes ne sont pas du tout célèbres dans nos contrées, mais tout le monde s'engage avec beaucoup d'ardeur, et les voix, semi-translucides et très expressives, façon Fuge, ne manquent pas de charme.
Pour une fois, je déconseille plutôt la version Mallon (pourtant excellent dans le seria haendelien – voir son Rinaldo), qui quoique très valable, paraît un rien indolente, même sans la comparer aux deux autres.