Carnets sur sol

mardi 7 mai 2013

Gustav MAHLER - Troisième Symphonie par l'Orchestre de l'Opéra (chorégraphie John Neumeier)


Un mot sur la soirée, tirée du fil de la saison :


Soirée 52 : Troisième Symphonie de Mahler, chorégraphie John Neumeier

(Samedi 4 mai 2013.)

Un plaisir d'entendre cette symphonie fonctionner en salle, dans l'acoustique propice de Bastille, et par l'Orchestre de l'Opéra. Le dernier mouvement est une sorte d'extase cosmique ininterrompue - assez bien tenue par le chef Simon Hewett, après un premier mouvement aux départs imprécis, et pour tout dire un rien mou.

Dommage que quelques dizaines de pédezouilles se soient crus obligés d'ensevelir les quatre dernières secondes du dernier accord sous les applaudissements. Comment est-ce seulement possible, si on ouvre un tout petit peu ses oreilles à ce qui se passe ?

Les césures entre mouvements, chose inhabituelle, sont longuement respectées, comme voulu par Mahler - généreuse initiative, mais qui, en plus des applaudissements à chaque interruption, crée surtout les conditions propices à un merveilleux concert de toux, astucieusement spatialisé à travers Bastille.

Visuellement, le premier mouvement est une très belle réussite, avec ses figures florales réalisées par les danseurs dans une demi-pénombre. Uniquement masculin, les sections de marche n'en sont que plus réussies. Beaucoup aimé également les postures de vaisselle chinoise du premier couple soliste, dans le troisième mouvement.
Le reste m'a semblé beaucoup plus convenu, et à la fois assez peu intelligible et plutôt plat - j'ai fini par observer surtout l'orchestre pendant les trois derniers mouvements...

Néanmoins, entre les moments de grâce chorégraphiques, la magnificence de cette musique et la qualité de l'orchestre, un moment précieux !

Retrouver le fil de la saison ici.

2 roulades

Joël — 7 mai 2013

Dommage que quelques dizaines de pédezouilles se soient crus obligés d'ensevelir les quatre dernières secondes du dernier accord sous les applaudissements. Comment est-ce seulement possible, si on ouvre un tout petit peu ses oreilles à ce qui se passe ?
Réflexe pavlovien de beaucoup de spectateurs de l'Opéra de Paris : si le rideau se baisse, c'est le moment d'applaudir.
(Le soir où j'y étais, ils étaient plus de dix à applaudir avant la fin...)

David Le Marrec — 8 mai 2013

Quand je dis quelques dizaines, ça allait effectivement chercher du côté de la solide centaine.

Je suppose que ces gens ne faisaient que regarder, parce que vraiment, cette fin est tellement suffocante, comment applaudir avant la fin ? Ce n'est pas comme la fin d'un opéra de Verdi, où l'explosion de joie est assez naturelle.

Après, j'ai essayé d'écouter ce que j'ai pu de la fin, ça ne m'a pas non plus privé de quelque chose d'incommensurable. Mais dommage tout de même. On devrait laisser à l'entrée des théâtres de petits papiers expliquant ce qui est attendu du public, ça rendrait les néophytes plus à l'aise et permettrait de mettre tout le monde d'accord sur la norme.

Là, par exemple, s'agissant de numéros de ballet, je n'ai pas été choqué des applaudissements, tout à fait congruents avec le format. Mais fallait-il, ou ne fallait-il pas ? Une petite note des artistes serait simple et commode pour éviter les "chut !" tonitruants entre les mouvements et mettre tout le monde d'accord. Je ne dis pas un manuel illustré, juste un petit carré en papier recyclé...


J'attends de lire ton opinion sur le ballet lui-même, je suis curieux de voir ce que tu en as retiré !

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