Carnets sur sol

mercredi 11 janvier 2012

Bougie-Woolez


Je n'ai pas été très enthousiasmé par le phénomène des Untel shreds en ligne, caricatures souvent très bien réalisées techniquement, mais pas très amusantes sur le plan musical.

Néanmoins, il y a quelques semaines, j'ai mis de côté celui-ci :


La variété des événements est particulièrement réussie, surtout qu'elle se synchronise parfaitement au visuel tout en incarnant ce que Boulez doit le plus détester au monde après les assassinants de chatons.

On y remarque notamment la nudité du contenu par rapport à la battue très soigneuse (et aux regards profondément concentrés, déjà un peu dramatisés par la réalisation de la vidéo d'origine), le piano variétaire, égrenant des bouts de gammes type méthode rose (3'20 et 3'30), des détails piquants comme le couac d'un corde dont la cheville bouge, sur le sourire crispé de la harpiste (1'47).

Mais le clou du spectacle est bien sûr l'apparition, à 2'05, de ce boogie-woogie laborieux, présenté dans une belle synchronisation comme le fruit des gestes du très sérieux Pierrot.

La fantaisie des internautes désoeuvrés ménage décidément de beaux moments.

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P.S. : J'en profite pour signaler que le Cité de la Musique donnera, le 27 de ce mois, des oeuvres pas si fréquentes au concert, et à mon avis ses deux meilleures : les Notations (orchestrées) et Dialogue de l'ombre double (pour clarinette et dispositif de "réponse" électronique. Je ne suis pas certain de pouvoir m'y rendre, en raison de la présence simultanée du tout aussi appétissant concert Reuss / Berlin Vocal Ensemble à l'Oratoire du Louvre (Motets de Schütz et Bach, plus ludique pour un vendredi soir, les excellents choeurs ne se trouvant pas si souvent sur Paris) ; mais les amateurs de Boulez ou ceux désireux de découvrir son oeuvre en salle auront grand profit à tenter l'expérience.

(Seule réserve : Jean Deroyer ne sera pas forcément passionnant dans La Mer, s'il la dirigie comme Ariane de Dukas.)

4 roulades

Papageno — 14 janvier 2012

ça sonne presque mieux que l'original :P

DavidLeMarrec — 14 janvier 2012

Peut-être les harmonies, mais pour l'équilibre instrumental, j'en suis moins persuadé. -<[:o)

Tout dépend de l'opinion que l'on a de Boulez en amont, évidemment. :)

phc — 17 janvier 2012

La publicité est en avance pour ce concert du 27 janvier prochain, c'est bien ! J'en ferai aussi une de mon côté, car je tiens la partie de piano des Notations (eh oui, le CNSM nous offre pas mal d'occasions intéressantes) ; il y a pas mal de notes à jouer, surtout dans la seconde, sorte de forge infernale où les accords martélés scandent dans un chaos tonitruant ; d'ailleurs... non, je le dirai plus tard.
Bien trouvé, le titre !

DavidLeMarrec — 18 janvier 2012

De mon côté, je tiendrai dans ce concert la partie assise, très importante aussi. :)

Certes, je serai plus facilement remplaçable, j'en conviens.

Le CNSMP est finalement le seul orchestre à donner du Boulez régulièrement (si l'on met de côté les ensembles), une expérience que je suppose assez singulière lorsqu'on est dans le "ventre" de la structure, au piano qui n'est pas spécifiquement l'intrument le plus mis en valeur ici...

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