Exclusif : les Chinois ont la tête en bas
On vous l'a toujours dit, et vous avez toujours cru que les Chinois tête en bas tenaient d'un bizarre préjugé qui négligeait à la légère les réalités physiques. Ou émanaient d'une crainte supersticieuse de la vindicte des Tasmaniens, c'est selon.
Il n'en est rien.
Règle n°1 : on ne peut pas leur faire confiance. Non, pas parce qu'ils sont jaunes et sournois (autre préjugé, veuillez le noter). Mais parce qu'à leurs yeux ceci :

est rouge.
Enfin, du moins pour les Philippins et les Thaïlandais, je n'ai pas vérifié ailleurs. Mais c'est suspect, donc il n'y a pas de raison que ce ne soit pas Chinois.
Règle n°2 : ils font tout à l'envers. Les langues orientales disent, à ce qu'il paraît, plus aisément « la montagne est vue » que « je vois la montagne » – mais je dois avouer bien humblement que ma fréquentation des langues d'Extrême-Orient est bien trop mince pour le confirmer. Il n'empêche, c'est suspect, donc il n'y a pas de raison que ce ne soit pas Chinois.
Règle n°3 : on ne peut peut pas leur faire confiance, ils font tout à l'envers ET ils sont pervers.
La fête de la lune se déroule au quinzième jour du huitième mois lunaire, c'est-à-dire fin septembre ou début octobre, au moment où la pleine lune est la plus lumineuse de l'année. La tradition est de s'offrir à cette occasion des gâteaux spécifiques, appelés en bonne logique gâteaux de lune, dont la croûte forme des motifs floraux ou des idéogrammes pieux, et qui contiennent la plupart du temps un jaune d'oeuf de cane (dur et salé) symbolisant l'astre fêté - ainsi que divers fourrages à haute valeur calorique. On ne crée pas impunément une tradition dans un pays confucianiste : évidemment tout le monde offre à tour de bras de ces gâteaux, pas particulièrement savoureux, et que manifestement peu de monde consomme en quantité - vu que chaque personne que vous connaissez vous en régale, ce serait de toute façon se condamner, chrétien ou païen, à la mort par étouffement.
Jusque là, ce n'est pas bien méchant, en plus les Occidentaux leur ont refilé Noël, manière qu'ils souffrent deux fois plus. Mais quelqu'un de génialement inspiré a inventé une torture raffinée (autre poncif) : l'impôt sur le gâteau de lune. Astucieux, puisque le bon peuple n'a assurément pas remettre en cause une telle tradition. En bonne logique, on devrait donc laisser aux gens la maîtrise et la prévisibilité de leur impôt, et taxer à la source, sur le prix des gâteaux ou sur celui qui les offre.
C'est là qu'arrive la composante perverse : c'est celui qui les reçoit (et il serait déjà difficile de les refuser dans des sociétés aux contraintes sociales beaucoup plus lâches...) qui paie. Et la taxe peut représenter une part non négligeable du revenu lorsque vous êtes enseveli sous les gâteries de votre patron ; on considère alors que vous bénéficiez d'un avantage en nature, que vous devez compenser en reversant une partie de votre salaire à l'entreprise.
Aussi, non seulement ils ont la tête en bas, non seulement ils sont suspects, mais par-dessus le marché ils sont hors de pair dans le domaine des sévices les plus retors.
Il ne manquerait plus qu'ils soient communistes, et on pourrait commencer à trembler.
Écrit par DavidLeMarrec , dans Vaste monde et gentils
Elle vient juste de passer cette fête de la lune avec les petites images de la déesse Chang E et les montagnes de gâteaux pas bons empilées dans les supermarchés. Pour le rose il y a un mot en chinois, fěnhóng, mais j'ai cru comprendre qu'il était assez récent, hóng veut dire rouge et fěn poudre, avec ici une connotation vers le pâle, le platreux. Rose c'est du rouge pâle.
D'après moi, les structures de phrases sont d'influence extraterrestre.