Carnets sur sol

mardi 17 avril 2012

Les plus beaux récitatifs - 6 - Verdi, La Forza del Destino (fr)

Nouvelle publication de la chaîne YouTube de Carnets sur sol

Plus d'informations sur ces réminiscences d'Alvaro en version française :
http://operacritiques.free.fr/css/index.php?2012/02/20/1919
Vous pouvez également y télécharger librement la partition.

Vous entendez une version sans prélude, suivie d'une autre version avec prélude.

Dans la série des plus beaux récitatifs, celui-ci représente sans doute la plus belle réalisation de Verdi. Cette évocation du passé (d'abord celui de l'acte I, puis l'enfance du héros) s'inscrit à la fin d'une longue scène contemplative avec grand solo de clarinette, qui se prolonge dans la première partie du récit, et même, sous forme d'accompagnement cette fois, dans la seconde.

En plus de la force désespérée du texte et de cette couleur orchestrale à la fois nocturne, tragique et brillante, ce moment s'appuie sur deux qualités essentielles :
- la beauté de l'harmonie, très mouvante et assez mystérieuse, vraiment inhabituelle pour le répertoire italien de l'époque ;
- la nervosité de la prosodie : beaucoup de valeurs courtes avec quelques dédoublements (parfois sur la même voyelle), des phrases brèves entrecoupées de silences, des apparitions de triolets ascendants, des contrastes brutaux entre les registres.

Un réel bijou. Comme le veut le défi, malgré la pléthore de très grandes versions (Mario Del Monaco chez Molinari-Pradelli réussit particulièrement bien, comme d'habitude, à rendre l'agitation déclamatoire de ce récitatif), je confectionne tout moi-même, et pour pousser l'amusement jusqu'au bout, en écrivant une version française.

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Texte original :

La vita è inferno all'infelice... Invano
morte desio !... Siviglia !... Leonora !...
Oh rimembranza !... Oh notte
ch'ogni mio ben rapisti !...
Sarò infelice eternamente... è scritto.

Della natal sua terra il padre volle
spezzar l'estranio giogo, e coll'unirsi
all'ultima degli Incas la corona
cingerne confidò... Fu vana impresa... ~ / Fallì l'impresa
In un carcere nacqui ; m'educava
il deserto ; sol vivo perché ignota
è mia regale stirpe !... I miei parenti
sognàro un trono, e li destò la scure !...
Oh quando fine avran le mie sventure !

Et la traduction :

La vie est enfer à l'exilé ;
en vain je veux la mort.
Séville ! Léonore ! Ô souvenir !
Ô nuit qui toujours me priva d'espérance !...
Je serai malheureux sans cesse ! C'est écrit.

De sa natale terre mon père voulut briser le joug espagnol ;
En s'unissant à la dernière des Incas
Il espéra ceindre la couronne. / changer le sort.
Vaine entreprise !
UN cachot m'a vu naître,
le désert seul m'éduqua,
Je ne vis que par l'ignorance
de ma royale naissance. / de ma souche royale.
Mes parents rêvèrent d'un trône --
le bourreau les réveilla.
Oh ! quand finiront donc tant de souffrances ?

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Disclaimer : Amateur recording (interpretation and sound). Moreover, I am playing and singing at the same time (all roles), which is not very helpful to do this correctly. It does not pretend to be an honest version of the score : this is only made to give some idea of rare repertoire. Not to propose a reference.

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