Carnets sur sol

mardi 21 février 2012

Fou rire


La microfinance, formidable levier pour faire accéder les plus modestes au crédit sur du long terme et avec une certaine souplesse, pratique des taux assez élevés (10% environ), eu égard aux risques encourus et également aux moyens des organismes qui prêtent (en Europe, les aides à ces organismes se font également à un taux assez élevé).

Autrement dit, c'est de la banque bien intentionnée (voire salutaire), mais ça reste de la banque (à taux semi-usuraires).

Or, je découvre aujourd'hui que le président du Réseau Européen de la Microfinance se nomme...

... Giampietro Pizzo !

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Un petit moment de bonheur pour pas cher, comme à chaque fois que je vois l'ambassadeur polonais à Paris, Tamasz Orlowski. Ces gens sont des bienfaiteurs malgré eux, le seul fait de les nommer rend heureux.

2 roulades

Papageno — 22 février 2012

Amusant.

Si l'abus de crédit peut être mauvais pour la santé (subprime, Grèce, ...) l'interdiction totale de crédit, que prône l'Islam et qu'a imposé l'Eglise catholique au moyen-âge, n'est pas la panacée. En gros un monde sans crédit c'est comme Cuba sous Castro ou l'Angleterre des romans de Jane Austen: un monde où les seuls moyens de s'enrichir sont l'héritage et le mariage. Pas glop.

C'est vrai que l'ADIE et consorts ne vont pas trop se vanter sur le site Web de prêter à 10% quand les crédits auto/maison tournent autour de 4% mais ça reste moins cher que les prêts à la consommation, "payez en 3 fois" et autres revolving. Et sans doute plus utile socialement.

Quant à T. Orlowski .... c'est au moins du niveau 2 sur l'échelle du NSFW !

DavidLeMarrec — 23 février 2012

Tout à fait d'accord.

L'interdiction de crédit, c'est l'interdiction de prospective, puisque seuls ceux qui possèdent déjà peuvent investir. Clairement, le crédit est un carburant puissant pour l'économie !

Le problème pour les particuliers vient effectivement des crédits à la consommation (qui par essence sont des puits sans fond, puisqu'ils ne créent pas de revenu ou de patrimoine qui permettent de rembourser. Le sommet de l'horreur étant les subprimes, où l'on a délibérément prêté en prévoyant l'impossibilité de remboursement pour saisir des maisons dont la valeur aurait augmenté !
[Même lorsqu'on l'explique à un enfant de dix ans, il voit tout de suite que les prix de l'immobilier ne peuvent pas indéfiniment monter à des taux supérieurs à ceux du prêt. Déjà testé.]

Après, pour les Etats, c'est encore une autre problématique, plus difficile à mesurer concrètement (l'influence politique et la confiance dans le système peuvent tout...).

La différence, pour le microcrédit, réside dans l'observation plus rigoureuse des situations individuelles et la motivation supérieure des acteurs (cela reste une niche, donc le fait de gens investis dans la démarche). Donc oui, les 10%, eu égard aux risques et à la flexibilité, ça les vaut. Chacun à son goût, après tout.

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