Carnets sur sol

mercredi 5 novembre 2014

[Carnet d'écoutes] Nouveauté (ou presque) : encore les hits de Rameau


Avec les sites en ligne, il devient aisé de se tenir informé des nouvelles parutions, et même de les écouter. Deezer, MusicMe, Qobuz le permettent dans des conditions sonores de surcroît très valables. Coïncidence (ou conséquence de la surabondance discographique), quantité d'albums intriguants ou de première qualité viennent de paraître. Cette micro-notule est la première d'une petite série.

Rameau — THE SOUND OF LIGHT — Kermes, MusicÆterna, Currentzis
-


Un beau Rameau : le son est mince, nerveux, vraiment à la suite des versions informées. Kermes réitère sa surprenante appropriation du répertoire français — surprenante, car pas vraiment exotique.

Après ça, ça reste une nième version des plus grands hits (surtout orchestraux) de Rameau : entrée de Polymnie, contredanse en rondeau, la Poule, les Sauvages…

Le saviez-vous ?
Lorsque la harpe double le basson obligé, dans Tristes apprêts (assez réussi d'ailleurs, dans le genre murmuré-suspendu), on entend le son d'un… vibraphone.

Écouter gratuitement en ligne :


7 roulades

Benedictus — 6 novembre 2014

«Simone Kermes [...] assez réussi dans le genre murmuré-suspendu»: il n’y a pas comme un pléonasme doublé d’un euphémisme?
Sinon, pas trop de contre-notes au laser, dans ce Rameau? (Parce qu’à l’inverse, c’est un aspect de son art vocal qui me trouve encore assez circonspect.)

David Le Marrec — 6 novembre 2014

:)

Non, il n'y a pas d'aigus, et pas de ses belles stridences habituelles. En revanche, toujours très pur et peu vibré, comme d'habitude. Son « Tristes apprêts » est un peu dans le goût de la « Casta diva » de Bartoli (dans un genre plus froid et métallique, bien évidemment), rien à voir avec ses aigus-laser chez Vivaldi.

Chris — 17 décembre 2014

J'ai été bien emballé par le mordant de l'ensemble des pièces !
Je me suis surprise à siffloter certains de ces airs ces derniers jours (« Tristes apprêts » et la plupart des extraits des Indes Galantes).

« Le saviez-vous ?
Lorsque la harpe double le basson obligé, dans Tristes apprêts (assez réussi d'ailleurs, dans le genre murmuré-suspendu), on entend le son d'un… vibraphone. »
L'effet que je ne m'explique pas est celui situé dans la première piste, une sorte de vibration à l'arrière plan.
Qu'est-ce donc ? Est-ce le même procédé ?

DavidLeMarrec — 17 décembre 2014

Ah oui, ceux-là sont irrésistibles. Il faut les goûter en contexte maintenant !

Le grincement en bourdon à l'arrière, c'est en fait une musette (sorte de cornemuse, mais monodique), requise dans certaines pièces pastorales, et très à la mode dans les opéras de la première moitié du XVIIIe siècle. Elles jouent même un petit rôle dramatique dans le Prologue des Indes Galantes, lorsque la Jeunesse (Hébé) est interrompue par la Guerre (Bellone), et que les tambours font taire nos musettes. Ce qui va permettre d'énoncer le concept de cet opéra : l'Amour ayant déserté l'Europe, il faut l'aller chercher dans les Indes (au sens le plus large) galantes.

Chris — 18 décembre 2014

Je te remercie pour ces précisions éclairées !

Benedictus — 19 décembre 2014

Une perplexité au sujet de ce disque: aucun des sites où l'on peut l'acheter en dématérialisé ne mentionne Simone Kermes, et sur ceux où l'on peut commander le CD, c'est une autre chanteuse qui est indiquée (Nadine Koutcher). Y aurait-il eu un quiproquo chez l'éditeur?

DavidLeMarrec — 19 décembre 2014

Après vérification dans la notice, c'est bien Nadine Koutcher. Vu la ressemblance (frappante) avec la technique et le timbre de Kermes, j'ai dû me laisser abuser (vu que c'était Currentzis, il n'y avait pas de raison, d'autant qu'elle a déjà chanté Rameau, dont la Folie, et que ça ressemblait pas mal à ça).

Tu as raison, ce n'est pas elle !

Les commentaires sont clos sur le site archivé.

Pour ajouter votre commentaire, envoyez-le ici. Je le publierai à réception. (Sauf mention contraire, bien sûr.)