Carnets sur sol

vendredi 20 juillet 2012

Opéra et terrorisme


En lisant Klari, je m'aperçois que ce n'est pas la première fois que j'entends / lis des plaintes au sujet de l'ouverture des sacs à l'entrée des salles de spectacle, et qu'elles me surprennent à chaque fois.

Outre le fait que la décision n'émane pas de l'institution mais du gouvernement, je trouve en effet l'initiative plutôt sympathique :

1) elle me permet de vérifier à chaque fois que je ne suis pas un dangereux terroriste, malgré mon teint d'encre (sympathique) ;

2) elle permet d'entrer en contact spontanément avec les vigiles, toujours très embarrassés, comme s'excusant de nous garder malgré nous-mêmes des dangers de massacres de masse ; c'est un contact assez sympathique à l'entrée des salles, alors qu'on ne s'adresse pas à eux s'ils restent renfrognés dans un coin.

Pour les plus facétieux d'entre nous, ce peut être l'occasion de tester son sens de l'humour : jeux de mots sur les sac en plastique, réveil et fils ostensibles dans sa sacoche, bombes sphériques en peluche, écriteau "BOUM", poster de Nasrallah, etc. Hurler des slogans en arabe est en revanche réputé de mauvais goût, préférez les menaces en gaélique ou les comptes à rebours en tigrinya, beaucoup plus chics et en général mieux vécus par l'assistance.

9 roulades

klari — 21 juillet 2012

Quel bisounours tu fais !

Remarque, je ne m'en plains pas, je suis essentiellement perplexe quant à l'utilité de la chose. On m'a déjà confisqué du camembert, une petite agrapheuse de poche dans des aéroports, mais j'ai toujours pu garder de bons petits BIC bien acérés !

(va comprendre...)

(dans le cas particulier de Graz, j'ai surtout apprécié qu'on ne nous distribue pas de jetons à la sortie de l'entracte, à rendre 10 min après. Enfin un bon vieux retour au contrat implicite de confiance, quel dépaysement !)

(avoir le luxe de choisir délibérément de bien se comporter)

(...soupir...)

DavidLeMarrec — 22 juillet 2012

Remarque, je ne m'en plains pas, je suis essentiellement perplexe quant à l'utilité de la chose. On m'a déjà confisqué du camembert, une petite agrapheuse de poche dans des aéroports, mais j'ai toujours pu garder de bons petits BIC bien acérés !

Ah, on ne m'a jamais rien pris. En revanche une fois, j'avais laissé un dictaphone (forme oblongue, avec bouton rouge) dans une poche, et je me suis acharné à vouloir entrer (dans la BPI)... lorsque j'ai fini par me fouiller complètement et le sortir, je t'assure que j'ai eu quelques regards suspicieux devant ce petit bijou de technologie, il a fallu que je répète plusieurs fois son usage devant des vigiles incrédules (ils s'étaient rassemblés dans l'intervalle).

Donc, oui, ce n'est pas très agréable quand la surveillance est très serrée, comme à l'entrée des musées - où, pourtant, le nombre de victimes serait moins grand qu'au théêtre, mais je suppose que les oeuvres d'art n'ont pas de prix, alors que les chanteurs ne sont jamais que des musiciens interchangeables.

L'aspect visible de Vigipirate est sans doute dissuasif pour les moins résolus des terroristes, mais oui, ça sert surtout à rassurer la population, à montrer que le gouvernement agit - parce que par définition, l'action des services secrets, on ne la voit pas.


(dans le cas particulier de Graz, j'ai surtout apprécié qu'on ne nous distribue pas de jetons à la sortie de l'entracte, à rendre 10 min après. Enfin un bon vieux retour au contrat implicite de confiance, quel dépaysement !)

(avoir le luxe de choisir délibérément de bien se comporter)

Conclusion, tu t'es déplacée sur une place qui coûtait quatre fois le prix de la tienne. Et après tu veux qu'on aille faire confiance aux français !!

Edith — 22 juillet 2012

Je n'arrive pas à trouver de jeux de mots avec "plastique".
Pour les slogans, on peut prendre des cours de tigrinya aux Langues O (Inalco), en option, dès lors qu'on fait des études d'amharique.

DavidLeMarrec — 22 juillet 2012

Mais si, mais si, au plus simple : si vous dites qu'il y a cinq cents grammes de plastique dans votre sac, vous risquez de faire votre petit effet auprès de l'assistance.

Quant au tigrinya, je ne crois pas que la seule numération nécessite un si gros investissement. Je ne suis pas spécialiste en géopolitique de la région, mais les tigrinyophones devaient bien avoir des vis-à-vis amharicophones, donc ma foi, si vous maîtrisez l'un des deux, on comptera l'exercice pour réussi.
La conviction de l'élocution (voire la qualité de votre maquillage au charbon de bois) me paraît conséquemment plus importante.

klari — 23 juillet 2012

"Conclusion, tu t'es déplacée sur une place qui coûtait quatre fois le prix de la tienne. Et après tu veux qu'on aille faire confiance aux français !!"

Oui, c'est très vilain et et j'ai très honte (d'autant plus qu'à Paris, je ne me replace qu'à des places à coût sensiblement égal ou inférieur à celle achetée) Je suppose que ma contribution non-négligeable au chiffre d'affaires de l'hôtellerie et de la restauration grazoises compensera quelque peu mon ignominie !

klari — 23 juillet 2012

"alors que les chanteurs ne sont jamais que des musiciens interchangeables. "

et ceux en fosse ?

On ne se rendrait même pas compte de leur disparition, c'est cela que tu sous-entends ?!? ;-p

DavidLeMarrec — 23 juillet 2012

Je suppose que ma contribution non-négligeable au chiffre d'affaires de l'hôtellerie et de la restauration grazoises compensera quelque peu mon ignominie !

Ah, c'est sûr que c'est plus compliqué de payer une chambre sans douche dans un hôtel borgne et de profiter de la suite impériale au Sacher, que d'acheter un tarif pilier et de se glisser à côté.
Conclusion : ne faites jamais confiance aux français ; s'ils peuvent gruger, ne croyez pas que leur conscience les découragera. Même pour ceux qui en ont une.


On ne se rendrait même pas compte de leur disparition, c'est cela que tu sous-entends ?!? ;-p

Ca dépend lesquels. [liste censurée]

Joël — 23 juillet 2012

Donc, oui, ce n'est pas très agréable quand la surveillance est très serrée, comme à l'entrée des musées - où, pourtant, le nombre de victimes serait moins grand qu'au théêtre, mais je suppose que les oeuvres d'art n'ont pas de prix, alors que les chanteurs ne sont jamais que des musiciens interchangeables.
Je pense que le jour où un terroriste fera exploser une bombe dans une file d'attente monstre menant à des contrôles de sécurité (comme j'en ai vu par exemple dans le métro de Delhi), on commencera à réfléchir à faire autre chose que des gesticulations qui ne visent qu'à donner l'impression aux gens que l'on fait quelque chose pour leur sécurité (security theater).
Parmi les choses que j'avais appréciées à Budapest, il y avait aussi cette absence de contrôle des sacs à l'entrée du Mupa.

DavidLeMarrec — 23 juillet 2012

On est quand même loin de faire la queue pour entrer à l'Opéra, quelle que soit la salle...

Dans les musées, peut-être plus effectivement ; de toute façon la sécurité ne prépare pas dans les bâtiments, mais en amont par le renseignement, donc la question de la façon d'entrer dans les lieux sensibles est finalement assez secondaire.

Personnellement, laisser des wagnériens entrer sans fouille préalable, je ne le ferais qu'à condition d'aligner une affiche comme au Művészetek Palotája. Question de principe.

Les commentaires sont clos sur le site archivé.

Pour ajouter votre commentaire, envoyez-le ici. Je le publierai à réception. (Sauf mention contraire, bien sûr.)